Décollage réussi: quatre astronautes sont en route pour faire le tour de la Lune

Décollage réussi ! Les quatre membres de l’équipage de la mission Artemis II de la NASA, qui sera le premier à faire le tour de la Lune en plus de 50 ans, sont arrivés sans encombre en orbite autour de la Terre mercredi soir.
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« Ici Jeremy, nous y allons pour l’humanité », a lancé l’astronaute canadien à bord de la fusée, Jeremy Hansen, quelques minutes avant la mise à feu.
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Cette annonce sur les ondes radio a été accueillie par des cris de joie et des applaudissements aux bureaux de l’Agence spatiale canadienne à Longueuil, où près de 200 personnes étaient réunies pour assister au décollage historique, présenté en direct.
La soirée était animée notamment par l’astronaute David Saint-Jacques, qui a lui-même participé à une mission de 204 jours dans la Station spatiale internationale de 2018 à 2019.
« Je ne vous dirais pas que je suis excité. Je suis, moi aussi, un peu dans ma bulle. Je suis de très près tout ce qui se passe pour les préparatifs du lancement et je suis conscient de tous les dangers que ça représente, malgré qu’on fasse tous les efforts possibles. Moi, personnellement, la tension va se relâcher le jour où je vais les voir arriver avec un parachute », a-t-il lancé en entrevue avec Le Journal, près de 1h30 avant le décollage.
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Tension et fébrilité
La fébrilité se faisait sentir chez les spectateurs alors qu’on voyait les secondes s’égrainer au décompte affiché sur l’écran géant jusqu’au lancement à 18 h 35.
Photo Antoine Lacroix
On a tout de même senti David Saint-Jacques et tout le public très excité pousser un petit soupir de soulagement en voyant la capsule Orion se détacher, comme prévu, des immenses réservoirs de la fusée SLS, qui l’a propulsée dans l’espace et placée en orbite terrestre.
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Auparavant, l’astronaute mâchait sa gomme avec plus de force que Martin St-Louis derrière le banc du Canadien de Montréal.
« Il y avait comme un trop-plein d’anticipation, a-t-il décrit. C’était beau à voir à quel point c’était solennel, comme dans une église… c’était émouvant. […] On a senti que c’était quelque chose de surhumain qui se produisait. »
Fierté canadienne
Selon l’astronaute, c’est « une grande source de fierté pour le pays » que le Canada fasse partie de cette grande aventure vers la Lune.
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« En ce moment, il y a beaucoup de raisons d’être inquiet, notamment à cause de la géopolitique. C’est bon d’avoir un événement comme ça qui nous rassemble tous, simplement comme terriens, a-t-il estimé. Moi je viens de la génération Apollo, mes enfants sont maintenant de la génération Artemis.
Il a rappelé que le Canada avait joué un grand rôle dans la préparation de la mission Artemis II.
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« C’est le reflet de décennies du génie aérospatial canadien qui livre la marchandise, avec la robotique spatiale jusqu’aux contrôleurs à Houston. On est dans le grand club, c’est une réputation qu’on a bâtie », a-t-il insisté.
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Direction Lune
Vêtus de leur combinaison orange ceinturée de bleu, les Américains Victor Glover, Christina Koch et Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen vont rester autour de la Terre pour réaliser une série de tests. Ce dernier deviendra le premier non-Américain de l’Histoire à se rendre aussi loin dans l’espace.
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Ils prendront jeudi la direction de la Lune, située à plus de 384 000 kilomètres de la Terre – soit mille fois plus loin que la Station spatiale internationale.
Leur mission, d’une durée totale de 10 jours, vise avant tout à s’assurer que cette fusée haute de 98 mètres et non réutilisable puisse acheminer des astronautes sur la surface lunaire d’ici 2028.
« Ça va devenir des missions de plus en plus complexes. Là, on va apprendre comment vivre à l’extérieur de la Terre. Et le but ultime : c’est Mars », a conclu David Saint-Jacques.




