La solution Drainville à la fin du PEQ: une clause de droits acquis pour 18 000 immigrants

Jusqu’à 18 000 immigrants victimes de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pourraient profiter de la voie rapide vers la résidence permanente si Bernard Drainville devenait premier ministre.
Mais attention, le candidat à la succession de François Legault a promis de réduire d’autant les entrées futures de travailleurs étrangers temporaires.
À quelques heures du second débat des aspirants chefs, Bernard Drainville met sa rivale au défi de dévoiler au grand jour le nombre de nouveaux arrivants supplémentaires admis si l’on réactivait temporairement le défunt PEQ durant deux ans, comme elle s’est engagée à le faire.
« Sa proposition fait nécessairement exploser le nombre d’immigrants. De combien ? Les membres ont le droit de savoir avant d’entendre le deuxième débat. C’est une information cruciale », fait-il valoir dans une déclaration transmise à notre Bureau parlementaire.
Dénoncée haut et fort par bon nombre d’étudiants et de travailleurs étrangers déjà intégrés, la disparition inopinée du programme a forcé les prétendants au trône caquiste à proposer une solution de rechange.
Secteurs prioritaires
Bernard Drainville s’est engagé à offrir aux immigrants arrivés avant la fin du PEQ et travaillant dans des domaines prioritaires (santé, éducation, secteur manufacturier, construction) une voie rapide vers le nouveau Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). S’ils avaient une maîtrise du français suffisante, ces travailleurs seraient privilégiés pour accéder à la résidence permanente, qui ouvre la porte à la citoyenneté.
« Et surtout, c’est un pour un. Chaque droit acquis accordé réduit d’autant les entrées futures. On diminue progressivement le nombre de travailleurs étrangers temporaires au Québec ».
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Sa vis-à-vis ressusciterait pour sa part le PEQ pour deux ans, question d’accorder une clause de droits acquis à ceux qui étaient au Québec au moment de sa fermeture. Dans cette période, Christine Fréchette a dit vouloir réduire le nombre d’invitations au PSTQ, le programme qui le remplace.
Le ministre Jean-François Roberge a été forcé de soumettre les deux scénarios à ses fonctionnaires pour analyse.
Capacité atteinte
« C’est chose faite ! Mon collègue m’a confirmé que ma proposition de droits acquis pour les travailleurs étrangers temporaires de la santé, de l’éducation, du secteur manufacturier et de la construction toucherait jusqu’à 18 000 personnes. »
Il affirme que les critères mis de l’avant par son opposante sont « beaucoup plus larges ».
« La capacité d’accueil du Québec est déjà atteinte. On ne peut pas supporter plus de nouveaux arrivants. Ce sont les réseaux de la santé et de l’éducation, chèrement payés par les Québécois, qui vont le plus en souffrir, tout en accentuant la crise du logement », insiste-t-il.
« Je demande à Christine Fréchette de rendre public le chiffre que Jean-François Roberge lui a transmis, comme je viens de le faire. »
Les thèmes de l’immigration et de l’identité sont au menu du second débat des aspirants au poste de chef de la CAQ, qui se tiendra à Laval samedi. Les deux rivaux croiseront également le fer sur la santé, l’éducation, la sécurité et le logement.
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