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Iran: les mensonges et exagérations de Trump sèment la confusion

Parmi ses contradictions, il prétend que les États-Unis sont déjà en train de gagner la guerre, mais doivent envoyer des milliers de soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Il a fustigé d’autres pays pour ne pas aider les Américains avant de déclarer qu’il n’a pas besoin d’eux. Il a menacé de «réduire en cendres» les installations énergétiques iraniennes si le détroit d’Ormuz restait en grande partie fermé, tout en affirmant que les États-Unis n’étaient pas affectés par cela.

Leon Panetta, qui a servi sous des présidents démocrates en tant que secrétaire à la Défense, directeur de la CIA et chef de cabinet à la Maison-Blanche, a déclaré que la vérité est souvent la première victime d’un conflit armé.

«Ce n’est pas la première administration à ne pas dire la vérité sur la guerre. Mais ce président en a fait une approche quasi systématique. Sur tous les sujets, il ment d’une manière ou d’une autre sur ce qui se passe réellement et décrit en gros que tout va bien et que nous sommes en train de gagner la guerre.»

Michael Rubin, historien à l’American Enterprise Institute qui a travaillé comme conseiller sur l’Iran et l’Irak au Pentagone de 2002 à 2004, dit que M. Trump est le premier président de l’histoire récente à ne pas s’être imposé de limites rhétoriques.

«Cela crée donc bien sûr une grande confusion», avance-t-il.

Volte-face permanente

Pour ses détracteurs, le style du président est le signe d’une absence de stratégie cohérente à long terme. Mais pour lui, ces contradictions semblent être le but recherché, une méthode qui maintient ses adversaires — et pratiquement tout le monde — constamment sur le qui-vive.

Cette approche était évidente cette semaine, quelques heures avant qu’il n’annonce le deuxième report de la date limite imposée à l’Iran pour rouvrir le détroit. Interrogé sur ce qu’il comptait faire concernant cette date limite, Donald Trump a répondu qu’il ne savait pas et qu’il lui restait un jour avant de devoir se décider.

«À l’échelle de Trump, un jour, vous savez ce que c’est, c’est une éternité», a-t-il déclaré, déclenchant les rires de ses ministres.

Mais les investisseurs ne sont pas impressionnés. Les cours américains ont connu leur pire semaine depuis le début de la guerre. Pour certains au Capitole, cette attitude désinvolte est plus frustrante qu’amusante.

Gregory Meeks, principal démocrate de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, déplore que Trump «fasse des va-et-vient et se contredise constamment».

«L’administration improvise. Comment peut-on donc croire ce que dit le président?»

L’inquiétude des républicains est palpable à l’approche d’une pause de deux semaines à Washington. Le sénateur John Kennedy, de Louisiane, a déclaré que ses électeurs soutenaient ce que le président a fait.

«Mais la plupart de mes électeurs sont tout aussi, voire davantage, préoccupés par le coût de la vie», a-t-il convenu.

Le républicain Chip Roy qui siège à la commission budgétaire de la Chambre des représentants dit que ses électeurs étaient d’accord pour «faire sauter quelques trucs». Il exprime des réserves quant à la perspective d’un engagement de troupes au sol, ajoutant que l’administration n’a pas fourni suffisamment de détails lors des breffages destinés aux législateurs. Ces séances, dit-il, ne révèlent que des informations que l’on «lit dans les journaux».

Risque de désaffection

Les républicains soutiennent Trump, mais il y a des risques de désaffection.

Un sondage réalisé cette semaine par l’Associated Press-NORC Center for Public Affairs Research indique que le président risque de décevoir ses électeurs si les États-Unis s’engagent dans le type de guerre prolongée au Moyen-Orient qu’il avait promis d’éviter.

Bien que 63 % des républicains soutiennent les frappes aériennes contre des cibles militaires iraniennes, selon le sondage, seuls 20 % sont favorables au déploiement de troupes terrestres américaines.

Cela reflète les défis politiques qui attendent Donald Trump, qui n’a pas préparé le pays à un conflit outre-mer d’une telle ampleur. Si la guerre s’éternise ou s’intensifie, la pression sur les républicains pourrait s’accroître avant les élections de novembre alors que leur majorité au Congrès est menacée. Certains membres du parti ont déclaré que l’envoi de troupes terrestres constituerait une ligne rouge que le président ne devrait pas franchir.

L’administration aura également probablement besoin du soutien du Congrès pour obtenir 200 milliards $ supplémentaires afin de financer la guerre. Cette somme, que M. Trump a qualifiée de «bienvenue», alors même qu’il affirmait que la guerre «touchait à sa fin», ferait l’objet d’un vote difficile en toute circonstance. Mais elle présente des risques particuliers pour les républicains soucieux du budget en cette année électorale.

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