[SONDAGE] Les Québécois veulent plus de pouvoirs d’Ottawa, mais peu y croient vraiment
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Après huit ans de pouvoir caquiste, la plupart des Québécois souhaitent toujours que le Québec obtienne davantage de pouvoirs au sein du Canada, mais sont sceptiques sur les chances d’y arriver.
L’idée que le Québec dispose de plus de pouvoirs au sein de la Confédération canadienne, comme l’avait mis de l’avant François Legault jusqu’à ce qu’il cède sa place à Christine Fréchette, séduit actuellement près des deux tiers de l’électorat, selon un sondage Léger–Le Journal.
« La troisième voie, ç’a une résonance dans la population », observe le sondeur Jean-Marc Léger, et cela, « malgré tous les échecs successifs » de la CAQ depuis 2018, ne serait-ce qu’avec les demandes répétées en immigration, concernant le financement des infrastructures ou la déclaration de revenus unique.
Même le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, se réclame désormais de la troisième voie, en accusant Christine Fréchette d’avoir abandonné l’autonomisme.
Tout compte fait, même si le Parti Québécois mène dans les intentions de vote, « la troisième voie, ça demeure la voie préférée des gens entre la souveraineté d’un côté, puis le Canada actuel de l’autre », considère M. Léger.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l’émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Désir intense d’autonomie
Ce coup de sonde en révèle encore davantage sur la soif de pouvoir des Québécois quand on regarde les enjeux de plus près.
Santé, finances publiques, agriculture, développement économique, taxes et impôts, éducation : dans chacun de ces champs de compétence, plus de 80 % des répondants aimeraient que le Québec soit roi et maître.
On frôle la même proportion aussi en matière d’environnement, de création de richesse et d’immigration.
À l’opposé, à peine un Québécois sur deux aimerait que le Québec puisse réglementer la radio et les télécommunications en lieu et place du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.
« Si j’avais une boutade à faire, je dirais que les Québécois souhaitent un pays IKEA : ils veulent tous les morceaux, mais ils ne veulent pas l’assembler… On veut tous les morceaux de la souveraineté, mais on ne veut pas l’ensemble », illustre M. Léger.
C’est vis-à-vis du financement du réseau de santé que le désir d’autonomie est le plus fort : près de 90 % des Québécois trouveraient important que le Québec dispose des pleins pouvoirs.
Ce phénomène tient peut-être du fait que les provinces se plaignent depuis de nombreuses années du sous-financement chronique des soins de santé par Ottawa, sans réussir à obtenir de gains à la hauteur des besoins.
« C’est très Québécois comme réaction », remarque Jean-Marc Léger, convaincu qu’il obtiendrait un résultat complètement différent dans le reste du Canada.
« [Pour les Québécois], c’est important que le gouvernement du Québec ait le plus de pouvoir parce que leur gouvernement, ce n’est pas celui du Canada, c’est celui du Québec. Si je fais le même sondage en Ontario, le gouvernement qui doit avoir le plus de pouvoir, c’est le gouvernement fédéral. Ce n’est pas le gouvernement ontarien. »
Scepticisme
Les Québécois semblent d’ailleurs se faire peu d’illusions quant aux chances réelles de rapatrier certains pouvoirs.
Seulement 39 % de l’électorat croit qu’il est possible que le Québec obtienne davantage de pouvoir et d’autonomie au sein du Canada.
Sans surprise, les caquistes sont les plus convaincus de cette possibilité, dans une proportion de 56 %, alors qu’à peine le tiers des libéraux y croient vraiment. « Les gens sont sceptiques », constate M. Léger.
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