“Morante a un mystère” : le retour de la Puebla, tête d’affiche de la feria de Pentecôte 2026 à Nîmes

Les cartels de la prochaine feria de Pentecôte à Nîmes dévoilés ce jeudi font l’unanimité ou presque. Sur le papier en tout cas, l’édition 2026 s’annonce comme un grand cru.
Les cartels de la prochaine feria de Pentecôte à Nîmes dévoilés ce jeudi font l’unanimité ou presque. Sur le papier en tout cas, l’édition 2026 s’annonce comme un grand cru. Au total, ce sont neuf spectacles taurins qui seront proposés aux aficionados entre le 21 et le 25 mai prochains. Parmi les affiches, le retour de Morante de la Puebla constitue l’un des principaux événements de cette feria. Jean-Charles Roux, afficionado et spécialiste de Morante de la Puebla était l’invité d’ICI Gard Lozère ce vendredi 27 février.
Est-ce que vous trouvez que ces cartels ont fière allure?
Ecoutez, il y a quand même un certain changement, donc je pense que le réboussier nîmois, il va falloir qu’il trouve un autre os cette année pour critiquer parce qu’il y a l’ouverture et l’arrivée de nouveaux taureaux, tout au moins des fers qu’on n’avait pas vu courir dans les arènes et c’est un bon point. Exit des fers qui étaient là depuis des années, qui étaient là à souhait et à répétition alors qu’ils ne portaient pas satisfaction au public; et je trouve qu’il y a une porte ouverte et c’est pas si mal que ça.
Alors si on rentre un peu plus dans les détails, parmi les affiches, il y a le retour de Morente de la Puebla. C’est l’un des principaux événements de cette feria. Est-ce que ça vous a étonné déjà d’apprendre son retour?
Non. Et puis un retour de quoi ? Morente est parti pendant l’hiver. Donc ça n’a pas impacté si vous voulez, la temporada européenne, ça a impacté peut-être quatre ou cinq contrats en Amérique du Sud. Et puis il revient. Bon mais tant mieux parce que Morante c’est le toréro, c’est-à-dire cette manière de torer, différente, artistique, spontanée, imprévisible. Et donc à partir de là, c’est vrai que les aficionados d’aujourd’hui aiment Morante. C’est le torero à voir si vous voulez.
Et pour ceux qui le connaissent pas, qu’est-ce qui vous a marqué chez lui ? Une scène, une image.
Toutes les images ! Même quand il était mauvais, je prenais toujours mon appareil photo et c’est un garçon qui comble même le vide si vous voulez. Et donc à partir de là, vous avez toujours une expression artistique qui ressort même les jours où il n’est pas bon. Et donc Morante, c’est, ça ne se décrit pas, ça se vit, c’est quelque chose d’extraordinaire. Et puis il y a un torero qui disait “qu’est-ce que c’est qu’un torero artiste ?” Un torero artiste, c’est celui qui a un mystère. Morante a un mystère.
Parmi les autres affiches, il y aura la corrida 100% française le dimanche matin, même si chacun des toreros ne pourra combattre qu’un taureau, est-ce que vous trouvez que c’est un signal fort pour la tauromachie française?
Signal fort, oui et non. Il y a une grosse présence française, que ce soit au niveau des élevages de taureaux, il y en a trois en comptant la novillada sans picador, et donc il y a quand même pas mal de postes qui sont attribués aux Français. Il est vrai qu’il y a de très bons toreros français actuellement. Maintenant, cette matinée de six taureaux, je ne sais pas comment l’appréhender, parce que je crains que ce soit un petit piège de dire “allez vous venez tous les six et puis après on n’en parlera plus, vous ne me mettrez plus la pression”. Bon, on ne va pas être réboussier, on va croire aux choses et puis on va souhaiter le meilleur aux six toréros qui vont s’affronter le matin et que les taureaux servent pour qu’ils puissent s’exprimer. Mais derrière, bon, voilà, ça s’est déjà fait, des corridas avec six toreros français. Bon, ma foi, écoutez, on le prend et puis on verra.
Bien ce qu’il en est. Un autre temps fort de cette édition 2026, c’est un mano a mano plein de promesses entre Borja Jimenez et le Nîmois d’adoption Clemente face à des toros de Pedraza de Yeltes. Ce sera pour la corrida de clôture le lundi soir. Il vous plaît, vous, ce cartel?
Moi, il me plaît au niveau des taureaux parce que c’est la présentation des Pedraza de Yeltes. Alors, certains vous disent qu’ils ne sont pas dans leur meilleur moment. C’est pas évident puisque l’an dernier, ils ont sorti un très grand taureau à Madrid. Et donc il est toujours bon de régénérer un petit peu la diversité de la race du taureau. Et là, c’est une ouverture. Ils se présentent comme les Santiago Domecq. Ils sont les bienvenus. Ça amènera un petit peu de nouveautés à la feria et le cartel entre les deux toréros est une bonne originalité maintenant. Après, il manque toujours un toréro. Vous savez, on est Nîmois, on est réboussier. Et c’est vrai qu’il y a des toréros qui méritaient d’être là, comme David de Miranda qui avait triomphé l’an dernier et qui n’est pas au cartel. Moi, j’ai un faible pour Pablo Aguado. Espérons qu’ils seront là pour les vendanges.
Et justement, est-ce que vous avez une corrida particulière à conseiller pour les personnes qui n’ont jamais vu, qui aimeraient commencer à cette Feria de Nîmes?
Vous savez, une corrida c’est quoi ? C’est le soleil, c’est le public, c’est le costume, c’est mille et une choses. Et quand vous rentrez pour la première fois dans une arène, vous allez vous laisser porter par quelque chose. Ce quelque chose, c’est vous qui allez le définir. Et donc à partir de là, par amour de Morante, je vous dirais, allez voir Morante. Mais voilà, s’il y a une autre course qui vous intéresse… Tout se lève à 5h, comme on dit, à 5 heures de l’après-midi. Le taureau en décide, les matadors décident, le temps décide, il y a tout. Donc le plus important, c’est que vous franchissiez les grilles, vous vous ferez une opinion : “oui ça me plaît, non ça ne me plaît pas”, mais au moins vous aurez vu. Peut-être que vous allez vous laisser transporter par autre chose que la mise à mort, qui est tant décriée. Mais ce qui est important, c’est que vous jugiez de fait, en étant sur place.




