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Le camouflage des blindés de l’armée française, moqué en Estonie, va être changé

En attendant des futurs moyens de camouflages, les soldats français improvisent pour cacher leurs véhicules dans un environnement hivernal.

Du 26 janvier au 6 février s’est tenu en Estonie l’exercice Winter Camp. Cet entraînement, mené dans des conditions hivernales extrêmes, a réuni 1 200 militaires, dont 200 Français. Depuis 2017, des soldats français sont présents en Estonie dans le cadre de la mission Lynx, pour renforcer la posture défensive et dissuasive de l’Otan sur son flanc Est.

Ils ont notamment testé « des techniques de camouflage innovantes afin de réduire leur signature thermique et visuelle. Ces nouvelles approches, combinées à des mouvements tactiques adaptés, ont permis de limiter les détections sur le terrain. »

Le 2 février, le compte X des Forces françaises en Estonie a publié quatre photos anodines de Winter Camp. On y voit un soldat lançant un drone équipé de deux fausses grenades, un briefing interalliés et deux véhicules camouflés sous des filets, dont au moins un Griffon. Sa longue antenne noire déployée à l’arrière indique que c’est un Engin Poste de Commandement (EPC).

« Comportement honteux et minable »

Peint en Brun Terre de France (BTF), ce blindé multirôle porte trois filets distincts : vert sur le capot, blanc tacheté de vert sur le haut du capot et pare-brise, enfin blanc à motifs verts à l’arrière, tendu sur un autre véhicule. Ce camouflage hétéroclite a suscité quelques moqueries sur X. « Sacré bleu… Le camouflage français ressemble plus à un panneau de signalisation qu’à un véhicule furtif. Comportement honteux et minable », juge un employé d’une entreprise finlandaise d’équipements militaires. « Ce carré net à l’avant est à éviter : il change une simple tache sombre en panneau blanc aux contours précis », ajoute-t-il.

« Cette unité n’est pas spécialisée dans les climats froids et montagneux », défend le compte X « Il était une fois les Alpins », spécialiste de l’histoire des troupes de montagne. Effectivement, il s’agit de la 6e brigade légère blindée (6e BLB) – Légion étrangère, Troupes de marine, spahis –, et non de la 27e brigade d’infanterie de montagne ( 27e BIM).

Camouflage intelligent et géométrique

Longtemps, les blindés français adaptaient leurs camouflages aux théâtres d’opérations (Europe centrale, désert, milieu hivernal). Depuis 2021, l’armée a opté pour le BTF monochrome afin de réduire les coûts et de simplifier la logistique. Mais la question de la furtivité demeure centrale. Le camouflage « intelligent » Caméléon-Salamandre, lancé en 2008 et testé à partir de 2021, vise ainsi à recouvrir les véhicules d’écrans pixélisés pilotés par intelligence artificielle, capables d’ajuster leur teinte en fonction de l’environnement.

En mai 2025, un appel d’offres a par ailleurs été lancé pour un camouflage amovible à formes géométriques adhésives. Les premières livraisons du Camtac (camouflage tactique) sont attendues pour la fin de l’année 2026.

La guerre en Ukraine met également en lumière la menace électromagnétique (radio, infrarouge, radar). Les postes de commandement se révèlent particulièrement vulnérables. Pour y répondre, la Direction générale de l’armement a commandé 3 000 filets de camouflage multispectraux (visible, infrarouge, radar) au groupe suédois Saab, dont les livraisons s’échelonneront jusqu’en 2026.

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