News CA

Boralex étudie ses options stratégiques, l’action grimpe

L’action de Boralex a poursuivi sa progression mardi en Bourse après l’annonce lundi soir qu’un examen des options stratégiques était en cours chez le producteur québécois d’énergie renouvelable.


Publié hier à
7 h 06

La direction n’a pas précisé quelles solutions de rechange sont envisagées, mais une fermeture du capital n’a pas été exclue.

L’action de Boralex a gagné 8 % mardi pour clôturer à 33 $ à la Bourse de Toronto. Le titre a touché son plus haut niveau des 52 dernières semaines durant la séance, mais demeure néanmoins encore très loin de son sommet de 56 $ atteint il y a cinq ans.

Lundi, l’action de Boralex avait bondi durant la dernière heure de transactions pour clôturer en hausse de 9 % après la publication en fin de séance d’une dépêche par Bloomberg indiquant que l’entreprise considérait une transaction pouvant mener à son retrait de la Bourse de Toronto.

Un processus concurrentiel pourrait faire grimper la valeur de l’action, et les transactions précédentes dans le secteur laissent entrevoir une valeur potentielle de 36 $ à 40 $ par action pour Boralex si un accord devait se conclure, selon l’analyste Mark Jarvi, de la CIBC.

« Cet examen stratégique présente plusieurs similitudes avec la privatisation d’Innergex et démontre l’appétit persistant des capitaux privés pour les plateformes d’énergies renouvelables de haute qualité et à risque réduit », commente l’analyste Robert Hope, de la Scotia, dans une note envoyée à ses clients mardi.

Plus gros actionnaire de Boralex avec une participation de 15 %, La Caisse (de dépôt et placement du Québec) a racheté le producteur québécois d’énergie renouvelable Innergex l’année dernière à la suite d’un processus amorcé en 2024 après une manifestation d’intérêt d’une firme privée d’investissement.

Robert Hope rappelle que la possibilité d’une fusion entre Innergex et Boralex a fait l’objet de nombreuses discussions chez les investisseurs au fil des ans.

« La question est devenue de savoir si Boralex pourrait également être privatisée afin de créer un plus important développeur d’énergie renouvelable basé au Québec », dit Robert Hope.

Selon lui, si l’intérêt des investisseurs pour les titres boursiers d’énergies renouvelables demeure tiède, la présence établie de Boralex au Canada, en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni, conjuguée à son important portefeuille de projets de développement de 8,2 GW, pourrait en faire une cible de choix pour de grands fonds d’infrastructure ou des gestionnaires de caisses de retraire en quête d’investissements à moindre risque.

Robert Hope mentionne aussi que la guerre en Iran pourrait par ailleurs constituer un facteur favorable aux énergies renouvelables en Europe, compte tenu des préoccupations croissantes liées à la sécurité énergétique.

À la Financière Banque Nationale, l’analyste Baltej Sidhu soutient que l’évaluation boursière actuelle de Boralex ne reflète pas pleinement la qualité de son portefeuille d’actifs et ses perspectives de croissance.

Il ajoute que ce constat est d’autant plus pertinent au moment où le conflit en Iran démontre la nécessité de recourir aux énergies renouvelables pour assurer la sécurité énergétique.

Robert Hope juge que Boralex se trouve en position de force pour négocier et que le comité spécial peut se montrer patient.

Un rapprochement entre Boralex et Innergex pourrait générer d’importantes synergies stratégiques et opérationnelles, selon Baltej Sidhu, notamment sur le plan des zones géographiques communes et des portefeuilles de production complémentaires.

Il émet cependant des bémols compte tenu du double mandat de La Caisse alors que les synergies seraient probablement facilitées par une réduction des effectifs.

Outre La Caisse, Baltej Sidhu affirme que Brookfield, EQT, Global Infrastructure Partners, KKR et Macquarie sont tous des investisseurs susceptibles de démontrer un intérêt envers Boralex.

Interpellée par La Presse, La Caisse n’a pas souhaité réagir. « La société étant publique, nous ne commenterons pas le dossier », a simplement indiqué le porte-parole de l’organisation Jean-Charles Del Duchetto.

La direction de Boralex a précisé lundi soir que rien ne saurait garantir que l’examen des options stratégiques aboutira à une transaction et que l’entreprise continue de se concentrer sur sa stratégie d’affaires et sur l’amélioration de la valeur pour ses actionnaires.

Boralex a été fondée en 1982 par un groupe de gens d’affaires avant d’être achetée par Cascades en 1995. La Caisse est devenue le principal actionnaire de Boralex en 2017 après le rachat de la totalité des actions ordinaires de catégorie A détenues par Cascades.

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button