Des Jeux qui font plaisir mais dont on se fout à Milan

MILAN | Imaginez que Québec accueille les Jeux olympiques, mais que les seules disciplines qui s’y déroulent soient le criquet, le polo et le hockey sur gazon.
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J’exagère un peu, mais c’est ça qui est en train de se passer à Milan pour les Jeux d’hiver. C’est ce qui me frappe le plus.
Je viens d’arriver dans cette ville au nord de l’Italie, collée sur les Alpes.
Il pleuvait. Il n’y a pas de neige. Il fait 10 le jour. C’est tout sauf hivernal ici. C’est plutôt la météo de Jonquière au début de juin.
Ce n’est pas anormal comme température, en passant. C’est toujours comme ça. Les Milanais m’ont même dit que c’était vraiment froid aujourd’hui.
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Ils sont tous bien contents qu’il y ait des Olympiques. Mais ils n’en ont rien à cirer, que ce soit les Olympiques, un festival international, un sommet ou un gigacongrès.
Parce que ça ne leur dit absolument rien, les sports qui y sont présentés.
À Milan, il y aura le hockey, le patin de vitesse et le patinage artistique.
Il y a de minimes chances de médailles pour les Italiens dans les deux derniers sports. Mais ça demeure des disciplines plutôt marginales ici.
«À Milan, il y a trois sports: le soccer, la Formule 1 et la mode», m’a lancé la propriétaire d’un bar en riant.
Parfait, mais on s’en fout
Le ski, ça pogne pas mal plus. Mais il faut rouler cinq, six et même sept heures à partir de Milan pour aller voir les compétitions dans les Alpes. Et les chambres d’hôtel ne sont pas achetables.
Mais j’ai fait un sondage vraiment pas scientifique, et la vingtaine de personnes à qui j’ai demandé ont répondu la même chose: c’est parfait pour Milan, les JO.
«On est habitué à accueillir de gros événements avec la mode et la course automobile. On voit ce que ça donne pour notre activité économique. Je ne sais pas trop c’est quoi le hockey, mais je suis bien contente si plein de monde d’ailleurs vient nous voir pour ça», m’a raconté la gérante d’un restaurant.
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Il faut s’habituer à ce type de formule olympique où la ville des sports intérieure ressemble à tout sauf à l’hiver. C’était le cas à Sotchi, en Russie. Et ce le sera aussi, en 2030, à Nice, sur la Côte d’Azur, qui accueillera les Jeux d’hiver également.
Ce sont mes deuxièmes Jeux. Mes premiers d’hiver. C’est sûrement mon inexpérience qui explique ça, mais je trouve ça bizarre. Quand je pensais aux Jeux d’hiver, je me voyais porter mon manteau, pas mon coupe-vent. Je pensais voir de la neige, pas des terrasses.
Pas ce que j’avais en tête
Je pense à l’une des villes les plus hivernales au monde, qui semble avoir oublié le rêve olympique, et je trouve que ça ne fonctionne pas. Je ne nommerai pas la ville. Je sais que je tape sur les nerfs quand je n’arrête pas de parler de cette plus belle ville au monde. Je peux donner un indice: il y aura bientôt un gros tournoi pee-wee.
Bref, c’est dans cette ambiance particulière que je vais vous emmener au cours des 20 prochains jours. Je pense qu’on va avoir beaucoup de fun.
Mon italien à travailler
J’ai célébré mon arrivée en arrêtant dans une taverne. C’était écrit que les shooters de Domenico étaient seulement à 1$. J’en ai demandé un, avant que l’employée m’explique que Domenico voulait dire «dimanche». Je ne suis pas si épais, je pense que je me suis emballé trop vite et que je n’ai pas réfléchi. Mais je pense que je vais devoir affiner mon italien.
Bref, je ne veux pas encourager la consommation d’alcool fort. Mais, c’est mon anniversaire aujourd’hui, après tout. J’étais seul à Milan. Je voulais quand même me gâter avec un bon souper et quelques verres pour un peu moins penser à mes gars de 4 et 6 ans, qui ont, comme de beaux grands garçons, mis un de leurs jouets préférés dans ma valise pour que je pense à eux.
C’est ma deuxième fois en Italie. La première fois, ça fait 17 ans. J’étudiais à l’Université de Nice (ça paraît bien, écrire ça) et je pouvais prendre un train et souper en Italie, c’était à côté. J’étais allé à Rome aussi, brièvement.
Mais je savais qu’à Milan, comme les autres villes du nord de l’Italie, c’est différent. La culture diffère, la musique, la bouffe, le mode de vie… bien des choses.
Tranquille à Milan
Je m’attendais ainsi à quelque chose de bien différent. Finalement, ça se ressemble. Devant mon hôtel, le resto s’appelle «La Trattoria Carpaccio». À l’aéroport, au petit dépanneur, il y avait un comptoir à prosciuttos. Quand le chauffeur annonce la prochaine station, ce qu’il dit, je l’entends comme une chanson. C’est merveilleux. C’est tellement ma langue préférée. Chaque mot est une petite chanson dans laquelle il faut savoir où mettre l’accent tonique.
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À ceux qui veulent savoir: j’ai marché durant 30 minutes pour trouver un resto au lieu de fouiller sur le web. Comme j’en suis capable, j’ai fait un choix pitoyable. C’était un endroit où on fait du beurre maison et où ça coûte beaucoup trop cher pour rien. J’étais le seul client. D’ailleurs, c’est tranquille en batinse à Milan. Même à la taverne, j’étais seul. Je suis près du Duomo, en passant. C’est pas mal en plein cœur de la ville.
On se rejase demain!




