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LPHF : Plus de 80% des Québécoises payées sous la moyenne

Un article publié aujourd’hui sous l’ombrelle du Hockey News par l’auteur de ces lignes lève le voile, pour la toute première fois, sur les salaires de toutes les joueuses sous contrat de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) pour la saison 2024-2025.

C’est que depuis le mois de mai dernier, l’association des joueuses de la LPHF permet la divulgation des salaires à ses joueuses et à ses agents. Et même si on clame vouloir de la transparence du côté de l’association, ces données n’avaient jamais été rendues publiques auparavant.

Obtenues de source sûre et validées, on peut, entre autres, y apprendre que 69 % des joueuses sous contrat ont gagné moins que le salaire moyen de 56 650 $. Aussi, plus de 45 % de ces joueuses ont gagné 40 000 $ et moins.

Toutefois, pour les Québécoises, les statistiques sont encore plus inquiétantes.

En effet, 83 % des joueuses originaires du Québec ont reçu moins que la moyenne, 67 % ont gagné moins de 42 000 $ et la moitié ont reçu au maximum le salaire minimum.

Ce qu’il faut savoir, c’est que du lot, cinq Québécoises avaient signé un contrat de réservistes. C’est donc dire que leur salaire de base était de 15 000 $, mais lorsqu’elles signaient un contrat standard, elles étaient alors payées au prorata du salaire minimum de 36 050 $.

Bien comprendre certains salaires

Par exemple, si une joueuse signe un contrat standard et passe 20 jours avec l’équipe, elle sera payée au prorata du salaire minimum pour 20 jours sur le nombre total de jours dans le calendrier de la ligue.

Bien qu’elles soient listées à 36 050 $ chacune, on parle plutôt d’un salaire de base d’environ 20 000 $ pour les trois patineuses et d’un peu moins de 2500 $ pour Tricia Deguire. Cette dernière a aussi été rémunérée pour les pratiques auxquelles elle a participé à l’extérieur de son contrat. Dans le cas d’Alexie Guay, étant donné qu’elle a paraphé son entente le 12 mars, elle n’a reçu qu’une fraction des 15 000 $ prévus.

On parle ici de salaire de base seulement. Avec un contrat standard viennent évidemment certains avantages sociaux. De plus, certaines vont chercher une rémunération supplémentaire en représentant l’équipe lors de certains événements. Et il ne faut pas oublier que ces salaires sont en dollars américains, drôlement plus avantageux pour quelqu’un qui joue au Canada.

Poulin et Desbiens les mieux payées

Sans surprise, Marie-Philip Poulin est non seulement la Québécoise la mieux rémunérée, mais aussi la plus haute salariée de la ligue. En 2024-2025, son salaire s’élevait à 121 570 $. Elle l’a d’ailleurs bien rendu à son équipe en étant choisie la joueuse la plus utile et l’attaquante de l’année dans la LPHF.

De son côté, Ann-Renée Desbiens a reçu un salaire de 94 972 $, le plus élevé chez les gardiennes du circuit. Tout comme sa capitaine, elle a terminé la saison en étant choisie gardienne de l’année.

Poulin et Desbiens étaient également les deux plus hautes salariées chez la Victoire de Montréal, alors qu’on retrouve au troisième rang Laura Stacey avec un salaire de 89 874 $.

Encore le cas en 2026

Ce pourcentage de Québécoises payées en bas de la moyenne est encore, cette saison, une situation bien réelle.

Des 10 Québécoises dans la LPHF en ce moment, huit font moins que la moyenne, dont trois qui ont signé un contrat de réserviste.

C’est donc encore loin de la coupe aux lèvres pour les Québécoises qui tentent d’en faire un métier. Certaines doivent encore avoir un emploi à temps partiel ou un job d’été afin de mieux vivre.

Mark Walter a investi beaucoup d’argent dans la LPHF. Cette saison, les assistances sont en hausse, tout comme le prix des billets.

Bien que la convention collective prévoie des augmentations annuelles de 3 % sur le cap salarial, il s’agit tout de même d’un contrat de travail bon pour encore cinq ans. Espérons seulement que le partage des revenus et de meilleures conditions salariales seront au rendez-vous plus tôt que tard.

Voici, en terminant, les salaires de base des Québécoises pour la saison 2024-2025 :

  • Marie-Philip Poulin (Montréal) 121 570 $
  • Ann-Renée Desbiens (Montréal) 94 972 $
  • Élizabeth Giguère (New York) 55 000 $
  • Jade Downie-Landry (New York) 50 000 $
  • Alexandra Labelle (Montréal) 41 284 $
  • Emmy Fecteau (New York) 37 000 $
  • Catherine Dubois (Montréal) 36 050 $
  • Catherine Daoust (Montréal) 36 050 $*
  • Gabrielle David (Montréal) 36 050 $*
  • Kelly-Ann Nadeau (Montréal) 36 050 $*
  • Tricia Deguire (Montréal) 36 050 $**
  • Alexie Guay (Montréal) 15 000 $**

* Réserviste

** Libérée/signée au cours de la saison

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