News CA

L’Agence du revenu du Canada réclame injustement 15 500$ à cette coiffeuse

Une travailleuse autonome qui a pu bénéficier des différentes prestations canadiennes lors de la pandémie se fait aujourd’hui réclamer par l’Agence du revenu du Canada la totalité des sommes reçues, soit plus de 15 000 $, malgré qu’elle respectait tous les critères d’admissibilité du programme.

Comme de nombreux contribuables canadiens, Mélanie Dauphinais qui est travailleuse autonome, a touché différentes aides financières, soit la Prestation canadienne d’urgence (PCU), la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) et la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE), pour un total de 15 500 $.

Alors qu’elle était pleinement admissible à ces aides qui ne devaient pas être remboursables, l’Agence du revenu du Canada (ARC) réclame à la coiffeuse le remboursement complet des sommes.

« Le 11 février 2025, j’ai reçu une lettre de l’ARC me réclamant 15 500 $, ce qui représente toutes les aides financières [reçues] durant [la] pandémie », explique la travailleuse autonome.

Elle s’explique mal la situation. Elle précise que tout était en règle pour la réception de ces prestations. Avant de recevoir l’avis lui réclamant la totalité des prestations, elle avait acquitté les remboursements des avances déposées par l’ARC, lorsque les commerces pouvaient rouvrir avant la période couverte par celles-ci.

« En 2024, l’ARC m’avait réclamé 50 $ d’impôt, alors que c’était déjà prélevé sur ma prestation. Je l’ai payé quand même, mais ils ont continué de m’envoyer des avis de réclamation », lance-t-elle.

À la demande de l’ARC, Mme Dauphinais envoie une lettre d’explication pour justifier son admissibilité aux différentes prestations, en complément de ses justificatifs bancaires.

ARC peu coopérative

« En décembre dernier, je reçois un appel de l’ARC me disant qu’on ne peut pas se fier à mes relevés bancaires, que ma lettre est claire, mais qu’ils vont avoir besoin que je leur fasse un tableau. Là, j’ai pogné un peu les nerfs », poursuit-elle.

L’agent de l’ARC au téléphone s’est montré peu coopératif devant sa détresse.

« Il m’a dit : “Si vous voulez la jouer de même, moi je peux vous rendre coupable tout de suite et on va régler ça de même” », dénonce-t-elle.

Elle s’est alors exécutée et a envoyé ledit tableau à l’ARC. La situation s’est envenimée à la fin de décembre dernier.

« On me dit que pour la PCU, je n’y avais pas […] droit parce que j’ai travaillé et que j’ai gagné plus de 1000 $. Mais ce n’est pas le cas, j’étais fermée. Pour la PCRE, l’ARC me dit que je n’ai pas eu de perte de 50 % et pour la PCMRE, que je n’y [avais] pas droit, car je n’ai pas eu la COVID. Je me suis dit que c’était une joke», lance-t-elle.

Elle a pourtant acheminé toutes les preuves demandées pour justifier son admissibilité à ces prestations. Elle dénonce n’avoir aucune justification de l’ARC pour motiver cette demande de remboursement.

« J’ai besoin de comprendre comment ils en sont arrivés [là]», fait-elle valoir.

Questionnée sur les raisons pour lesquelles des contribuables se faisaient réclamer le remboursement de prestation de la pandémie, alors qu’ils y avaient droit, l’ARC a donné une multitude d’informations sans répondre à la question. L’ARC indique toutefois qu’en date du 30 novembre 2025, elle a traité environ 621 millions de dollars en annulations de dettes, pour environ 55 000 personnes et que cela représentait des montants annulés pour diverses raisons, et pas seulement dans les cas où une deuxième révision avait été demandée.

L’ARC lui réclame les 10 500 $ de prestations octroyées durant la pandémie

Privée de ses revenus, en lien avec la fermeture de nombreux commerces lors de la pandémie, une jeune femme qui travaillait alors en restauration se fait aujourd’hui réclamer plus de 10 000 $ par l’Agence du revenu du Canada, soit la totalité des prestations auxquelles elle avait pourtant droit.

En début de pandémie, Charlotte Lefebvre travaillait en restauration. Comme tous les travailleurs de cette industrie, la fermeture de nombreux commerces a entraîné la perte de son revenu et elle s’est tournée donc vers la PCU, de laquelle elle a obtenu 10 000 $.

Elle a également reçu une somme de 500 $ de la PCMRE, alors qu’elle a dû s’isoler plus tard durant la pandémie, pour un contrat qu’elle allait commencer dans une communauté éloignée.

« Il fallait s’isoler de sept à 14 jours [avant de pouvoir] être en contact avec les gens là-bas », explique-t-elle.

C’est en avril 2025 qu’elle a appris avoir une dette auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC). Comme Mme Lefebvre avait droit à ces prestations, elle a contesté cette décision.

« L’ARC m’a envoyé un premier courriel. Et je n’ai toujours pas de nouvelles à savoir où en est mon dossier », laisse-t-elle tomber. « J’avais vraiment ressorti tous mes relevés bancaires et on voyait que le revenu de mon emploi au resto avait cessé d’entrer et que le prochain revenu était la PCU ».

Elle a rappelé l’ARC à deux reprises, et on lui a demandé chaque fois de rappeler plus tard, prétextant le nombre élevé de dossiers à analyser. Elle a également envoyé les preuves demandées par l’Agence.

Remboursements retenus

« Pendant ce temps, mes remboursements d’impôt et mes retours de taxes, ils les retiennent, [étant donné que] j’ai une dette [envers le] gouvernement, liée au fait que mon dossier n’est pas encore évalué », explique-t-elle.

L’an passé, l’ARC a retenu son remboursement d’impôt qui s’élevait à 1500 $.

« La saison des impôts s’en vient. Donc, j’ai un peu peur que ça fasse la même chose cette année. C’est de l’argent qui ne fructifie pas », déplore Mme Lefebvre.

La situation suscite beaucoup d’inquiétude auprès de la jeune femme, alors qu’elle a l’impression que son dossier ne bouge pas.

« C’est quand même stressant de devoir 10 500 $ au gouvernement, même si on sait qu’on était dans les règles et dans nos droits. Ce n’est pas une situation qui est agréable », termine-t-elle.

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l’adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button