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Élection partielle | « Chicoutimi revient à la maison »

(Saguenay) Même si son chef reconnaît que des électeurs « ont véritablement peur » d’un référendum avec le contexte géopolitique, le Parti québécois (PQ) reconquiert sans difficulté Chicoutimi, son ancien château fort, à huit mois des élections. La surprise vient de la droite avec le Parti conservateur d’Éric Duhaime, qui termine deuxième, loin devant la formation de François Legault, qui s’écroule.


Mis à jour hier à
23 h 16

« Chicoutimi revient à la maison ! Chicoutimi retourne au Parti québécois », a lancé le chef Paul St-Pierre Plamondon, entouré des membres de son caucus qui a gagné lundi une joueuse de plus.

L’ex-vice-rectrice de l’Université du Québec à Chicoutimi Marie-Karlynn Laflamme devient la septième députée du Parti québécois, qui peut se targuer d’avoir remporté une quatrième élection partielle depuis le scrutin général de 2022 (Jean-Talon, Terrebonne et Arthabaska).

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Marie-Karlynn Laflamme

« Le Québec réclame un changement profond », a déclaré le leader péquiste, qualifiant de « claires et décisives » les quatre dernières partielles. « Le même message est limpide : il faut que ça bouge ! », a-t-il ajouté. Selon lui, le gain de lundi donne un « élan » à sa formation vers les élections générales d’octobre.

Peu de suspense

Le suspense a été de courte durée : Paul St-Pierre Plamondon s’est réjoui de la victoire sur X à peine 25 minutes après la fermeture des bureaux de vote. Dans une grande salle de l’Hôtel Le Montagnais, des militants venaient tout juste de s’installer quand la victoire a été confirmée.

La formation souverainiste, qui caracole en tête des sondages depuis deux ans, était largement favorite : selon l’agrégateur de sondages Qc125, le PQ avait 99 % de chances de l’emporter. Chicoutimi a été sous la bannière péquiste de 1973 à 2018, avant la percée de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Marie-Karlynn Laflamme l’a emporté avec quelque 45,35 % des voix, une forte avance de 19 points de pourcentage sur sa plus proche adversaire.

C’est l’ex-mairesse de Saint-David-de-Falardeau et candidate conservatrice Catherine Morissette qui a terminé deuxième.

« C’est plus qu’honorable », a réagi le chef Éric Duhaime en mêlée de presse. « Quand est-ce que vous avez vu ça, un parti qui n’a aucun député, qui a 1 % de la visibilité médiatique, et qui bat le gouvernement et l’opposition officielle à plate couture dans les deux dernières élections partielles avant une élection générale ? Je n’ai jamais vu ça. On vient de tripler nos appuis dans Chicoutimi [par rapport à 2022] », a-t-il ajouté.

Le Parti conservateur du Québec a terminé avec 26,07 % des voix, 14 points devant la CAQ, qui termine troisième avec à peine 11,97 % des voix.

PHOTO MARIANE L. ST-GELAIS, LE QUOTIDIEN

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, et la candidate Catherine Morissette

La démission de François Legault n’a pas permis aux troupes caquistes de faire mieux. C’est tout un recul : Chicoutimi est la circonscription où il avait enregistré sa plus forte majorité en 2022, avec 62,3 %.

Le premier ministre sortant, qui n’a pas prêté main-forte sur le terrain à son candidat Francis Tremblay, a publié un court message sur les réseaux sociaux pour le féliciter. « Ce n’est pas le temps de dire “continuons” avec les mêmes recettes », a pour sa part écrit le candidat à sa succession, Bernard Drainville. « Le résultat de ce soir ne m’abat pas, au contraire. Nous avons du travail à faire », a réagi Christine Fréchette.

Les deux candidats à la chefferie de la CAQ ont fait campagne avec M. Tremblay, un employé du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Or, ils étaient absents lundi soir. Seuls les ministres Eric Girard et Samuel Poulin, ainsi que le député de Jonquière, Yannick Gagnon, l’accompagnaient.

PHOTO TOM CORE, LE QUOTIDIEN

Francis Tremblay, candidat de la CAQ

Le Parti libéral du Québec, qui a présenté Tricia Murray, une attachée politique, termine quatrième avec 9,13 % des voix. C’est mieux qu’en 2022, alors que les libéraux avaient récolté à peine 3 % des voix.

Québec solidaire, qui a mis sur les rangs Jeanne Palardy, une travailleuse du milieu communautaire, poursuit sa chute avec 5,59 % des voix. La formation de gauche avait fait 12 % aux dernières élections.

Le taux de participation de cette élection partielle – le dernier test avant le scrutin général – atteint 34,22 %. La moyenne lors d’exercices similaires est de 41,74 %, selon Élections Québec.

« On va user de jugement »

Dans un discours d’une quinzaine de minutes, Paul St-Pierre Plamondon a admis avoir rencontré sur le terrain « des gens qui ont véritablement peur » d’un référendum dans le contexte d’incertitude provoqué par le président américain. Une « peur » également alimentée par ses adversaires politiques, a-t-il affirmé.

« Les personnes à qui j’ai parlé, qui ont peur, ils parlent d’un véritable risque. Ce risque-là, je veux le nommer, c’est celui d’une escalade des tarifs qui viennent nuire à notre économie québécoise et qui soit destructive pour tout le monde en Amérique », a-t-il lancé devant un parterre de quelque 250 militants.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Paul St-Pierre Plamondon

Il ajoute qu’il ne « faut pas être naïf » et prendre « l’administration américaine pour ce qu’elle est, à la fois agressive et imprévisible ».

« Mais en revanche, les Américains seront toujours nos voisins, a-t-il nuancé. Ce sera quoi, le contexte, dans deux, trois, quatre ans ? On ne sait pas […]. On va user au Parti québécois d’intelligence et de jugement pour le choix du moment pour toutes les décisions, parce que notre priorité sera toujours de protéger les Québécoises et les Québécois », a-t-il ajouté.

En mêlée de presse, il a répété qu’il demeure ferme sur son engagement de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat. Or, c’est « une possibilité » qu’il puisse attendre la fin du mandat de Donald Trump pour lancer sa consultation, a-t-il dit.

La partielle dans Chicoutimi a été forcée par la démission en septembre de l’ex-ministre des Affaires municipales Andrée Laforest, qui a tenté de se faire élire à la mairie de Saguenay l’automne dernier, en vain.


Consultez le résultat de l’élection

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