Devenir propriétaire vire au casse-tête, entre surenchère et refus

Au départ, Malena Quintero et Javier Castrillon voulaient acheter un condo. Les frais de copropriété — souvent entre 400 et 500 dollars par mois — rendaient toutefois le projet trop lourd. Ajoutés à l’hypothèque, ils faisaient exploser leur budget. Le couple a donc réorienté ses recherches vers des jumelés ou des maisons unifamiliales, avec peu ou pas de frais de copropriété.
Le Soleil a accompagné Mme Quintero et la courtière immobilière Sara Abonce pour visiter deux maisons. M. Castrillon travaillait ce jour-là.
«Les maisons partent tellement vite qu’on ne peut pas attendre que les deux soient disponibles. On a déjà rédigé une promesse d’achat dans ma voiture en sortant d’une visite», explique Mme Abonce.
Jumelé en copropriété
Le premier arrêt mène à un jumelé construit en 2008, dans le quartier Neufchâtel–Est–Lebourgneuf. La cuisine, partiellement rénovée, affiche un style moderne. Deux chambres et la salle de bain se trouvent au sous-sol. La maison demeure petite, mais elle est clé en main.
«Contrairement à d’autres couples, les chambres au sous-sol ne les dérangent pas. Ils évitent d’être trop exigeants pour respecter leur budget», indique Mme Abonce.
La propriété s’affiche à 325 000 dollars et les frais de copropriété s’élèvent à 175 dollars par mois.
La maison lui plaît. La surenchère la décourage toutefois et l’oblige à revoir ses critères, malgré une préautorisation hypothécaire de 400 000 dollars.
«Je trouve ça incroyable de devoir payer autant à cause du marché actuel. On a offert 78 600 dollars de plus sur une maison, 65 000 sur une autre, et on a été refusés.»
— Malena Quintero
«Un vendeur a aussi refusé une offre au prix demandé parce qu’il espérait une surenchère. On a déposé 10 promesses d’achat jusqu’à présent», ajoute Mme Abonce.
Unifamiliale à rénover
Le groupe se rend ensuite dans le quartier Duberger–Les Saules pour visiter une maison unifamiliale construite en 1961. La propriété, affichée à 359 000 dollars, se situe dans un secteur central et recherché. En entrant, la réaction de Mme Quintero ne laisse place à aucun doute.
«C’est collé aux voisins. Il n’y a pas beaucoup d’intimité», lance-t-elle.
La maison nécessite plusieurs rénovations et une mise à jour complète. Cette perspective ne plaît pas à Mme Quintero, même si elle a accepté la visite.
«On la visite à cause du prix et parce qu’il faut suivre le marché. On ne sait jamais. Est-ce mieux de payer 359 000 dollars pour un jumelé clé en main? Ou 359 000 dollars ici et rénover progressivement? On ne peut pas ignorer une option sans la voir.»
— Sara Abonce
La courtière estime que le vendeur n’acceptera pas un prix inférieur, à moins que l’inspection révèle un problème majeur.
«Quand je suis entrée dans la première maison visitée aujourd’hui, je me suis sentie bien. Ici, je ne ressens pas ça», confie Mme Quintero.
Devenir propriétaire, oui. Mais pas à n’importe quel prix.
À lire demain: Petit guide des frais à budgéter pour l’achat d’une propriété




