Un détenu aurait trafiqué des kilogrammes à partir de sa cellule avec un agent double

Depuis sa cellule de Bordeaux, un détenu aurait orchestré plusieurs transactions de drogues avec un téléphone introduit illégalement. Mais ce qu’il ignorait, c’est que la personne avec laquelle il planifiait les livraisons de drogue et les paiements d’argent était un agent double de la Police provinciale de l’Ontario (PPO).
Publié à
11 h 30
Mis à jour à
17 h 05
Les enquêteurs de la PPO ont ciblé Wilson Duarte-Rosario, 46 ans, et cinq de ses présumés complices ces derniers jours, à l’issue d’une enquête amorcée il y a environ un an contre un réseau de trafiquants de cocaïne et d’autres substances qui opéraient dans la ville de Cornwall et ses environs.
« La police a utilisé un agent de la Police provinciale de l’Ontario profondément infiltré dans le milieu du trafic de drogue et ayant une connaissance directe des activités criminelles de plusieurs trafiquants importants. Entre l’automne 2025 et le printemps 2026, des individus associés au projet REDLINE ont fait le trafic de grandes quantités – jusqu’à plusieurs kilogrammes – de substances contrôlées – à destination de cet agent », décrivent les enquêteurs dans un résumé au soutien de l’acte d’accusation.
Durant l’enquête, l’agent d’infiltration a pris part à quelques transactions et reçu des mains des suspects un kilogramme de cocaïne à quatre reprises, pour un total de quatre kilogrammes. Le policier a également versé des sommes variant entre 23 000 et 32 000 $ dollars, pour payer la drogue, et versé des frais de courtage de 2000 $.
« L’agent de police s’est rendu dans un stationnement à Montréal (Québec), où un homme non encore identifié l’a rencontré. Il a fourni le mot de passe “Taco” que Duarte-Rosario et sa conjointe ont transmis à l’agent de police, puis lui ont remis un kilogramme de cocaïne en échange de 31 500 $ », peut-on lire dans le document judiciaire. Des analyses réalisées par Santé Canada ont révélé que la cocaïne saisie était pure à plus de 89 %.
Toujours plus dangereux
Le groupe est aussi accusé d’avoir trafiqué d’autres substances.
« La conjointe de Duarte-Rosario a contacté l’agent de police pour discuter du prix de 20 000 comprimés de Dilaudid et de Percocet TEC contrefaits, ainsi que d’un kilogramme de cocaïne, affirmant que les profits serviraient à subvenir aux besoins de Duarte Rosario pendant son incarcération. Elle a rencontré l’agent de police et lui a fourni des échantillons de comprimés d’hydromorphone (Dilaudid) et de codéine (Percocet TEC) contrefaits. L’analyse en laboratoire a révélé que les comprimés d’hydromorphone contenaient un opioïde benzimidazole dangereux, plus précisément, du N-déséthylisotonitazène », précise le document.
Le N-déséthylisotonitazène, que Santé Canada a ajouté sur la liste des nouvelles substances psychoactives au pays en 2023, est un opioïde plus dangereux que le fentanyl.
Selon une courte recherche, Duarte-Rosario purge une peine de deux ans moins un jour pour une affaire d’agression armée avec lésions et d’enlèvement survenue vraisemblablement dans un contexte de violence conjugale, lorsqu’auraient été commis les crimes allégués de trafic de drogue.
Outre Duarte-Rosario, 46 ans, sa conjointe Clarisa Gil Corcino, 52 ans, Yandari Gil, 31 ans, Valentina Prieto-Gutierrez, 19 ans, Tyson Singfield, 39 ans, et Jimmy Sosa-Posada, 32 ans, tous des résidants de Montréal, sont accusés de trafic de cocaïne et autres substances, et de possession de biens criminellement obtenus d’une valeur supérieure à 5 000 $.
Parmi eux, Sosa-Posada a déjà été accusé de trafic de drogue en 2019, mais il a bénéficié d’un arrêt des procédures.
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