Mon amour, c’est pour le restant de mes jours | Dompter la bête

Désolé, votre navigateur ne supporte pas les vidéos.
Dans Mon amour, c’est pour le restant de mes jours, la documentariste André-Line Beauparlant braque sa caméra sur l’homme de sa vie, le cinéaste Robert Morin.
Publié hier à
7 h 30
Depuis son premier long métrage documentaire, Trois princesses pour Roland (2000), André-Line Beauparlant (Panache, Pinocchio) tourne des films sur sa famille, sur des êtres qui lui sont chers. Après 30 ans de vie commune et de collaboration artistique avec Robert Morin, il allait de soi qu’elle prenne pour sujet l’homme qu’elle a rencontré sur le tournage de Windigo (1994).
Or, bien qu’ayant joué à quelques reprises dans ses propres films (Yes Sir ! Madame…, Petit Pow ! Pow ! Noël), Robert Morin, photogénique au demeurant, n’aime pas trop se retrouver devant l’objectif d’une caméra ni se prêter à l’exercice de l’interview. Cela se ressent dans Mon amour, c’est pour le restant de mes jours, où il apparaît tantôt bougon, tantôt blagueur, mais toujours authentique.
Habitué à signer la direction photo des documentaires de sa compagne, qui elle-même a été directrice artistique sur plusieurs de ses films, le cinéaste ne peut s’empêcher de la conseiller sur la manière de manipuler une caméra. Si elle oublie parfois d’en changer la pile au milieu d’une confidence, André-Line Beauparlant ne s’en laisse pas imposer par son partenaire. Cela donne au documentaire des moments tour à tour tendres, comiques et maladroits.
PHOTO FOURNIE PAR MAISON4TIERS
André-Line Beauparlant dans Mon amour, c’est pour le restant de mes jours
Derrière la simplicité désarmante de la démarche se cache une femme en crise de couple qui tente de comprendre cet artiste qu’elle admire, d’entrer en contact avec lui par leurs œuvres interposées, de le traquer tandis qu’il vit l’un des tournages les plus éprouvants de sa carrière, celui de Festin boréal. Une certaine tension traverse d’ailleurs Mon amour, c’est pour le restant de mes jours.
D’une voix douce, André-Line Beauparlant adresse à l’homme de sa vie une vibrante lettre d’amour aux élans poétiques. Même si elle ouvre grand la porte sur leur intimité, qu’elle y révèle des faits très personnels, la réalisatrice, fidèle à elle-même, demeure respectueuse et pudique. En aucun temps on ne se sent voyeur devant ce portrait d’artiste atypique aux airs de making of.
Robert Morin affirmant que ses films parlent pour lui, la cinéaste a donc allègrement grappillé bon nombre d’extraits de Requiem pour un beau sans-cœur, Quiconque meurt, meurt à douleur, Le Nèg’, Les 4 soldats, Le problème d’infiltration… Les non-initiés risquent de perdre leur latin devant la profusion d’images sans titres ni dates. Confié au cinéaste Stéphane Lafleur (Viking), le montage, d’une fluidité exemplaire, s’avère à la fois ludique et révélateur. Et ce, sans la moindre tête parlante pour chanter les louanges de Robert Morin – ce qui l’aurait sans doute gêné.
Au fil de leurs échanges dans le confort de leur foyer ou dans les hostiles sentiers de neige du Festin boréal, André-Line Beauparlant et Robert Morin s’entretiennent sur divers sujets : leur couple, la nature de l’amour, la maladie, la mort… Sans oublier le cinéma, leur vocation, leur mode de vie, qui n’a rien de glamour. Ayant souhaité que Mon amour, c’est pour le restant de mes jours ressemble à son partenaire, la cinéaste est parvenue à signer un film qui leur ressemble.
Tandis que défilent les images de leurs œuvres respectives, que chacun tourne son film à sa manière, malgré les embûches de toutes sortes et les épreuves douloureuses, Mon amour, c’est pour le restant de mes jours se transforme en une bouleversante leçon de cinéma. Si André-Line Beauparlant qualifie son documentaire de « résolument féministe », elle pourrait également dire qu’il est résolument optimiste puisqu’il se termine avec un aperçu de leurs futures collaborations.
Documentaire
Mon amour, c’est pour le restant de mes jours
André-Line Beauparlant
André-Line Beauparlant, Robert Morin
1 h 36
En salle
Consultez l’horaire du film




