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Chapelle ardente pour Rodger Brulotte | « C’était un vrai chum »

Monique n’allait rater pour rien au monde cette occasion de dire un dernier au revoir à Rodger Brulotte. Cette fan finie des Expos, qui n’a « manqué qu’un seul match de [sa] vie », était parmi les premières personnes arrivées au stade IGA. C’est là qu’était exposée en chapelle ardente la dépouille de celui qui a été la voix du baseball au Québec, jeudi.


Publié à
15 h 42
Mis à jour à
16 h 20

« Ah, mon Dieu, c’est un gars qu’on ne peut pas oublier ! lance la dame devant La Presse. Moi, je ne l’oublie pas, en tout cas. Tous les jours, je lui dis bonjour. »

Nous l’avons ensuite revue, à l’intérieur, donner un câlin à Youppi!, puis saluer chaleureusement Pascale Vallée, veuve de Rodger.

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Isabelle Brais et François Legault, dont c’était l’une des dernières apparitions publiques à titre de premier ministre du Québec

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Charles Milliard (à gauche), chef du Parti libéral du Québec, et Enrico Ciccone (au centre), député de Marquette

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierrre Plamondon

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Des chandails des Expos, du Canadien et des Alouettes portant le nom de Rodger Brulotte

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    Youppi! et Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité publique du Québec

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Pascale Vallée, veuve de Rodger Brulotte

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Claude Raymond enlacé par Enrico Ciccone, député de Marquette

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Michel Bergeron, ancien entraîneur-chef des Nordiques de Québec et des Rangers de New York

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    La ministre Caroline Proulx, députée de Berthier

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Pascale Vallée, Pascale Bourbeau et Pierre Karl Péladeau

  • PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Gilles Duceppe, ancien chef du Bloc québécois

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Ces signes d’affection pour Brulotte et ses proches se sont répétés à plusieurs reprises, jeudi, alors que de nombreux partisans de sports et dignitaires ont été invités à venir saluer une dernière fois l’ami de tout le monde. Évènement qui avait lieu à l’endroit même où tout a commencé pour le baseball des Expos à Montréal.

Les personnalités en ont profité pour partager leurs souvenirs du bon Rodger, comme autant de balles de coups de circuit attrapées à l’extérieur des frontières du terrain de baseball.

À commencer par le premier ministre François Legault, accompagné de sa femme Isabelle Brais.

Isabelle m’a fait un des plus beaux cadeaux de fête, il y a quelques années. Elle avait invité Rodger Brulotte à la maison, avec Michel Bergeron, et quelques commentateurs sportifs. Pendant des heures, on a jasé de sports ! […] Je pense que beaucoup de Québécois ont eu une vie plus belle à cause de Rodger Brulotte.

François Legault, premier ministre du Québec

Michel Bergeron, les yeux et la gorge remplis d’émotion, a eu de la difficulté à s’en défaire lorsqu’il s’est adressé aux médias rassemblés.

Je m’attendais à ce que ce soit émotif. Mais là, la réalité nous frappe en plein visage. J’ai de la difficulté à prendre le dessus depuis la mort de mon chum. […] C’était un vrai chum, un frère, un confident. Dans les moments difficiles, il était toujours là.

Michel Bergeron, ancien entraîneur-chef des Nordiques de Québec et des Rangers de New York

Bergeron a vécu sa vie au côté de Rodger. « On passait nos étés au golf. On jouait l’un contre l’autre. On se chicanait. On gageait, on se traitait de toutes sortes de choses. Puis le lendemain, on se rappelait pour savoir à quelle heure on jouait. »

Ménick Perazzino, le « barbier des sportifs », recevait la visite de Rodger « presque tous les jours » à son salon, rue Masson. « Il me téléphonait tous les matins, à 7 h 30, depuis 40 ans. Tous les matins. C’était la routine, le départ de la journée. Il me mettait de bonne humeur. Les journées où je n’étais pas de bonne humeur, il replaçait ça, puis ça allait bien ! »

« Je ne voulais pas manquer Rodger ! »

Politiciens et personnalités se sont succédé devant les micros. Mais Rodger, c’était aussi, et surtout, un homme du peuple. Ce n’est pas pour rien que la file de gens de tous les âges était longue comme ça pour venir lui rendre hommage, jeudi.

« J’allais voir les matchs de baseball avec mon père », nous dit Josée Leonardo. Elle était accompagnée de son paternel, Richard, habillé de la tête aux pieds en uniforme des Expos.

« J’avais 10 ans, raconte Josée, qui portait un chapeau de cowboy à l’effigie de l’équipe montréalaise. Je suis tombée face à face avec Rodger. J’ai dit : “Bonsoir, elle est partie !” Et il a signé ma balle. »

Stéphane Demers porte lui aussi un chandail des Expos. « On l’adorait, nous a expliqué ce fan de balle. C’était la voix du baseball au Québec. Quand j’allais au stade, j’emmenais mon walkman dans mes oreilles. Je ne voulais pas manquer Rodger, je voulais l’écouter ! »

Même Youppi! a pris le temps de se recueillir devant le cercueil de l’un de ses pères créateurs.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Youppi!

« Peut-être un flambeau à reprendre »

La mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada a avancé que la métropole québécoise va tenter de trouver un moyen de « reconnaître » Rodger Brulotte « à la hauteur de ce qu’il a été pour Montréal », mais aussi « en respect des souhaits de la famille ».

On a une commission de la toponymie. Je pense qu’il mérite qu’on le reconnaisse. Trouvons la meilleure chose.

Soraya Martinez Ferrada, mairesse de Montréal

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, a notamment salué son apport à la « francisation du baseball », qui a permis aux Québécois de « vivre la beauté du sport » en nous amenant « les Expos en français ».

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s’est dit « nostalgique » de l’époque des Expos. « J’espère qu’un jour, le Québec aura ses équipes sportives comme il se doit. Il y a peut-être un flambeau à reprendre. »

Souhaiterait-il travailler pour un retour du baseball professionnel à Montréal ?

C’est une ambition légitime. Je suis du côté ambitieux pour le Québec. Je pense qu’on devrait être un pays normal, avec nos équipes normales. J’ai cette ambition qu’un jour on revoie de la balle au Québec, qu’on ait les Nordiques comme il se doit pour notre bonne vieille rivalité Canadien-Nordiques, qui fait partie de notre patrimoine.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, à propos du retour du baseball professionnel à Montréal

Le patrimoine des Expos était d’ailleurs à l’honneur, jeudi. Claude Raymond, portant fièrement l’uniforme de l’équipe pour laquelle il a été joueur et instructeur, a rappelé à quel point Rodger Brulotte était un « joueur de tours ».

« On perd un gros, gros morceau, a dit Raymond. On a eu tellement de plaisir ensemble. Il nous en a joué des tours, mais on s’est aussi repris souvent ! »

Enrico Ciccone, député libéral de Marquette, a quant à lui parlé d’un « gars qui avait un cœur gros comme la Terre ».

C’est un monument qui ne sera jamais, mais jamais remplacé.

Enrico Ciccone, député libéral de Marquette

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