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Un choc entre deux gardiennes au sommet de leur art

Cette rencontre sera présentée dimanche à RDS2 à compter de 13 heures.

MONTRÉAL — Les sports collectifs sont souvent le théâtre de confrontations individuelles qui font saliver. On peut donner en exemple Patrick Roy contre Martin Brodeur dans la LNH des années 90, Tom Brady face à Peyton Manning dans la NFL au tournant du 21e siècle ou un affrontement au monticule entre Justin Verlander et Max Scherzer au sommet de leur art, il y a une dizaine d’années. Un duel de ce genre est à prévoir dimanche après-midi à Laval.

Dans ce qui est certainement le match le plus attendu de la saison de la Ligue professionnelle de hockey féminin, la Victoire de Montréal accueillera le Fleet de Boston à la Place Bell.

Ce sera d’abord un rendez-vous entre les deux clubs de tête de la LPHF, le Fleet (9-4-2-3 – 37 points) détenant une avance de deux points sur la Victoire (9-4-0-5 – 35 points) avec 12 rencontres à jouer de chaque côté avant la fin de la saison.

Ce sera aussi un premier choc entre ces deux formations depuis le 23 novembre, lorsqu’elles ont lancé leur troisième saison d’existence dans un match qui s’est conclu par un gain de 2-0 du Fleet au Tsongas Center. Deux autres affrontements sont au calendrier en avril, dont le premier de l’histoire du Fleet au TD Garden, le domicile des Bruins dans la LNH, qui sera présenté à guichets fermés le 11 avril.

Surtout, ce devrait être l’occasion pour les spectateurs – si le mauvais sort ne touche pas l’une ou l’autre d’ici là – d’assister à une confrontation devant le filet entre la Québécoise Ann-Renée Desbiens et l’Américaine Aerin Frankel, qui représentent la crème de la LPHF à cette position vitale et qui sont fort probablement les deux meilleures gardiennes de but au monde en hockey féminin en ce moment.

Dans un circuit où les gardiennes de but jouent très souvent un rôle prépondérant dans les succès de leur équipe, Desbiens et Frankel se sont hissées dans une autre stratosphère. Tellement, en fait, qu’il n’est pas exagéré de dire qu’elles représentent, à l’heure actuelle, les deux plus sérieuses candidates au titre de joueuse la plus utile à son équipe dans la LPHF. Si l’une d’elles devait finir première au scrutin, elle deviendrait la première gardienne de but à mériter pareil honneur dans la ligue.

Si l’on s’arrête aux statistiques individuelles de la LPHF, Desbiens détient un mince avantage sur la gardienne de but du Fleet. Frankel compte une victoire de plus (12 contre 11), mais elle a aussi joué un match de plus que Desbiens (16 contre 15). Par ailleurs, les deux gardiennes ont inscrit quatre blanchissages chacune, soit plus de la moitié du total de 14 jeux blancs dans l’ensemble de la ligue en 2025-2026.

Desbiens affiche une moyenne de but alloué de 1,06, comparativement à 1,28 pour Frankel, et un taux d’efficacité de ,958 alors que celui de Frankel s’élève à ,949.

Ce qui ressort des statistiques de Desbiens, c’est le fait qu’elle n’a pas encore connu un seul match où elle a accordé plus de deux buts dans la LPHF cette saison. Dans le cas de Frankel, c’est arrivé trois fois, incluant une partie où elle a concédé quatre buts.

Invitée à expliquer les récents succès de la Victoire, qui a inscrit six gains consécutifs et neuf à ses 10 derniers matchs (7-2-0-1), l’entraîneuse-cheffe Kori Cheverie a rendu hommage aux unités spéciales, mais n’a pas pu passer sous silence le travail de Desbiens.

« Ann est meilleure qu’elle ne l’a jamais été, et je ne saurais trop vanter ses mérites. Je ne pensais pas qu’elle pouvait atteindre un nouveau niveau (de jeu), et elle l’a fait », a affirmé Cheverie après l’entraînement de ses joueuses, vendredi, à l’Auditorium de Verdun.

« Elle a toujours été une gardienne de but très compétitive, mais je pense qu’elle a encore rehaussé son niveau de compétitivité à l’entraînement et en matchs, ainsi que dans sa façon d’aborder le milieu professionnel. Elle est très assidue dans son travail. (…) Le fait qu’elle soit proche de la première place dans la plupart des catégories, ça veut tout dire », a aussi mentionné Cheverie.

De son côté, Desbiens explique les récents succès du club par un effort collectif.

« On a évidemment eu d’importantes contributions de Marie-Philip (Poulin) quand on en avait besoin. Et quand Marie-Philip produisait un peu moins, ce qui n’est pas très souvent, d’autres joueuses se sont levées et ont connu du succès aussi », a-t-elle d’abord mentionné

« Présentement, nos quatre lignes d’attaque peuvent nous aider. Nos défenseuses ont été extraordinaires à faire bouger la rondelle et à limiter les chances de marquer. Je pense que nous faisons vraiment attention aux détails », a ajouté Desbiens.

Si, comme prévu, Desbiens et Frankel sont dépêchées dans la mêlée dimanche après-midi, ce sera leur première confrontation depuis la finale du tournoi olympique féminin, que les États-Unis ont gagnée 2-1 face au Canada grâce au but en prolongation de Megan Keller, une autre joueuse du Fleet, le 19 février dernier à Milan.

Desbiens, qui s’était également inclinée face à Frankel le 23 novembre dernier, n’est jamais du genre à s’attarder sur le passé ni trop se projeter vers le futur.

« On comprend ce qui s’est passé aux Olympiques. Oui, je veux avoir le dessus, mais la saison régulière, c’est pour continuer de bâtir en route vers les séries et de s’améliorer en tant qu’équipe. »

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