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Conflit au Moyen-Orient | Pourquoi Kharg est-il si important ?

Cette île au large de l’Iran est dans la ligne de mire des États-Unis, qui menacent de frapper ses installations pétrolières névralgiques si Téhéran continue de bloquer le détroit d’Ormuz.


Publié hier à
17 h 00

John Yoon

The New York Times

Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré que l’armée américaine avait mené vendredi un raid aérien visant des installations militaires situées sur Kharg, dans le nord du golfe Persique, au large des côtes iraniennes. L’île abrite le principal terminal d’exportation de pétrole de l’Iran et revêt une importance cruciale pour l’économie iranienne.

Selon un responsable militaire américain, l’opération visait des sites de stockage de missiles et de mines – des ressources qui, selon les responsables américains, servaient à bloquer les voies de navigation internationales dans le détroit d’Ormuz, à l’autre extrémité du golfe. Il a précisé que les frappes aériennes avaient épargné les infrastructures pétrolières.

Pourquoi Kharg est-il si important ?

D’une superficie de 24 km2 (l’île de Montréal s’étend sur près de 500 km2), Kharg abrite des installations qui traitaient environ 90 % des exportations de pétrole brut de l’Iran avant la guerre. Les eaux profondes qui l’entourent permettent aux grands pétroliers d’accoster, alors que les eaux qui bordent le reste du littoral iranien du golfe Persique sont peu profondes.

L’Iran, l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde, dépend fortement de Kharg pour exporter son pétrole par voie maritime depuis les années 1960. L’île dispose d’installations de stockage et de pipelines reliant certains des plus grands gisements de pétrole et de gaz du pays. Une perturbation de ses infrastructures ferait mal à l’Iran et affecterait de surcroît le marché mondial de l’énergie.

À quoi ressemblent ses infrastructures ?

Ces dernières années, le terminal avait la capacité de charger simultanément dix superpétroliers destinés au transport transocéanique.

Trois grands sites d’infrastructures énergétiques sont exploités sur l’île, dont celui de la Falat Iran Oil Co., considérée comme la société pétrolière la plus importante du pays.

La Chine a été le principal destinataire de ces exportations, achetant le pétrole par l’intermédiaire d’une flotte fantôme de pétroliers qui contourne les sanctions occidentales sur le pétrole iranien. Les exportations de pétrole vers la Chine représentaient environ 6 % de l’économie iranienne et équivalaient à environ la moitié des dépenses publiques totales du pays. L’Iran fournissait environ 13 % des importations de pétrole de la Chine.

L’île a-t-elle déjà été frappée auparavant ?

La dernière fois que Kharg a été la cible de tirs importants, c’était pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980. À l’époque, l’armée irakienne, sous les ordres de Saddam Hussein, avait mené de violents bombardements contre les infrastructures pétrolières de l’île, causant d’importants dégâts. Mais l’Iran avait réussi à reconstruire ces installations.

Après les frappes américaines de vendredi, un haut responsable du ministère du Pétrole de l’Iran a déclaré que les attaques avaient été d’une ampleur considérable et qu’elles avaient été destructrices, ajoutant que les employés des raffineries de pétrole avaient signalé près de deux heures d’explosions ininterrompues qui ont secoué l’île comme un tremblement de terre.

Ce haut responsable, qui a demandé à rester anonyme car il abordait des questions sensibles, a affirmé qu’une attaque contre les infrastructures pétrolières et gazières de Kharg entraînerait l’arrêt immédiat d’une grande partie des exportations de pétrole iraniennes.

Cet article a été publié dans le New York Times.


Lisez la version originale (en anglais ; abonnement requis)

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