Le ski alpinisme fait ses premiers médaillés olympiques

(Bormio) Le ski alpinisme a fait jeudi ses débuts tant attendus au programme olympique et couronné ses premiers champions aux Jeux de Milan-Cortina.
Publié à
8 h 35
Mis à jour à
9 h 09
Sous la neige, la Suissesse Marianne Fatton a parcouru le parcours en montée puis en descente, jalonné de motifs en forme de losange et d’escaliers, en un temps de deux minutes et 59,77 secondes.
Elle a devancé la Française Emily Harrop par 2,38 secondes, tandis que l’Espagnole Ana Alonso Rodriguez a obtenu la médaille de bronze malgré le fait qu’elle était incommodée par une déchirure du ligament croisé antérieur.
Du côté masculin, l’Espagnol Oriol Cardona Coll a facilement remporté la victoire. Nikita Filippov a décroché la médaille d’argent, devenant ainsi le premier athlète individuel neutre (AIN) à remporter une médaille en Italie. Le Français Thibault Anselmet a complété le podium.
Le ski alpinisme, surnommé « skimo », a été ajouté au programme olympique en 2021. Une chute de neige soutenue a fourni un décor idéal pour ce sport alpin de niche dont les origines remontent à la fin du XIXe siècle.
PHOTO DENIS BALIBOUSE, REUTERS
Les skieuses lors d’une phase d’ascension
Cette médaille d’or revêtait une importance particulière, compte tenu de l’enjeu. Fatton est devenue la « première » athlète à être sacrée championne olympique dans cette discipline.
Cardona Coll a suivi quelques minutes plus tard, puisque le départ de l’épreuve masculine a été donné environ 20 minutes après celui des dames.
L’endurance des participantes a été mise à rude épreuve, alors qu’elles étaient confrontées à trois manches d’environ trois minutes chacune pendant cette compétition.
Fatton a enchaîné rapidement la montée et la descente, ce qui lui a permis de remporter la médaille d’or. Sa mère, Anna Janouskova, avait représenté la République tchèque en ski de fond aux Jeux olympiques d’Albertville, en France, en 1992.
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Le sprint masculin de ski alpinisme
Les athlètes de ski alpinisme ont apprécié l’opportunité de pouvoir rayonner sur la scène internationale, devant les caméras du monde entier. « Être sur la ligne de départ et voir les anneaux olympiques sur la colline, c’était vraiment impressionnant », a admis l’Américaine Anna Gibson, qui a atteint les demi-finales.
Le parcours offrait un spectacle captivant, ressemblant à un véritable parc de neige parsemé d’obstacles variés. Les athlètes ont négocié un parcours sinueux avant de déchausser leurs skis pour gravir les marches avec leurs chaussures de ski, rangeant leurs skis dans un sac à dos. Ils les ont ensuite remis pour un sprint final jusqu’au sommet. Arrivés au sommet, les athlètes ont dû retirer les peaux de phoque, ces bandes de tissu fixées sous les skis qui leur permettent de grimper rapidement. Après cela, ils ont dû négocier la descente, tandis qu’ils filaient à toute allure sur le parcours du Stelvio vers la ligne d’arrivée.
Les sprints individuels ont été organisés sous forme de tableau. Les meilleurs se sont qualifiés pour la finale, qui réunissait six athlètes. Le parcours d’Alonso Rodriguez a été parsemé d’embûches pour arriver à la ligne de départ, jeudi. En septembre, elle a été grièvement blessée après avoir été percutée par une voiture lors d’un entraînement à vélo.
« Il y a eu des moments où j’ai cru que je n’y arriverais pas, a-t-elle confié. Je me suis concentrée sur la rééducation, étape par étape. » La dernière épreuve de ski alpinisme est un relais mixte par équipes, prévu samedi.




