Conflit au Moyen-Orient | Trump exige une « capitulation sans condition » de l’Iran

(Téhéran) Donald Trump a exigé la « capitulation sans conditions » de l’Iran après une semaine de guerre, des explosions secouant de nouveau Téhéran vendredi.
Publié à
6 h 42
Mis à jour à
15 h 51
« Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION ! Après cela et le choix d’un ou plusieurs dirigeants FORMIDABLES ET ACCEPTABLES […], nous travaillerons sans relâche pour relever l’Iran, le rendre […] plus fort que jamais », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social – faisant ainsi s’envoler les cours du pétrole.
La capitale iranienne a de nouveau été secouée par de puissantes explosions en début de soirée, et de larges colonnes de fumée noire s’élevaient au-dessus des immeubles, selon les journalistes de l’AFP sur place.
La nuit précédente, les bombardements s’étaient enchainés comme jamais encore depuis le début du conflit, déclenché samedi par l’attaque israélo-américaine sur le pays.
PHOTO WANA, FOURNIE PAR REUTERS
De la fumée s’élève dans le ciel après une explosion à Téhéran, en Iran, le 6 mars 2026.
Les deux alliés ont confirmé avoir intensifié leurs attaques, l’armée israélienne annonçant avoir frappé « 400 cibles » à travers l’Iran dans la journée.
À Téhéran, pour le premier vendredi — jour de prière — depuis la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, des foules d’hommes et femmes en noir se sont rassemblées, brandissant drapeaux iraniens ou portraits du défunt guide suprême.
« La ville s’est vidée », assure Robert, 60 ans, un homme d’affaires de Téhéran interrogé par l’AFP alors qu’il franchissait la frontière entre Iran et Arménie.
Rahima, Afghane de 35 ans qui vivait dans la capitale iranienne, a décidé de rentrer dans son pays à cause du « bruit terrible » des frappes et de la peur de ses enfants. Sur la route dans plusieurs villes, les forces de sécurité étaient très présentes et les points de contrôle réguliers, témoigne-t-elle.
Selon les autorités iraniennes, environ un millier de personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, dont 30 % sont des enfants, a dit le porte-parole du gouvernement vendredi. L’AFP ne peut pas vérifier ces affirmations.
300 000 déplacés au Liban
L’Iran continue à riposter en ciblant Israël, où 10 personnes au total ont été tuées selon les secours. Dans le viseur également, ses voisins du Golfe. Téhéran assure ne s’en prendre qu’à des bases et intérêts américains.
Treize personnes dont sept civils sont mortes au total dans la région, habituellement paisible. Vendredi encore, des missiles et drones ont visé le Koweït et Bahreïn, l’Arabie saoudite et le Qatar.
PHOTO REUTERS
Un incendie ravage l’hôtel Hilton à la suite d’une attaque de drone iranien, à Juffair, à Bahreïn.
L’armée iranienne a aussi affirmé avoir touché un pétrolier américain dans le Golfe, « en feu ». Son porte-parole, Serdar Shekarchi, a assuré dans la soirée que le très stratégique détroit d’Ormuz n’était pas « fermé », et que seuls les navires liés aux États-Unis ou à Israël seraient « frappés ».
Neuf navires commerciaux uniquement, dont certains camouflant par moments leur position, ont été détectés le traversant depuis lundi, selon les données du site MarineTraffic analysées par l’AFP.
Au Liban, aspiré dans le conflit quand le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël pour « venger » la mort d’Ali Khamenei, le bilan des bombardements massifs israéliens lancés en riposte ne cesse de s’alourdir : au moins neuf morts vendredi soir dans des frappes dans l’Est, portant le bilan total depuis lundi à 226 tués et quelques 800 blessés selon les autorités.
PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE
Des débris dans les rues de Beyrouth
Quelques 300 000 personnes ont dû fuir les frappes israéliennes à travers le pays, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés, souvent sans savoir où aller.
La veille, Israël avait demandé — c’est une première — aux habitants de toute la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, d’évacuer avant des bombardements nocturnes. Après les images d’exode de gens paniqués jeudi, celles de vendredi montrent bâtiments éventrés et véhicules calcinés.
INFOGRAPHIE LAETITIA COMMANAY, AGENCE FRANCE-PRESSE
Une carte du Liban montrant les zones bombardées par Israël depuis le 2 mars 2026, ainsi que la zone d’ordre d’évacuation ordonnée par Israël
Réfugiée comme d’autres habitants démunis sur la promenade de bord de mer de Beyrouth, Oum Ali, bébé dans les bras, est furieuse. « Pour ceux qui ont des enfants, comment on est censé faire, en restant assis au soleil ? Qu’on nous donne au moins une tente ».
Le Hezbollah continue aussi de tirer des roquettes sur Israël, 70 vendredi selon l’armée israélienne qui a, elle, dit avoir visé « 500 cibles » au Liban depuis lundi et tué « 70 terroristes » du mouvement chiite libanais.
La situation provoquée par « toutes les attaques illégales » au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le chef l’ONU.
PHOTO MAHMOUD ZAYYAT, AGENCE FRANCE-PRESSE
Une vue sur un immeuble de Saïda, au Liban
Enquête sur la frappe d’une école
La guerre qui a embrasé le Moyen-Orient inquiète d’autant plus chancelleries et opérateurs économiques que la question de sa durée est désormais ouvertement posée.
Un envoi de troupes au sol en Iran représenterait une « perte de temps », a affirmé Donald Trump. Son secrétaire de la Défense Pete Hegseth a exclu une issue rapide : « nous ne sommes qu’au début des combats ».
Alors que le Kurdistan irakien, où sont basés des groupes kurdes iraniens en exil, est aussi visé par des missiles et drones, le président américain a assuré jeudi être « tout à fait pour » une offensive des milices kurdes contre Téhéran, sans préciser s’il leur apporterait un quelconque soutien.
Les questions se multiplient par ailleurs au sujet d’une frappe qui, selon les autorités iraniennes a visé une école à Minab (Sud de l’Iran) au premier jour du conflit, tuant selon elles 150 personnes.
PHOTO ALI NAJAFI, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE
Cette photo, obtenue auprès de l’agence de presse iranienne ISNA, montre le site d’une frappe contre une école de filles à Minab, dans la province d’Hormozgan, au sud de l’Iran, le 28 février 2026.
Une enquête du New York Times, basée notamment sur des images satellites, suggère que les États-Unis pourraient effectivement en être responsables. Ils auraient voulu cibler une base navale voisine.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a exigé que l’enquête promise par les États-Unis soit « rapide » et « transparente ».
Des manifestations en Iran, au Pakistan, au Yémen et au Sri Lanka
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Des centaines de personnes se sont rassemblées à Téhéran, la capitale iranienne, pour la prière du vendredi et pour manifester contre les attaques menées contre le pays par les États-Unis et Israël, ainsi que contre l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
Des manifestants ont également protesté dans les rues de la capitale pakistanaise et de celle du Yémen, ainsi qu’à Colombo, la capitale du Sri Lanka.
Agence France-Presse




