Le changement d’heure perturbe le sommeil d’une majorité de Canadiens, d’après un sondage

Un nouveau sondage de la firme Léger met en lumière que le changement d’heure au printemps affecte le sommeil des Canadiens, alors que parallèlement plus de quatre personnes sur dix affirment avoir une dette de sommeil, c’est-à-dire dormir moins de sept heures par nuit.
De plus, 67 % des Canadiens voient leur routine de sommeil perturbée par le changement d’heure et mettent plusieurs jours à retrouver un rythme normal.
La Dre Annick Vincent, psychiatre, aime l’analogie de la dette pour expliquer les effets d’un manque de sommeil. En gestion financière, illustre-t-elle, tout va bien si vous dépensez et que vous payez tout de suite. « Ça va, vous n’êtes pas trop endetté. Mais si vous commencez à dépenser et que vous vivez sur votre crédit, il va y avoir des conséquences qui vont s’accumuler à long terme », dit-elle.
Les conséquences du manque de sommeil qu’on ne récupère pas ne sont pas anodines sur le plan de la santé, car le sommeil est essentiel non seulement pour la récupération énergétique, mais aussi pour consolider les apprentissages, la mémoire, pour la santé métabolique, immunitaire, cardiovasculaire, etc.
« L’impact d’une heure de sommeil manqué, que ce soit par le changement d’heure ou parce qu’on a manqué d’une heure de sommeil cette nuit-là, le lendemain, on a des impacts à court terme. Le cerveau se comporte un peu comme s’il avait un TDAH, donc un trouble du déficit de l’attention induit », précise Dre Vincent.
Elle pointe du doigt la société actuelle qui valorise grandement l’hyperperformance. Pourtant, souligne-t-elle, les gens vont chercher à mieux performer en amputant sur leurs heures de sommeil, ce qui, au final, va diminuer leur performance cognitive et par conséquent, leur efficacité au travail.
« Pour le côté santé mentale, on a besoin d’un bon sommeil pour être capable de bien moduler notre attention, mais aussi moduler nos humeurs, et prendre des décisions qui sont réfléchies à notre capacité à se retenir. On est plus impulsif quand on manque de sommeil, ce qui fait qu’on est plus à risque de faire des accidents, autant par inattention que par mauvaise décision », mentionne la Dre Vincent.
Les résultats du sondage indiquent que 18 % des Canadiens admettent avoir conduit en se sentant inaptes après avoir perdu une heure de sommeil lors du passage à l’heure d’été, un taux qui baisse à 16 % chez les Québécois.
C’est grave, selon la Dre Vincent. « On devient ivre de sommeil quand on manque de sommeil. Donc, on ne devrait pas plus [conduire] quand on est en état de fatigue que si on a pris un verre », résume-t-elle.
Trois jours ou plus pour revenir à la normale
Selon le sondage, 45 % des Canadiens déclarent que la perte d’une heure de sommeil pendant l’heure d’été aggrave leurs troubles du sommeil, un taux qui chute à 39 % pour les répondants du Québec.
D’ailleurs, 65 % des Canadiens disent souffrir de troubles du sommeil, notamment une difficulté à s’endormir ou à rester endormis (55 % au Québec).
Normalement, pour chaque heure de sommeil manquée, il faut compter une bonne nuit de bon sommeil pour récupérer, mais cela peut varier d’une personne à l’autre.
Seuls 11 % des Canadiens ont déclaré que leur routine de sommeil se rétablit le jour même après avoir perdu une heure de sommeil lors du passage à l’heure d’été au printemps, tandis qu’un tiers affirme qu’il leur faut trois jours ou plus pour revenir à la normale.
Par ailleurs, 59 % ont dit ressentir des effets le lendemain après avoir perdu une heure de sommeil pendant l’heure d’été. Les effets les plus courants sont la fatigue et une baisse de productivité.
Parmi les stratégies pour ceux qui ont de la misère à s’adapter au changement d’heure, la Dre Vincent mentionne qu’on devrait favoriser de se lever à une heure régulière pour s’habituer à la nouvelle heure.
Pour mieux comprendre les troubles du sommeil et les autres difficultés reliées au sommeil et avoir des recommandations fiables, le Dre Vincent suggère aux gens de consulter le site web dormezladessuscanada.ca, qui découle d’une campagne canadienne de santé publique sur le sommeil.
Au total, 1570 Canadiens ont participé au sondage entre le 30 janvier 2025 et le 1er février 2026. Un échantillon de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 2,5 %, 19 fois sur 20.
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