«Il faut arrêter de l’appeler le petit Caufield»: Marcel Dionne a vécu les mêmes préjugés que le nouveau marqueur de 50 buts du Canadien

Cole Caufield avait déjà un point en commun avec l’ancien attaquant étoile Marcel Dionne, puisque les deux suscitaient des doutes à leur arrivée dans la LNH en raison de leur petit gabarit. Maintenant, ils partagent quelque chose de bien plus grand, eux qui se retrouvent ensemble dans le club select des marqueurs de 50 buts en une saison.
• À lire aussi : Les marqueurs de 50 buts à 5 pieds 8 pouces ou moins : une denrée rare !
• À lire aussi : « C’est de toute beauté de voir ça » : Michel Goulet se doutait depuis un moment que Cole Caufield avait le potentiel de marquer 50 buts
• À lire aussi : Quand Michel Goulet a atteint les 50 buts à Québec… et à Montréal !
Caufield vient de réussir l’exploit pour la première fois de sa carrière, à 25 ans et à sa cinquième saison complète.
Dionne, du haut de ses 5 pi 9 po, un minime pouce de plus que Caufield, a brillé dans les années 1980 avec les Kings. Il a réussi six saisons de 50 buts ou plus. Il avait aussi 25 ans lorsqu’il a atteint ce plateau historique pour une première fois, à sa sixième saison dans la LNH.
Le hockey a évidemment bien changé depuis, mais malgré tout, les perceptions sont demeurées les mêmes.
D’hier à aujourd’hui, le potentiel des joueurs de petit gabarit est constamment remis en question.
« Moi aussi, les commentaires sur ma taille revenaient tout le temps. Vraiment, tout le temps ! » a rigolé le Drummondvillois, lorsque joint à son domicile de St. Catharines, en Ontario.
« Il faut arrêter de l’appeler “le petit Caufield”. C’est comme quand on parlait du “petit Dionne”. J’ai joué avec des gars de 6 pieds 4 pouces qui n’ont jamais été capables de compter 50 buts. C’est insultant un peu et personne n’aurait dit quelque chose de même à propos de Henri Richard. Pocket Rocket, avec ses 11 coupes Stanley, ça sonne mieux que le petit Richard », a martelé Dionne.
Styles différents
Dionne a d’abord évolué pendant quatre saisons à Detroit après avoir été le deuxième choix au total du repêchage de 1971 par les Red Wings.
Près de 50 ans plus tard, Caufield avait beau être reconnu comme un redoutable marqueur avec le programme américain des moins de 18 ans et dans la NCAA à l’Université du Wisconsin, il a glissé au 15e rang, principalement en raison des doutes concernant sa taille.
D’une certaine façon, Dionne se revoit en Caufield, même si les deux hommes ne jouent pas de la même manière.
« Des joueurs plus petits comme lui et moi, il faut s’organiser pour ne pas subir de blessures. Ça n’a pas toujours été évident à ses débuts, mais là, il sait exactement où il doit être avec Suzuki.
« Mon style de jeu était complètement différent parce que je jouais beaucoup avec la rondelle. Caufield, c’est avant tout un joueur qui a tout un lancer et qui a le don de toujours bien se placer », a analysé Dionne.
Maintenant, les séries !
Comme d’autres grands buteurs l’ont déjà fait remarquer, le plus difficile demeure à venir pour Caufield puisque les attentes peuvent devenir gigantesques.
Dionne en sait quelque chose. Non seulement les amateurs s’attendaient à ce qu’il continue de marquer régulièrement 50 buts, mais les performances en séries devenaient de plus en plus épiées.
Les Kings ont participé aux éliminatoires huit fois en 12 saisons avec Dionne, mais ils ne se sont jamais approchés de la coupe Stanley avec lui.
« Bien des gens me critiquaient à cause de ça, mais ils ne savaient pas de quoi ils parlaient. C’est un sport d’équipe. Tu as beau marquer 50 buts, mais en séries, le compteur retourne à zéro et ta performance doit être aussi bonne. Tu te retrouves avec moins d’espace, ça joue plus défensif, tout le monde finit ses mises en échec… C’est un gros ajustement », a-t-il expliqué.




