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Honoraires plafonnés: les pharmacies en colère contre le gouvernement du Québec

Québec veut encadrer les honoraires des pharmaciens, une mesure prévue dans un amendement au projet de loi 15. L’initiative fait vivement réagir les pharmaciens propriétaires, qui y voient une menace directe à leur gagne-pain. Ils préviennent même que certains services pourraient être compromis.

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L’imprévisibilité s’installe dans les pharmacies avec l’amendement au projet de loi 15. Le gouvernement provincial pourrait désormais contrôler les honoraires dans le privé, comme c’est déjà le cas dans le secteur public.

« Ça va venir contrôler les revenus que moi comme entrepreneur je peux avoir dans ma pharmacie. À ce moment-là je perds toute prévisibilité sur ça, ce qui m’empêche de me développer et d’investir », explique David Lapierre, pharmacien propriétaire au Familiprix Extra, à Chicoutimi-Nord.

De nouvelles responsabilités seront bientôt accordées aux pharmacies avec le projet de loi 67.

« Tout le monde dit bravo les pharmaciens vous êtes la première Ligne et d’un autre côté, on vient de dire au pharmacien qu’on va limiter les revenus. Donc moi, je ne pourrai pas offrir ces services-là à la population », souligne M. Lapierre.

« C’est impossible pour nous de prévoir quoi que ce soit de nouveau, même qu’il faut réviser nos activités actuellement. Possiblement qu’il faut revoir l’offre de service dans nos pharmacies, nos heures d’ouverture, diminuer l’accessibilité pour nos patients dans nos pharmacies. Dans certains cas on parle même de pharmacies qui pourraient fermer leurs portes », s’inquiète Geneviève Charbonneau, porte-parole de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

Un scénario préoccupant alors que le réseau de la santé est déjà sous pression.

« Depuis 9 h ce matin la porte est ouverte, les gens arrivent sans rendez-vous et viennent voir le pharmacien. Imaginez comment ça a une pertinence qu’on soit là pour eux. C’est une catastrophe cette chose-là. Il faut complètement retirer l’amendement », demande le pharmacien propriétaire.

« Les banques ne vont pas prêter de l’argent à des entrepreneurs si on ne sait pas s’ils vont rencontrer leurs obligations financières. C’est inacceptable de fonctionner, de prévoir une offre de service bonifiée si on ne sait jamais quand le gouvernement pourrait unilatéralement décider de couper notre source de revenus principale », dénonce Mme Charbonneau.

Dans ce contexte, les pharmaciens propriétaires se sont retirés des discussions.

« On était en négociation pour la partie publique, alors là comment on peut aller négocier comme association en ne sachant pas l’entièreté des revenus qu’on va avoir ? », se questionne David Lapierre.

« On n’a pas vu ça venir, on ne sait pas pourquoi c’est arrivé rapidement, un peu n’importe comment dans le projet de loi. On a été mis devant le fait accompli. On n’a jamais pu donner notre opinion là-dessus. L’idée ce n’est pas de prendre la population en otage, mais de revoir l’offre qu’on pourrait bonifier », dit la porte-parole de l’AQPP.

Pour faire pression, plusieurs pharmacies ont écourté leurs heures de service en fermant leurs portes à 18 h plutôt qu’à 20 h.

Pour visionner le reportage, cliquez sur la vidéo ci-dessus.

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