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Il a utilisé son père comme guichet automatique et l’a dépouillé de 90 000$

Un homme de la Rive-Sud de Québec vient d’être condamné à verser un peu plus de 100 000 $ à son père âgé et vulnérable, qu’il a dépouillé sans scrupule de ses économies par différents stratagèmes que le Tribunal des droits de la personne qualifie « d’apparentés à l’extorsion et au vol ».

Le dossier d’Éric Jacques suscite « l’indignation et la révolte », comme l’écrit à raison la juge Magali Lewis du Tribunal des droits de la personne dans une décision récente.

L’homme de Lévis a littéralement abusé de la vulnérabilité et du peu d’éducation de son propre père pour s’approprier près de 90 000 $. De ce montant, environ 17 000 $ proviennent de 41 chèques faits à son endroit, près de 47 000 $ découlent de retraits effectués avec la carte de guichet de la victime et près de 22 000 $ ont été portés au crédit de l’aîné.

Pour comprendre l’ampleur de l’abus vécu, le plaignant avait en 2018 près de 45 000 $ d’épargne, sans aucune dette. Quatre ans plus tard, il ne lui restait que 8000 $ d’économies, mais avec des dettes accumulées par son fils en son nom à hauteur de 26 000 $.

Éric Jacques avait été acquitté au terme d’un procès criminel, mais le Tribunal des droits de la personne a vu les choses d’un autre œil.

Contrôle de toutes sortes

Cette triste affaire en est une de contrôle.

Au-delà des finances de son père, Éric Jacques, anti-vaccin, a même tenté de l’empêcher de se faire vacciner lors de la pandémie, ce que l’homme a choisi de faire en cachette « pour éviter la confrontation ».

Ensuite, Jacques a utilisé son propre fils pour faire chanter sa victime, le menaçant souvent de limiter les visites de son petit-fils s’il ne recevait pas d’argent.

Éric Jacques a également profité d’une blessure de son père après une chute pour obtenir sa carte de guichet et son NIP pour l’aider à faire des achats. Après coup, 46 640 $ ont été retirés à partir de guichets automatiques, que la victime ne sait même pas comment utiliser.


Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

« À la question de savoir si son père était au courant de l’importance des sommes […], Éric répond qu’il appartenait à ce dernier de vérifier ses relevés pour le savoir », écrit le tribunal dans la troublante décision.

La juge Lewis écrit avec justesse qu’Éric Jacques s’est servi de son père « comme d’un guichet automatique jusqu’à épuisement des fonds ».

Même chose pour les cartes de crédit et les financements accordés au nom de l’aîné, mais qui ont servi à consolider les dettes du fils.

Chantage cruel

Aussi cruel que cela puisse paraître, Éric Jacques a aussi fait croire à son père qu’il avait mis sa maison en garantie sur les prêts de financement, lui répétant qu’il perdrait tout s’il ne lui donnait pas de l’argent pour payer la dette qui était la sienne.

La victime, isolée après le décès de sa femme, s’est finalement confiée à des voisins, puis à l’une de ses filles, au sujet des menaces subies par son fils. Quand cette dernière a fouillé dans les papiers et les relevés de compte, elle a réalisé les ravages qui avaient été faits.

Preuve des séquelles importantes pour l’octogénaire, ce dernier a demandé à témoigner par visioconférence lors de l’audience « parce qu’il craignait de croiser [son fils] ». Ce dernier n’a toutefois même pas daigné se présenter à l’audience.

Il devra maintenant verser à son père 108 000 $.

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