Trump a-t-il une maladie mentale ? Normand Lester et Joseph Facal répondent à la question

Nos chroniqueurs Normand Lester et Joseph Facal répondent à la question que plusieurs se posent au sujet du président américain, Donald Trump, en raison de ses nombreuses sautes d’humeur et volte-faces. Donald Trump a-t-il une maladie mentale ? Voici ce qu’ils en pensent :
L’opinion de Normand Lester
Normand Lester Archives
Le narcissisme monomaniaque ostentatoire de Donald Trump est de plus en plus alarmant. Dans sa guerre au Moyen-Orient, avant de faire marche arrière, il a menacé de détruire la civilisation et de renvoyer l’Iran à l’âge de pierre… ou en enfer.
Les services secrets des principaux pays de la planète ont des spécialistes chargés de suivre la détérioration de son état mental pour savoir comment ses carences cognitives influencent son leadership et ses processus décisionnels.
Leurs évaluations de la démence de Trump sont évidemment classées avec la plus haute cote sécuritaire. Mais d’ex-employés d’agences de renseignement, étrangères et américaines, ont fait des révélations à ce sujet dans les médias, souvent sous le couvert de l’anonymat.
Un débat existe parmi les experts quant à l’importance relative de son déclin cognitif et de ses traits de personnalité problématiques pour expliquer ses comportements erratiques. Les évaluations des services de renseignement sont maintenant sûrement produites avec l’assistance de l’intelligence artificielle.
Un narcissique malveillant
La plupart des experts, comme l’ancien profileur de la CIA Jerrold Post, priorisent son narcissisme comme le trait dominant de sa personnalité. Il a un besoin maladif d’admiration, d’éloges et une hypersensibilité à la critique.
Comme il a tendance à se sentir persécuté, ses adversaires anticipent qu’il réagira très négativement à tout ce qui remet en cause son autorité : un bon moyen pour eux de déclencher chez lui ses réactions de déséquilibré est de le provoquer.
Ses partisans tiennent compte dans leurs relations avec lui de son besoin insatiable d’approbation et de louanges. Il privilégie la loyauté personnelle à cause de ses profondes insécurités.
Dans mon livre Stupides et dangereux. Les États-Unis à l’ère de Trump, je cite le psychologue Erich Fromm, qui a inventé le terme « narcissique malfaisant », un trouble mental qu’il décrit comme étant la « pathologie la plus grave, incitant celui qui en est touché à des actes de destructivité vicieuse et inhumaine ».
Trump est un mélange extrême de trouble de la personnalité narcissique antisociale, d’agressivité et de sadisme. Le narcissique malfaisant sape les organisations dans lesquelles il est impliqué et déshumanise les personnes auxquelles il s’associe.
Mission impossible
Un nombre grandissant d’élus du Congrès appellent les membres de son cabinet à invoquer le 25e amendement de la Constitution pour démettre Trump à cause de sa démence, affirmant qu’il mène une guerre illégale et profère des menaces de crimes de guerre.
Les élus préviennent les militaires américaines qu’ils ne sont pas tenus d’obéir à des ordres illégaux.
Jamais les membres de son cabinet n’oseraient faire ça ! Et même s’il le faisait, Trump aurait probablement le vote d’une majorité du Congrès pour se maintenir au pouvoir.
Quant à l’impeachment, Trump a fait face à deux reprises durant son premier mandat à une procédure de destitution du Congrès. D’abord pour abus de pouvoir en 2019 et en janvier 2021 pour incitation à l’insurrection. Il est le seul président américain à avoir été acquitté deux fois par le Sénat.
L’opinion de Joseph Facal
Jospeh Facal Archives
Mardi, Trump disait : « Une civilisation entière va mourir ce soir. »
Le soir même, il annonce un cessez-le-feu.
La civilisation perse a encore quelques jours devant elle.
Fiou.
Inédit
Non, pas « fiou » du tout. Pas « fiou » pantoute.
Ben voyons, diront certains, vous y avez cru ?
C’était la classique tactique de négociation du super-promoteur immobilier de Manhattan.
Il menace de tout casser, arrache quelques concessions, recommence à menacer, et ainsi de suite.
Il ne faudrait plus s’énerver. On s’est habitués. C’est un narcissique, il veut de l’attention. Circulez, il n’y a rien à voir.
Non, non et non.
Il y a les bouffonneries et les outrances, et puis il y a ceci.
On est ici dans autre chose.
Menacer de rayer de la carte une civilisation, c’est une position génocidaire.
Imaginez un couple dans lequel un des partenaires dirait à l’autre : « Tu fais ce que je dis ou je te tue ».
Imaginez un inconnu dans la rue qui vous dirait cela.
Dans le Code criminel canadien, l’article 264.1 l’interdit en toutes lettres.
Évidemment, nous sommes ici dans le domaine des relations internationales, où le droit cède toujours devant la force brute.
Mais dans le cas présent, la force brute vient d’où exactement ?
De la puissance militaire américaine ? Pas exactement.
Au milieu des années 90, un livre est paru et a fait grand bruit.
Il s’intitulait Ces malades qui nous gouvernent.
Les auteurs, Pierre Accoce et Pierre Rentchnick, expliquaient les maladies graves dont souffraient d’importants dirigeants politiques à des moments cruciaux de notre histoire.
Roosevelt est très malade à Yalta, en 1945, quand les vainqueurs de la guerre se repartagent le monde en zones d’influence.
Kennedy est dans son lit, très affaibli, pendant une bonne partie de la crise des missiles de Cuba de 1962.
La paranoïa absolue alimentait la rage meurtrière de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi.
Plusieurs dirigeants de l’ex-URSS étaient carrément séniles, mais contrôlaient un arsenal nucléaire faramineux.
La liste est interminable.
Évidemment, plus un régime est totalitaire, plus on peut cacher la vérité.
Si on a des yeux et des oreilles, il est devenu clair qu’il faut carrément s’interroger sur le déclin accéléré des facultés mentales de Trump.
En fait, au-delà de l’interrogation, on doit commencer à répondre par l’affirmative.
Jusqu’à il y a peu, il était incohérent, excessif, grossier, contradictoire, tout ce que vous voulez, mais il ne menaçait pas de rayer de la carte une civilisation au complet.
Incapable
Le 25e amendement de la Constitution américaine prévoit notamment la possibilité de remplacer le président lorsque le vice-président et une majorité des ministres ou du Congrès ne l’estiment plus capable d’assumer ses fonctions.
Mais on a très raisonnablement omis d’y insérer des critères médicaux précis.
Évidemment, cela n’arrivera pas.
La réalité est pourtant sous nos yeux.
La plus grande puissance du monde est gouvernée par un homme qui n’a plus toutes ses facultés mentales.



