Une victoire haute en couleurs pour les Remparts
Puis, la magie a opéré pour les locaux. Nikita Ovcharov a fait mouche en avantage numérique, et Cal Uens a mis le feu au Centre Vidéotron en portant la marque à 3 à 2 Remparts avec 1 minute 12 secondes à jouer.
C’était avant que le défenseur visiteur, Marcus Kearsey, ne crée l’égalité avec 16 secondes à jouer, et que Cal Uens, encore lui, ne clôt le débat avec 1,3 secondes à faire à la partie.
Ce deuxième but de l’Ontarien a donné les devants 2 à 1 aux Diables rouges dans la série, qui se poursuivra à Québec, mercredi soir (19 h).
Québec devra être meilleur
La fin de rencontre rocambolesque a contrasté avec l’allure plutôt drabe des deux premières périodes.
«Notre façon de jouer en début de match a affaibli mes émotions! blaguait Éric Veilleux. Ça ne peut pas arriver en séries éliminatoires. Je dirais même que c’étaient nos deux pires périodes des trois matchs. On devra vraiment être meilleur demain. On n’a pas le choix!»
Le pilote de 54 ans n’en revenait pas à quel point ses hommes avaient été «hésitants» lors des 40 premières minutes de jeu.
Un spectacle somnifère qui a laissé les 7872 spectateurs de marbre par moment. «On ne voulait pas se faire pogner à contre-pied, a déploré Veilleux. On ne donnait pas grand-chose, mais on ne créait rien…»
Ses ouailles se sont montrées sous un bien meilleur jour en troisième période. Les pénalités à Tyler Puddle (une double mineure pour bâton trop élevé) et Dylan MacKinnon (chassé pour avoir retardé le jeu) ont aidé!
«Comme toutes les équipes, nous avons vécu nos hauts et nos bas en supériorité numérique, mais notre seconde unité de jeu puissance est allée chercher un très gros but [celui d’Ovcharov] ce soir et depuis le début de la série», a reconnu le héros de la soirée, Cal Uens, avec un doublé.
Éric Veilleux, qui en a vu d’autres à Shawinigan, Baie-Comeau et Halifax, où il a dirigé dans la LHJMQ, est demeuré impassible du début à la fin derrière son banc.
Même lors du but qui donnait les devants aux siens avec un peu plus d’une minute à jouer!
«Ce n’est pas mon premier rodéo, souriait-il après la rencontre. On a beau le dire aux joueurs, des fois, mais ça passe dans le vide. Je les ai vus sauter [sur le banc]. Ça m’est déjà arrivé à Baie-Comeau. On perdait 3 à 0 [contre Val-d’Or dans le septième match de la finale de 2014] et on a créé l’égalité 3 à 3, mais [on a quand même fini par perdre le match].»
Privé de ses deux meilleurs éléments, le Russe Ivan Ryabkin (suspendu) et de son marqueur de 47 buts en saison régulière, Nathan Leek (blessé), l’entraîneur-chef des visiteurs, Jim Hulton, refusait de déprimer en consultant la feuille de pointage.
Les deux buts accordés en fin de match sont certes crève-cœur, mais au final, la formation de Charlottetown n’a subi qu’une seule défaite.
Jusque dans les dernières secondes de la rencontre, ses hommes ont exécuté à perfection le plan de match établi en fonction de ce duel impair, le premier d’une série de trois dans la capitale: jouer un match de route sans fla-fla, mais efficace.
«Je ne crois pas au momentum en séries, plaidait sérieusement Hulton. En séries, chaque match est une nouvelle histoire. Mes joueurs réalisent bien qu’on était très près de la victoire, sans deux de nos meilleurs joueurs. Nous allons retrouver Ryabkin demain [mercredi] et tout le monde comprend l’importance de cette partie.»
Un point de vue que n’allait certainement pas remettre en question Éric Veilleux, qui n’a toujours pas gagné de série en trois ans passés dans le plus gros marché de hockey junior au pays.
«Que ce soit un gain de 8 à 1 ou de 2 à 1, un match gagné avec une seconde à jouer ou à 10 secondes de la fin, il n’y a rien qui change pour moi, insistait l’entraîneur des Remparts. Une game de hockey, c’est une game de hockey. En séries éliminatoires, le pointage et la façon d’y arriver, ça ne compte pas!»




