Cocktail météo: voici comment se forme une tornade

Une douzaine de tornades ont frappé lundi le nord des États-Unis, provoquant sur leur passage d’importants dégâts, avant de se déplacer vers le sud de l’Ontario pour se transformer en violent orage venteux.
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Si le Canada y a échappé ce coup-ci, le pays est loin d’être à l’abri de ce type d’intempéries étant le deuxième plus touché par les tornades dans le monde, après les États-Unis, avec une moyenne de 97 tornades par année, selon les données du Northern Tornadoes Project rapportées par le gouvernement du Canada.
Certaines ne durent que quelques minutes, mais d’autres peuvent perdurer pendant plus d’une heure, selon Parlons Science, un organisme pédagogique national sans but lucratif. Mais comment se forme une tornade ?
Qu’est-ce qu’une tornade ?
D’emblée, une tornade est une colonne de vent violent en forme d’entonnoir, qui se crée à la base d’un énorme nuage appelé le Cumulonimbus, selon l’Observatoire de physique du Globe de Clermont-Ferrand.
Ce puissant tourbillon d’air ascendant peut posséder un diamètre de 50 à 1000 mètres, qui peuvent ensuite se déplacer sur une distance variant entre 100 m et 10 km, peut-on lire.
La vitesse du vent dans une tornade peut atteindre de 100 km/h à 400 km/h, indique à son tour Parlons Science.
Conditions nécessaires
Une tornade ne peut se former que sous un cocktail météo particulier impliquant ces conditions particulières :
- de l’air chaud et humide présent au sol qui remonte vers les nuages orageux en condensation, en gagnant de la force ;
- de l’air froid et sec dans le ciel qui cherche à descendre au sol ;
- des vents qui cisaillent, c’est-à-dire qui soufflent à différentes hauteurs et dans différentes directions en créant des rouleaux de vent ;
- un orage particulièrement puissant, qu’on appelle « supercellule », qui est généralement accompagnée de vents forts, de la grêle et du tonnerre. Le nuage absorbera et conservera l’humidité du sol pour nourrir la tornade plus tard.
Formation de vortex
Selon Parlons Science, c’est lorsque toutes ces particularités se retrouvent au même endroit que s’enclenche alors le processus de formation d’un vortex, c’est-à-dire une rotation d’air qui se crée au sein de la tempête.
Ce tourbillon, qui ressemble à un nuage en entonnoir et s’appelle un « mésocyclone » selon l’organisme, attirera alors l’air frais et sec du ciel, qui s’enroulera autour du vortex avant d’amorcer sa descente vers le sol.
Ainsi, l’air chaud à l’intérieur du mésocyclone continuera de monter vers le ciel tandis que l’air froid descendra vers le sol, causant une instabilité et un resserrement du mésocyclone. Cela entraînera alors une rotation plus rapide des vents.
De mésocyclone à tornade
Pour que se forme la tornade, il faut alors que le mésocyclone atteigne l’humidité retenue par les nuages orageux dans le ciel, ce qui le nourrira suffisamment pour le transformer en véritable mur de nuage.
C’est au moment où le tourbillon touchera le sol qu’on l’appellera officiellement « tornade ».
Tornades au Québec
À l’échelle du Canada l’an dernier, c’est dans la province de Québec que le Northern Tornadoes Project aurait recensé le plus de tornades, avec un total de 24, selon un article de Météomédia daté d’octobre.
Depuis 2017, ce projet utilise les images satellites pour analyser les tornades, leurs trajectoires et les dégâts commis, même dans les zones plus éloignées de la population où elles peuvent parfois passer inaperçues. En 2025, cela aurait été le cas pour environ neuf d’entre elles dans la province québécoise.




