Contrôle du C.A. | Transat remporte une manche contre Pierre Karl Péladeau

Il faut s’attendre à d’autres épisodes du feuilleton entre Transat A.T. et son deuxième actionnaire, Pierre Karl Péladeau. Si l’homme d’affaires concède une autre manche au spécialiste du voyage d’agrément, il estime que la partie est loin d’être terminée.
Publié à
7 h 04
Mis à jour à
10 h 19
« Une partie de baseball, ça a neuf manches, puis, des fois, elle peut en avoir 12 », a affirmé le principal intéressé, mardi, en marge de l’assemblée de la compagnie à l’étoile bleue. « Est-ce qu’on est en deuxième ou troisième manche ? On verra. »
Les actionnaires ont rejeté les propositions de M. Péladeau, qui détient 9,5 % du voyagiste et transporteur aérien par l’entremise de la Financière Outremont, sa société privée. Ils ont plutôt élu les huit administrateurs proposés par l’entreprise. Au moment d’écrire ces lignes, les résultats n’avaient toutefois pas été publiés.
Essentiellement, le magnat des télécommunications souhaitait faire passer le conseil d’administration de Transat à six membres et faire son entrée aux côtés de deux proches collaborateurs, André Brosseau et Jean-Marc Léger. Il aurait ainsi contrôlé la moitié du C.A.
M. Péladeau dénonçait l’entente intervenue l’an dernier avec le gouvernement fédéral – le principal créancier de Transat – pour restructurer la lourde dette de la compagnie, qui était de 375 millions de dollars au 31 janvier dernier.
L’homme d’affaires en a particulièrement contre la clause qui prévoit que la moitié des sommes récoltées dans le cadre d’un investissement et de transactions comme des ventes d’actifs doive servir à rembourser la dette.
« Il n’y a personne qui va mettre de l’argent dans une entreprise si c’est pour rembourser ses créanciers », a prévenu M. Péladeau, en réitérant son ouverture à injecter des dizaines de millions dans la société mère d’Air Transat. « C’est une entente qui menotte l’avenir et le développement de l’entreprise. »
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE
Pierre Karl Péladeau n’a pas obtenu les appuis nécessaires mardi pour prendre les commandes du conseil d’administration de Transat A.T.
L’intérêt de l’actionnaire de contrôle de Québecor à l’endroit de Transat est un secret de Polichinelle. Depuis 2024, à titre personnel, M. Péladeau a tenté de l’acquérir à au moins cinq reprises, sans succès.
De quelle manière compte-t-il revenir à la charge ? Interrogé au sujet de sa stratégie, le principal intéressé n’a pas voulu ouvrir son jeu, se limitant à dire qu’il n’était « pas particulièrement pressé ».
Peu de chances
La plus récente offensive de M. Péladeau avait du plomb dans l’aile depuis un mois. Transat avait réussi à rallier le Fonds de solidarité FTQ et La Caisse – le bas de laine des Québécois. Les deux investisseurs institutionnels détiennent 16 % de la compagnie.
« Les actionnaires se sont franchement exprimés en faveur de Transat », a lancé l’administrateur indépendant Daniel Desjardins, visiblement satisfait, après l’assemblée. « On a besoin de focus, on n’a pas besoin de distraction. »
Transat a toujours du pain sur la planche pour réduire son endettement. Sa performance financière montre toutefois des signes d’amélioration.
Pendant les mois de novembre, décembre et janvier, l’entreprise a obtenu des résultats supérieurs aux attentes des analystes en affichant une croissance de ses revenus et une perte réduite. Elle a aussi vu ses flux de trésorerie disponibles, un indicateur suivi par les investisseurs, presque doubler.
Il y a toutefois des turbulences à l’horizon. Les vols vers Cuba sont toujours suspendus, le Mexique vient de tourner la page sur un épisode de violences, et les tensions demeurent vives au Moyen-Orient, ce qui a fait bondir le prix du carburant d’aéronefs.
« Les investisseurs devraient rester prudents tant qu’il n’y aura pas plus de certitude sur le contexte géopolitique, les prix du carburant et l’actionnaire dissident (M. Péladeau) », souligne l’analyste Tim James, de la Banque TD, dans une note.
Chez Transat, la direction a tenté de se montrer rassurante.
Des surcharges, dont les montants n’ont pas été précisés, ont été ajoutées sur le prix des billets sur certaines destinations européennes, a révélé la présidente et cheffe de la direction, Annick Guérard, en conférence téléphonique avec les analystes.
À court terme, le choc pourrait bien être limité. Le voyagiste et transporteur aérien affirme qu’au deuxième trimestre, la moitié de ses besoins en carburant sont couverts par sa stratégie visant à se prémunir contre les hausses de prix.
« Nous n’avons pas constaté une baisse de la confiance chez nos clients de leur volonté à voyager, a expliqué Mme Guérard. Les tendances des réservations sont vigoureuses. L’impact principal [pour nous] pourrait être ressenti avec le carburant, à plus long terme. »
À la Bourse de Toronto, mardi, le titre de Transat a retraité de 1,6 %, ou 4 cents, pour clôturer à 2,40 $.
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100 millions
Valeur boursière de TransatBourse de Toronto
5000
Nombre d’employés du voyagiste et transporteur aérientransat a.t.



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