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«À toi pour toujours, ta Marie-Lou» | Violence conjugale, féminicide, santé mentale… des sujets «douloureux à aborder», mais nécessaire selon Madeleine Péloquin

Madeleine Péloquin a dû «trouver de nouveaux chemins» afin d’aller puiser dans des zones qu’elle n’avait jamais explorées avec la pièce À toi pour toujours, ta Marie-Lou. Un exercice douloureux, certes, mais nécessaire. 

«Il faut parler de sujets difficiles; plus on en parle, plus on a de clés pour les aborder, les dénoncer et les prévenir. C’est douloureux à aborder, c’est douloureux à recevoir, mais il ne faut pas ignorer ces choses-là qui sont encore présentes dans notre société», raconte Madeleine Péloquin.

Ces sujets difficiles sont nombreux, mais abordés de front dans cette œuvre de Michel Tremblay: la violence conjugale, les problèmes de santé mentale, le poids de la religion, le viol conjugal et le féminicide, pour ne nommer que ceux-ci. On les explore à travers un huis clos où deux binômes évoluent ensemble sur scène, mais dans deux époques différentes.


Madeleine Péloquin dans une scène de la pièce À toi pour toujours, ta Marie-Lou.


Photo Danny Taillon fournie par le Théâtre du Rideau vert

D’un côté, Madeleine Péloquin et Michel Charette incarnent Marie-Louise et Léopold, couple au centre d’une cellule familiale bouillonnante, sur le point d’éclater. De l’autre, Rose-Anne Déry et Catherine Paquin-Béchard prêtent leurs traits à Carmen et Manon, les deux filles du couple décédé depuis désormais une décennie.

Une violence qui ne change pas

Tandis que les parents foncent tout droit vers la tragédie qui leur coûtera la vie, les soeurs, elles, tentent encore de se reconstruire après ces événements. La violence a laissé des traces indélébiles sur elles, chacune choisissant de panser ses blessures à sa manière.

«La société évolue, mais la violence, elle, est partout autour de nous, et depuis toujours. C’est ce qui fait que le spectacle est encore d’actualité, même s’il fête maintenant ses 55 ans. On le sent avec la tension qu’on porte tous les quatre sur scène et qui se ressent chez le public», indique Madeleine Péloquin.

Il est vrai que cette tension est palpable durant les 80 minutes d’À toi pour toujours, ta Marie-Lou. Et lorsqu’elle se dissipe, à la tombée du rideau, elle laisse le public pantois. Mais pas pour longtemps, remarque la comédienne.

«Quand on sort de scène, aussitôt que cessent les applaudissements, on voit que les gens sont en discussion. Ce qu’ils viennent de voir les pousse à réfléchir, à échanger. Et ça, c’est ce que je trouve beau de ce spectacle-là», indique Madeleine Péloquin.

La pièce À toi pour toujours, ta Marie-Lou est présentée au Théâtre du Rideau vert jusqu’au 28 février.

Notre critique:

Même 55 ans après sa création, À toi pour toujours, ta Marie-Lou n’a rien perdu de son impact ni de sa pertinence. Ce huis clos hermétique – et particulièrement impitoyable – prend les spectateurs à la gorge dès ses premières scènes pour ne relâcher son emprise qu’à la tombée du rideau. Le metteur en scène Henri Chassé a d’ailleurs opté pour la retenue, venant ainsi exacerber le caractère opressant de l’oeuvre de Michel Tremblay. Celle-ci est ici magnifiquement défendue par Madeleine Péloquin et Michel Charette qui attaquent cette partition exigeante avec une conviction impressionnante.

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