Poursuite contre Julie Snyder et Pénélope McQuade | Gilbert Rozon règle à l’amiable

En attendant la décision – imminente – de la juge Chantal Tremblay, qui doit se prononcer sur la responsabilité civile de Gilbert Rozon, accusé d’agression sexuelle et viol par neuf femmes, le fondateur de Juste pour rire a retiré sa poursuite en diffamation contre Julie Snyder et Pénélope McQuade, a appris La Presse.
Publié à
9 h 39
Mis à jour à
11 h 33
Une entente à l’amiable a en effet été signée entre les trois parties au cours des derniers jours, selon les informations obtenues par La Presse. Le procès devait commencer le 22 avril. Invité à commenter la fin de ces procédures, Gilbert Rozon n’a pas souhaité prendre la parole, affirmant simplement qu’un « communiqué serait publié bientôt ».
Dans un court texte publié sur ses réseaux sociaux jeudi, l’animatrice et productrice Julie Snyder a réagi à ce règlement en « espérant que les ressources de la Cour ainsi épargnées serviront à d’autres causes dont les victimes n’ont pas encore été entendues ». « Depuis près de six ans, je conteste cette procédure par voie d’une demande reconventionnelle pour abus de procédure en soutenant que ma dénonciation est légitime et véridique. »
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CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM DE JULIE SNYDER
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CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM DE JULIE SNYDER
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De son côté, Pénélope McQuade a réagi par communiqué en se disant soulagée de la fin des poursuites. « Mon combat judiciaire, commencé il y a près de 10 ans, prend fin aujourd’hui. Pour moi, c’est un chapitre important qui se clôt et je ressens un soulagement indescriptible. Mais ce n’est pas le cas pour toutes les victimes qui existent dans notre société et je demeure solidaire comme au premier jour de leurs souffrances et admirative de leur courage pour faire reconnaître ce qu’elles ont subi », a-t-elle écrit.
Gilbert Rozon avait déposé une poursuite en diffamation de 450 000 $ contre les animatrices Julie Snyder et Pénélope McQuade pour des propos « calomnieux, vexatoires et gravement diffamatoires » tenus à l’émission La semaine des 4 Julie le 29 septembre 2020.
Au cours de cette émission, l’animatrice Julie Snyder avait évoqué l’agression qu’elle dit avoir vécue à Paris en 1991, dans l’appartement de fonction de Juste pour rire. De son côté, Pénélope McQuade était invitée à discuter d’un texte paru dans le livre Libérer la colère. Elle avait déposé une plainte pour une agression qu’elle disait avoir subie en 1997.
PHOTO ÉDOUARD DESROCHES, ARCHIVES LA PRESSE
L’animatrice et productrice Julie Snyder
« Moi Pénélope, ce soir, grâce à toi, je vais libérer ma colère et je vais répondre à Gilbert Rozon, avait dit Julie Snyder en ondes, selon la retranscription que l’on retrouve dans la poursuite. Je t’en ai parlé cet après-midi vite vite que c’est toi qui m’avais donné ce courage-là. Moi je voudrais juste dire à Gilbert Rozon que j’ai pas pu lui dire non parce que c’est arrivé pendant que je dormais […] »
Ce segment entre les deux femmes était « une attaque planifiée, orchestrée et mise en scène » durant lequel elles « s’en sont prises directement à Gilbert Rozon », avait précisé l’avocat de l’ex-producteur dans sa poursuite déposée au palais de justice de Montréal en octobre 2020, peu de temps avant le début de son procès criminel pour viol et attentat à la pudeur (à l’endroit d’Annick Charette), à la suite duquel il a été acquitté.
Le lendemain, Julie Snyder avait accordé une entrevue à l’émission Le Québec maintenant, animée à l’époque par Patrick Lagacé, au cours de laquelle elle avait repris l’essentiel de ses propos. « Un élément déclencheur, c’est quand j’ai entendu Gilbert Rozon déclarer : je n’ai jamais fait l’amour à une femme qui m’a dit non. […] » pouvait-on lire dans la poursuite.
M. Rozon a toujours nié la version de Julie Snyder, alléguant plutôt que l’animatrice s’était présentée chez lui, à Paris, « sans avertissement ni invitation », « en pleurs parce qu’elle disait venir de rompre une relation avec le chanteur et acteur Patrick Bruel ».
Quant à Pénélope McQuade, qui a témoigné au procès civil de Rozon comme témoin de faits similaires d’une agression survenue dans les toilettes du Musée Juste pour rire, le fondateur de Juste pour rire niait catégoriquement avoir « approché physiquement » Mme McQuade, « encore moins l’agresser ».
En décembre 2021, mesdames Snyder et McQuade avaient tenté de mettre fin aux procédures, en soutenant que la poursuite en diffamation visait à les faire taire et qu’elle devait être considérée comme une poursuite-bâillon. Mais la Cour supérieure avait décidé de ne pas se prononcer sur le fond de la question, qui devait être débattue durant le procès pour diffamation au mois d’avril prochain.
Dans sa demande reconventionnelle, Julie Snyder affirmait que la poursuite de Gilbert Rozon était « une procédure abusive, manifestement mal fondée, excessive, déraisonnable et un détournement des fins de la justice ».




