Patinage de vitesse sur courte piste | « Will s’en va gagner deux médailles d’or », prédit Charles Hamelin

(Milan) Charles Hamelin comprend mieux que quiconque le défi auquel William Dandjinou sera confronté d’ici la fin des compétitions de patinage de vitesse sur courte piste aux Jeux olympiques de Milan.
Publié hier à
19 h 30
À Vancouver, en 2010, Hamelin avait remporté deux médailles d’or en 30 minutes au 500 m et au relais, images marquantes de cette quinzaine magique pour le pays hôte. Qui se souvient qu’il avait manqué, la semaine précédente, la finale du 1500 m et abouti au pied du podium au 1000 m ?
« Si vous parlez de ces Jeux de Vancouver à Charles, aujourd’hui, même si ça s’est super bien fini, c’était des opportunités ratées », soulignait Dandjinou après la demi-finale du relais, lundi, à Milan.
Le principal intéressé confirme que ces deux courses resteront gravées à jamais dans sa mémoire, d’autant qu’il avait disputé la finale du 1000 m avec son frère aîné François, qui avait fini juste derrière, à la cinquième place.
« On a fait une erreur, aucun de nous deux n’a gagné de médaille, mais c’était un moment de vie incroyable, a raconté Hamelin en visioconférence mardi. On voit juste les médailles, le podium, mais comme expérience de vie, c’est fou. Mais qui s’en souvient ? Personne. »
Celui que l’on surnommait la Locomotive de Sainte-Julie est persuadé que Dandjinou a tous les outils pour composer avec de telles déceptions (4e au 1000 m, 5e au 1500 m).
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
Charles Hamelin aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010
« Will connaît sa job, il est préparé pour ça. Une de ses forces, c’est qu’entre les deux oreilles, il est imbattable. Peu importe ce qui arrive dans ses courses, bon ou mauvais, il est prêt pour la prochaine et il s’assure de faire ce qu’il a à faire pour livrer la meilleure performance possible. »
En 2010, Hamelin était le meneur de l’équipe canadienne, mais il n’avait pas dominé les Coupes du monde comme Dandjinou a survolé le Circuit mondial ces deux dernières années.
William a la moitié des médailles d’or ramassées, ce qui est assez exceptionnel. Maintenant, il a une grosse cible dans le dos. Tout le monde veut courser contre lui et essayer de le battre.
Charles Hamelin
Celui qui est aujourd’hui coach au Centre régional canadien d’entraînement en veut pour preuve la finale du 1500 m, où le Canadien « s’est carrément fait sortir de la course par un Coréen ».
S’il a « commis des erreurs, c’est parce qu’il court pour gagner la médaille d’or » et non pas pour monter sur le podium, a ajouté Hamelin. « C’est super bon, parce que tu te challenges et tu veux montrer que c’est toi le meilleur. Il a réussi la plupart du temps dans sa carrière, mais ça ouvre parfois la porte à des erreurs qui peuvent te coûter cher. »
« Pareil, mais pas pareil »
Comme aime le lui rappeler son ex-coéquipier Olivier Jean, aujourd’hui membre du personnel d’entraîneurs à Milan, en courte piste, « les Jeux olympiques, c’est pareil, mais ce n’est pas pareil ». En d’autres termes, ce sont les mêmes règles, les mêmes compétiteurs, mais les enjeux sont décuplés, et l’attention médiatique et publique est incomparable.
« On analyse les coups de patin comme chaque moment d’une partie du Canadien, a relevé Hamelin. Le monde demande : pourquoi il ne gagne pas, pourquoi il lui est arrivé ça dans telle course ? Will, ça lui est arrivé de tomber, de se faire défoncer, d’être disqualifié, même de recevoir un carton rouge. Mais les gens ne savent pas ça. Ils ne l’ont pas vu. »
Le sextuple médaillé olympique rappelle la première étape du Circuit mondial présentée en octobre à Montréal, durant laquelle Dandjinou avait chuté deux fois le dernier jour. Une semaine plus tard, il avait raflé cinq médailles d’or…
Non seulement Hamelin a confiance dans les entraîneurs et l’encadrement à Milan, il souligne également l’apport essentiel des coéquipiers de Dandjinou.
« On a une équipe assez mature et expérimentée pour savoir quoi faire, quoi dire et comment mettre les gens dans le bon état d’esprit. C’est sécurisant et encourageant d’avoir des chums et des coéquipiers et coéquipières pour t’épauler là-dedans et vouloir autant que toi que tu gagnes. C’est une des grandes forces de l’équipe. »
Hamelin s’attend donc à ce que Dandjinou rebondisse tant au 500 m (ce mercredi), où Steven Dubois et Maxime Laoun sont également en excellente position, qu’au relais, disputé deux jours plus tard, à la différence de Vancouver.
« Will s’en va gagner une médaille d’or au 500, il s’en va gagner une médaille au relais, c’est ça qu’il s’en va faire. Pour lui, c’est clair, net et précis. C’est un peu le même mindset que j’avais en 2010. »




