Youngblood : «un cadeau», pour Henri Picard
C’est sans attente, et surtout sans connaissance approfondie de l’œuvre originale, que l’acteur a auditionné pour le rôle de Denis Sutton, la version québécoise du personnage jadis campé par Patrick Swayze.
«Je ne pensais pas l’avoir honnêtement. Je ne suis pas bon au hockey. Je suis capable de patiner, j’ai joué quand j’étais plus jeune et, en plus, c’est en anglais, je me suis dit que je n’avais aucune chance», raconte le comédien en entrevue avec Le Soleil.
Finalement, son attitude décontractée a joué en sa faveur, lui permettant de décrocher le rôle.
Cela lui a d’ailleurs permis de découvrir la dimension culte de ce long métrage, que l’équipe s’affairait à réinterpréter avec une touche de modernité.
«À la base je ne connaissais pas l’existence du film de 1986, mais après j’ai découvert que c’était un film fétiche pour plusieurs personnes qui aiment le revoir encore et encore», indique Henri Picard.
«Il y a Slap Shot, Miracle et Youngblood, comme films de hockey qui ont vraiment marqué des générations.»
— Henri Picard, comédien
Au-delà de la découverte d’une œuvre culte, ce projet a permis au comédien de renouer avec la glace. «J’ai toujours été un amateur de hockey, mais là, je veux jouer davantage.»
Durant le tournage, il a même eu droit à un privilège emblématique de la culture sportive en héritant d’un surnom sur le plateau: Capitaine Québec.
«Je pense que c’est Ashton James [l’acteur principal du film] qui un jour est arrivé et m’a appelé Capitaine Québec et c’est resté [dans le film]», précise Picard, qui est le seul francophone au sein de la distribution de cette production canadienne.
Un film de hockey moderne
Ce nouveau Youngblood suit le parcours de Dean Youngblood (Ashton James), un jeune joueur afro-américain au tempérament bouillant qui, après une suspension, tente de relancer sa carrière chez les Mustangs d’Hamilton.
Pour s’imposer, il devra apprendre à canaliser son impulsivité afin de devenir le pilier dont son équipe a besoin.
Cette relecture prend le contrepied de la version de 1986.
Dans l’original, le personnage de Dean (alors incarné par Rob Lowe) souffrait du défaut inverse, à savoir qu’on lui reprochait son manque de hargne et de robustesse sur la glace.
Pour Henri Picard, cette évolution narrative est tout à fait cohérente, le monde ayant radicalement changé en quatre décennies.
«La société a évolué, le sport a évolué […] Maintenant on est beaucoup plus basé dans les skills [habiletés] et la discipline, on est plus comme avant où les joueurs arrivaient saouls aux games», illustre l’acteur de 24 ans.
Si plusieurs éléments iconiques subsistent, d’autres aspects ont été délibérément écartés pour coller à la réalité actuelle.
S’inspirer sans imiter
Henri Picard, qui prête ses traits au capitaine des Mustangs, tire une grande fierté de cette exploration du rôle initialement tenu par Patrick Swayze. «Pouvoir le revisiter, c’est un cadeau», confie-t-il.
Il admet avoir privilégié la lecture du nouveau scénario avant de visionner l’œuvre de 1986, afin d’insuffler sa propre couleur au personnage de Denis Sutton sans être trop influencé.
Toutefois, il ne cache pas son admiration pour la performance de Swayze, décédé en 2009.
Impressionné par le magnétisme du célèbre acteur, Henri Picard confirme s’en être partiellement inspiré.
«J’ai voulu garder sa présence un peu rassurante, il est un peu cocky [sûr de lui], comme tout joueur de hockey à un certain point, mais il est de bonne foi. […] J’ai gardé son petit côté pince-sans-rire, ses petits regards de côté, ses sourires», énumère-t-il.
Briser les tabous
Au-delà du caractère des personnages, cette mouture aborde de front la question du racisme dans le hockey.
À l’image de la série à succès Heated Rivalry, Henri Picard estime que le film peut contribuer lui aussi à briser certains tabous sportifs et favoriser une évolution des mentalités.
«Le film est très accessible. Je pense que ça peut faire cliquer des choses dans la tête des jeunes. C’est un sport [le hockey] de plus en plus ouvert.
«Oui, il y a encore un côté très macho dans plusieurs sports, mais je pense que plus on avance plus on voit de l’ouverture, comme c’est présenté dans le film d’ailleurs», conclut-il.
Youngblood: le hockey dans le sang prendra l’affiche le 6 mars prochain.




