Travailler après la retraite: «Ça ne vaut pas la peine, je donne tout à l’impôt»

Fatigué de se faire manger la laine sur le dos, un retraité de Mont-Saint-Hilaire qui continue de travailler quelques heures par semaine songe à tout laisser tomber parce qu’il trouve l’impôt trop gourmand.
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« Tant que la santé est bonne, je continuerais, mais je me dis que ça ne sert à rien, car je donne tout à l’impôt », déplore Michel Pelletier, 67 ans, en entrevue avec Le Journal.
Michel Pelletier, 67 ans, un retraité de la BMO qui travaille quelques heures par semaine chez Canadian Tire, mais qui arrêtera peut-être parce qu’il est pénalisé par l’impôt. Otterburn park, 1 avril 2026. PIERRE-PAUL POULIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal
Depuis qu’il a pris sa retraite comme directeur de compte à la Banque de Montréal, M. Pelletier travaille une douzaine d’heures par semaine dans une quincaillerie à quelques minutes de chez lui.
« Ça permet de socialiser et de garder la forme », explique-t-il.
Le hic, c’est que le petit revenu supplémentaire qu’il en tire lui coûte un peu cher à son goût.
Des pieds et des mains
Pour éviter d’être trop « pénalisé », le sexagénaire a demandé que plus d’impôt soit prélevé sur son salaire. Il tâche aussi de réduire son revenu imposable en continuant de cotiser à son REER à raison de 4500 $ par année, évidemment sans rien décaisser.
M. Pelletier croyait ainsi s’en tirer à bon compte. C’était sans compter les modifications importantes que le gouvernement du Québec vient d’apporter au crédit d’impôt pour prolongation de carrière.
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal
« J’ai eu une surprise : avant, j’avais droit à un crédit d’impôt de 1500 $. Ça a fondu à seulement 400 $. Ça fait une bonne différence », se désole-t-il.
« Qu’est-ce que ça va être quand je vais être obligé de décaisser mes REER ? » reprend-il, tout bas, après avoir marqué une pause.
« Il me semble que le gouvernement devrait faire quelque chose pour aider les aînés qui veulent continuer de travailler sans se faire ronger par l’impôt », ajoute-t-il.
Un pensez-y-bien
Si l’on prend les choses d’un point de vue strictement financier, le choix de continuer de travailler après la retraite est un pensez-y-bien.
Outre les conséquences fiscales qui peuvent survenir si un revenu supplémentaire nous fait passer d’un palier d’imposition à un autre, certaines rentes gouvernementales sont amputées en fonction des revenus nets.
C’est le cas, par exemple, de la Pension de la sécurité de la vieillesse du fédéral, qui est réduite du moment que les revenus nets (ce qui inclut le fonds de pension, la Régie des rentes, et le salaire, le cas échéant) atteignent 93 454 $ (2025).
Une autre prestation, le Supplément de revenu garanti, est perdue en totalité du moment que les revenus pour une personne seule dépassent 22 512 $.
Fort heureusement, les prestations de la régie des rentes du Québec (RRQ) ne diminuent pas même si vous avez des revenus de travail.
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