Piscine flambant neuve saccagée à Longueuil: trois adolescents ont causé pour 1,4 M$ de dommages

Trois jeunes insouciants qui se sont infiltrés en pleine nuit dans un cégep de Longueuil ont causé des dommages d’au moins 1,4 M$ en vandalisant la piscine de taille olympique flambant neuve, ce qui a forcé le report de son ouverture de près de neuf mois.
«En raison d’une situation hors de notre contrôle, nous sommes contraints de retarder l’ouverture de notre piscine», s’était contenté d’écrire sur sa page Facebook le Centre sportif du Cégep Édouard-Montpetit, le 7 avril dernier.
Le bassin de longueur olympique était en chantier depuis un an.
Le Centre sportif du Cégep Édouard-Montpetit est situé à Longueuil, 28 janvier 2026.
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal
Les travaux majeurs étaient presque terminés lorsque trois jeunes se sont introduits dans le complexe sportif et ont saccagé la piscine fraîchement rénovée.
La première intrusion nocturne, le 28 mars vers 3h, implique deux des trois vandales.
Ils n’avaient pas eu à user d’une grande ingéniosité: ils étaient entrés par une porte… non barrée.
La piscine du cégep Édouard-Montpetit pendant les travaux.
Facebook Centre sportif du cégep Édouard-Montpetit
Ils avaient pris la peine d’enfiler des cagoules et des gants.
Pendant des heures, les jeunes vandales en ont profité pour faire des méfaits avec le matériel retrouvé sur place. Ils ont cassé et lancé des objets, vidé des extincteurs d’incendie et frappé les surfaces avec une masse.
La piscine est de taille olympique.
Facebook
Toile venue d’Italie
Ils se sont aussi promenés avec de la machinerie laissée à l’extérieur.
Ils en ont même profité pour filmer leurs exploits avec leurs cellulaires.
Ils y sont retournés cinq jours plus tard, cette fois accompagnés d’un ami. Les jeunes âgés de 15 et 16 ans ont notamment brisé des portes et des fenêtres.
À première vue, on ne pouvait pas se douter que les dommages seraient si exorbitants, a-t-on appris. La première estimation se chiffrait à 2,1 M$.
L’ouverture de la piscine a été reportée de plusieurs mois en raison des méfaits commis par les jeunes vandales.
Facebook
En cours de travaux cet été, la facture a été réajustée à 1,4 M$, mais cela pourrait augmenter. L’estimation finale doit être complétée prochainement pour fins d’assurances.
Ce qui a fait exploser les coûts? La toile de la piscine abîmée, qui provenait… d’Italie.
Son remplacement a coûté 600 000$.
Le bassin avait aussi été endommagé par un pétard.
Et il a fallu débourser au moins 400 000$ pour des dommages divers. On compte aussi un autre montant de 400 000$ en pertes d’exploitation de la piscine, qui n’a rouvert que le mois dernier, plutôt qu’au printemps 2025.
Photo de la piscine pendant les travaux.
Photo Facebook Centre sportif du cégep Édouard-Montpetit
Des cours et des camps de jour ont aussi dû être annulés.
D’autres méfaits
Plus encore, quelques jours plus tard, les trois ados se sont aussi introduits à l’école secondaire Jacques-Rousseau de Longueuil, située à quelques mètres du cégep.
École secondaire Jacques-Rousseau à Longueuil.
csmarievictorin / capture d’écran / YouTube
Munis d’un marteau et d’une pince, ils ont tout cassé sur leur passage: des fenêtres de bureaux, des ordinateurs et des machines distributrices.
À cet endroit, les dommages s’élèvent à 30 000$.
Arrêtés plus tard dans l’été, ces jeunes qu’on ne peut nommer puisqu’ils sont mineurs ont tous plaidé coupables. L’un d’eux revient en cour pour la forme lundi et recevra sa sentence plus tard.
Un de ses amis a écopé d’une peine de détention différée, c’est-à-dire à purger à la maison. Il devra aussi rédiger une lettre de réflexion et exécuter des travaux communautaires.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
L’autre a écopé d’une probation et de travaux communautaires.
Ces jeunes, sans antécédent judiciaire, ne seraient pas considérés comme des délinquants à problèmes et proviennent de milieux sans histoire.
Ils auraient agi de façon impulsive, pour briser l’ennui, a-t-on révélé en salle d’audience.
– Avec la collaboration de Jean-Louis Fortin
Les parents devraient-ils payer pour les bêtises de leurs enfants?
Les crimes commis par des adolescents peuvent entraîner de lourdes conséquences financières pour leurs parents, qui s’exposent à des poursuites afin de rembourser les dommages.
«Il faut se défendre d’avoir bien éduqué son enfant. Le dossier peut parfois prendre une tournure assez sombre, on s’entend que c’est désolant de devoir convaincre la Cour qu’on est un bon parent», explique Me Benjamin Polifort, avocat en litige civil.
Dans sa pratique, il voit «tous les jours» des dossiers de parents poursuivis pour les actions de leurs gamins.
Dans un tel cas, c’est au parent de venir prouver qu’il a bien veillé à la garde, à la surveillance et à l’éducation de sa progéniture.
Dans un cas comme celui des dommages au complexe sportif, si l’établissement se fait payer par ses assurances, il ne peut poursuivre les parents. Sinon, il y aurait une double indemnisation, explique le civiliste.
Benjamin W. Polifort, avocat en litige civil
Courtoisie
Mais l’assureur, lui, pourrait poursuivre les parents pour se faire rembourser.
Enfant poursuivi?
Plus encore, pour être certain que les dommages soient remboursés, on peut aussi poursuivre l’enfant personnellement.
Me Polifort nuance toutefois: «Je dis tout le temps à mes clients que ça ne sert à rien d’avoir une créance que tu ne peux pas exécuter contre quelqu’un.»
Par ailleurs, l’âge de l’enfant va avoir un grand impact sur les possibilités de tenir un parent responsable des crimes de son enfant.
Plus l’adolescent est vieux, plus la responsabilité du parent est assouplie.
Par exemple, on n’exige pas la même surveillance d’un parent pour un mineur de 17 ans qui fait des graffitis en plein jour que pour un enfant de sept ans laissé seul qui fait du grabuge dans une épicerie, expose Me Polifort.
«La faute peut être imputée aux parents si on a affaire à un enfant à problèmes, qu’on savait à risque de commettre des délits, mais pour qui la surveillance n’a pas été renforcée», ajoute-t-il.




