Hockey masculin | Revoici les Tchèques

(Milan) Alors, après une première défaite de 5-0 face aux Canadiens, les Tchèques croient-ils réellement en leurs chances de les surprendre en quart de finale ?
Mis à jour hier à
16 h 25
« On se disait qu’on ne pourrait pas battre le Canada deux fois dans le même tournoi. On leur a donné la première victoire et là, c’est notre tour ! », a blagué Tomas Hertl.
L’ambiance était bon enfant dans la zone d’entrevues où les Tchèques discutaient avec les journalistes. Ils venaient pourtant de signer une très courte victoire de 3-2 contre le Danemark, mardi, en match de barrage, pour prendre rendez-vous avec le Canada ce mercredi.
Tellement bon enfant que Martin Nečas, pourtant pas réputé pour être un sac à blagues, a sorti la même réplique que Hertl. « On leur a permis de gagner le premier match parce qu’on savait qu’on n’allait pas les battre deux fois de suite ! », a lancé le meneur offensif des Tchèques.
PHOTO HASSAN AMMAR, ASSOCIATED PRESS
Martin Nečas
Radko Gudas, lui, rigolait quand la possibilité d’un combat entre Tom Wilson et lui a été évoquée. « Il était mon voisin quand je jouais à Washington, donc je ne sais pas s’il va me choisir. Mais si on se bat, je crois que ce sera une plus grande perte pour eux ! », a lancé le barbu grisonnant.
Les Tchèques n’ont pas exactement le vent en poupe. Battus par le Canada et la Suisse, ils ont défait la France non sans lui avoir concédé une avance de 3-2, puis ont arraché le match de mardi face au Danemark.
Nečas (sept points en quatre matchs) est dominant, mais c’est plus feutré pour David Pastrňák (un but, trois aides), et carrément au neutre pour Hertl (aucun point).
De plus, les Tchèques disputeront un deuxième match en 24 heures, un troisième en quatre jours, contre des Canadiens qui ont eu droit à une journée de congé et un entraînement complet depuis leur dernier match. Ils seront frais comme Rick Martel qui attendait que Tito Santana vienne lui donner la tape pour le changement.
PHOTO MIKE SEGAR, REUTERS
Tomas Hertl (devant le filet) n’a toujours pas récolté de point à ces Jeux.
On ne peut pas avoir peur et attendre. Si on attend, on sait ce qu’ils peuvent faire. Ils ont les meilleurs joueurs de la planète et peuvent nous détruire. Il faut jouer avec confiance et ne pas penser à l’identité de l’adversaire. Ce n’est qu’un match, on ne sait jamais ce qui peut se passer, on peut avoir quelques bonds favorables.
Tomas Hertl
Pastrňák a abondé dans le même sens. « C’est peut-être la meilleure équipe de l’histoire. Il faut mettre le respect de côté et les défier, a dit l’ailier des Bruins de Boston. Leur puissance offensive est incroyable, mais on n’a rien à perdre. On n’a pas encore joué à notre meilleur, donc on espère qu’on a gardé ça pour demain. »
Nečas, lui, a parlé de ce duel comme « probablement le plus gros match de [leurs] vies ».
« Il faut être intelligents, on ne peut pas prendre des pénalités comme on en a pris aujourd’hui, car ça va nous coûter le match », a-t-il ajouté.
Histoire favorable
L’apparence si inégale du duel contraste avec l’histoire entre ces deux pays.
La Tchéquie a en effet fait belle figure face au Canada dans les JO auxquels la LNH a participé. Les Tchèques ont battu le Canada en demi-finale à Nagano en 1998, ont fait match nul à Salt Lake City quatre ans plus tard, et ont perdu 3-2 à Turin.
Pour la victoire et la nulle, ils comptaient toutefois sur un type de nom de Dominik Hašek devant le filet, des fois à côté, mais toujours en mesure de réussir les arrêts.
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La Tchéquie aura besoin d’une bonne performance de son gardien Lukáš Dostál pour espérer l’emporter face au Canada.
Cette fois, le calibre n’est pas le même. Malgré les belles promesses qu’il montre dans la LNH, Lukáš Dostál tarde à se mettre en évidence, avec une efficacité de ,879 jusqu’ici.
Dostál a toutefois déjà montré qu’il pouvait gagner des matchs à lui seul. Le 21 janvier, il défendait le filet des Ducks d’Anaheim, contre la puissante Avalanche du Colorado, qui compte trois membres de l’unifolié dans ses rangs en Nathan MacKinnon, Cale Makar et Devon Toews. Dostál avait été bombardé de 41 tirs et avait cédé une seule fois, dans une victoire de 2-1 des Ducks en tirs de barrage.
« C’était un match où toutes les rondelles semblaient me frapper, a raconté le gardien. J’espère le refaire demain ! »
MacKinnon absent de l’entraînement
PHOTO MARTON MONUS, REUTERS
Nathan Mackinnon
Les incidents de la fin du match Canada-France auront-ils des conséquences sur le reste du tournoi ? Ce sera à suivre, car Nathan MacKinnon n’a pas participé à l’entraînement du Canada mardi.
MacKinnon lui-même avait assuré qu’il se sentait bien dans les instants qui avaient suivi la victoire de 10-2 contre la France, mais ce ne serait évidemment pas la première fois qu’un joueur de hockey offre une auto-évaluation médicale erronée.
Rappelons que le numéro 29 avait subi une percutante mise en échec de Pierre Crinon, en troisième période, une séquence qui avait mené à une bagarre entre Crinon et Tom Wilson, puis à l’expulsion de Crinon de l’équipe française.
Sam Bennett était aussi absent, mais évidemment, c’est MacKinnon qui faisait jaser.
« C’était une journée de traitements, tout est correct, on ne panique pas », a assuré Jon Cooper. En l’entendant, difficile de ne pas imaginer Frank Drebin, de dos à une explosion, qui crie aux passants qu’il n’y a rien à voir. Réponse ce mercredi.
MacKinnon compte cinq points (deux buts, trois aides) en trois matchs depuis le début du tournoi, mais fait surtout partie de l’option nucléaire de Cooper, soit un trio avec Connor McDavid et Macklin Celebrini, que l’entraîneur-chef canadien déploie au besoin.
Le défenseur Josh Morrissey et l’attaquant Brad Marchand ont, quant à eux, participé à l’exercice du jour. Ils ont raté les deux derniers matchs du Canada. Dans le cas de Marchand, on croit comprendre que c’était par mesure préventive. Il avait aussi raté deux semaines d’action en janvier, puis trois des quatre derniers matchs des Panthers de la Floride avant la pause.
Marchand a reconnu qu’il y avait un peu de cette blessure dans son absence cette semaine. « Un peu ça, un peu le fait que je suis rendu vieux », a blagué l’ailier de 37 ans. Sans confirmer la présence de Marchand pour le quart de finale de mercredi, Cooper a assuré que Marchand serait « disponible » pour disputer le match.




