Hockey masculin | En finale au pic et à la pelle

(Milan) Milieu de troisième période. Le Canada perd par un, le jeu reprend en zone offensive après une pause publicitaire. Jon Cooper a théoriquement la chance de déployer son option nucléaire, soit Macklin Celebrini, Connor McDavid et Nathan MacKinnon.
Mis à jour hier à
17 h 35
Or, c’est plutôt l’unité de Sam Bennett, Brad Marchand et Tom Wilson qui est dépêchée dans la mêlée. Le Canada gagne la mise en jeu, le chaos s’installe. Bennett et Marchand occupent l’enclave, au point où Erik Haula renverse Marchand sur son gardien. Deux secondes plus tard, Shea Theodore tire et crée l’égalité.
Bienvenue chez Équipe Canada 2026, un groupe capable de produire des buts qui tourneront en boucle dans les faits saillants, mais aussi des séquences où tout le monde se salit un peu le nez, au point où l’entraîneur adverse se demande si le but est légal.
Si le Canada est maintenant qualifié pour la finale olympique contre les États-Unis, c’est en partie grâce à ces trois feuilles de papier sablé, qui ont joué un rôle crucial dans une victoire de 3-2 du Canada, vendredi, face à la Finlande, en demi-finale.
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PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE
Nathan MacKinnon a inscrit le but gagnant pour le Canada.
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Les Canadiens exultent après le but de Nathan MacKinnon.
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« Ces trois-là affectent le match différemment des trois Mack, a expliqué Cooper. Tout le monde s’attend à ce qu’un trio marque et que l’autre ne marque pas, et c’est très approprié que l’ardeur au travail [du trio de Bennett] ait mené à un but. »
Il y a aussi de l’intimidation. Ils font réfléchir l’adversaire, ils le fatiguent, et ils préparent le terrain pour le trio suivant. C’est pourquoi ce trio est incroyable.
Jon Cooper
Remarquez que le talent naturel est aussi remonté à la surface. C’est ce que ça a pris pour que McDavid rejoigne MacKinnon avec 35 secondes à jouer pour le but gagnant. Sauf que même sur ce jeu, il a fallu une bonne dose de travail. « Macklin a gagné quelque chose comme huit batailles pour garder la rondelle en zone adverse », s’émerveillait Tom Wilson.
Une idée
Après le gain en prolongation face aux Tchèques, c’est donc une autre victoire à l’arraché pour le Canada.
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« Dans ces tournois, ce n’est jamais une partie de plaisir. Ce ne l’était pas en 2010. Ce ne l’était pas en 2014, a rappelé Cooper, en référence aux deux derniers sacres olympiques du pays. Tu dois être prêt à changer tes plans dans des tournois aussi courts. »
Des changements, il y en a eu, et ce, avant même le début du tournoi. Une semaine avant le premier match, Bennett s’est greffé au groupe, en remplacement d’Anthony Cirelli.
Bennett ajoutait de la rudesse à un groupe qui comptait déjà Wilson et Marchand. Un rappel de leur tableau de chasse jusqu’ici : Bennett qui a tenté d’étêter Nico Hischier en plein centre de la patinoire face aux Suisses, Wilson qui a été à l’origine d’un combat contre la France, et Marchand… Doit-on vraiment rappeler ses plus grands succès ?
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Artturi Lehkonen (62) et Nick Suzuki (10)
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Erik Haula a fait 2-0 en deuxième période
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Miro Heiskanen (41) et Nathan MacKinnon (29)
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Brad Marchand
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Sam Bennett (9) fonce dans le gardien finlandais Juuse Saros (74)
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Connor McDavid (97) tente une percée
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Des joueurs qui ont aussi les défauts de leurs qualités. Bennett, par exemple, s’est montré coupable d’une pénalité plus ou moins utile en première période, quand il a foncé trop agressivement sur Juuse Saros. Trois secondes plus tard, Mikko Rantanen ouvrait la marque.
Mais là, les voilà réunis.
« C’est drôle, quand on a été choisis, on s’est dit qu’on pouvait créer du chaos contrôlé, a raconté Wilson, dans les corridors de l’aréna Santagiulia après le match. [Marchand et Bennett] sont détestables à affronter, mais quand tu formes un trio avec eux, ça peut être très plaisant. »
Les joueurs l’avaient en tête, l’entraîneur aussi, et c’est ainsi qu’avec le Canada en retard au pointage dès la première période, cette unité était déléguée de plus en plus souvent, notamment pour amorcer les périodes, mais aussi parfois en zone offensive.
Or, face à des Finlandais hermétiques au possible, l’accès à l’enclave était problématique. Le Canada a dominé la deuxième période 14-3 aux tirs au but, mais les tentatives venaient en majorité de la périphérie.
CAPTURE D’ÉCRAN DU SITE DE L’IIHF
En rouge, les tentatives de tirs du Canada en 2e période
Et c’est là que les trois joueurs qui auraient pu être forgerons dans une autre vie ont fait opérer leur magie.
« On s’est souvent affrontés au fil des ans, on a une idée de comment on joue, a rappelé Marchand. Et c’est bien de pouvoir patiner sans craindre qu’ils m’arrachent la tête ! »
Les détails
Marchand, Wilson et Bennett sont par ailleurs trois vétérans aguerris qui totalisent cinq bagues de la Coupe Stanley. Un tel niveau requiert une attention aux détails.
Prenez la mise en jeu qui a précédé le but égalisateur. Marchand ne cessait de taper du bâton pour alerter le juge de lignes. Ce qu’il criait ?
« Ça importe peu. Ça va rester entre le juge de lignes et moi », a répondu le numéro 63. « Je ne sais pas, il crie tout le temps. Souvent, j’arrête de l’écouter », d’ajouter Bennett à la blague.
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Brad Marchand (63) surveille Esa Lindell à la mise en jeu.
C’était visiblement pour se plaindre que le défenseur Esa Lindell dépassait la ligne imaginaire de la mise en jeu. Lindell a reculé de quelques pouces, et un instant plus tard, Wilson le battait de vitesse pour la rondelle libre. Vingt secondes plus tard, cette même rondelle était dans le filet des Finlandais.
« Il y a tellement de petites choses qui aident à gagner un match », a convenu Wilson.
Une défaite et Sidney Crosby n’aurait eu que 24 heures additionnelles pour se remettre de sa blessure, et ce, pour disputer le match pour le bronze. Voilà que le capitaine du Canada a maintenant 48 heures afin de participer au match de la médaille d’or.
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Olli Maatta (3) et Tom Wilson (43)
Cooper est resté cryptique. « Il a une meilleure chance de disputer la finale qu’il n’en avait de jouer aujourd’hui », a-t-il dit.
« On veut se présenter pour lui, pour tout ce qu’il a fait pour le hockey, pour notre équipe, pour le Canada, a énuméré Marchand. On voulait lui donner une autre chance. Mais on veut le faire pour tout le monde dans ce vestiaire. Il est une grosse source de motivation. »
À noter
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Connor McDavid
Avec deux passes, Connor McDavid a porté à 13 son total de points depuis le début du tournoi. Il bat ainsi le record de 11 points que partagaient Teemu Selanne et Saku Koivu depuis 2006, pour le plus de points dans un tournoi auquel les joueurs de la LNH participent. Des exploits si banals pour McDavid qu’ils sont maintenant une note de bas de page.
Sortie de zone devant public
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Un enregistrement du balado Sortie de zone devant public.
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