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Chronique de David Savard | Lane Hutson, à la manière de Kobe Bryant

Le regretté Kobe Bryant a déjà expliqué que s’il paraissait souvent imperturbable dans les moments de grande tension lors des matchs, c’était grâce à tout le travail réalisé au préalable à l’entraînement. « Je l’ai fait des milliers de fois avant, alors qu’est-ce qu’une fois de plus ? », disait-il.


Publié à
5 h 00

Lane Hutson partage en quelque sorte le même genre de philosophie. Le défenseur du Canadien a trouvé une nouvelle façon d’épater la galerie en marquant le but vainqueur en prolongation vendredi soir, lors du troisième match face au Lightning de Tampa Bay. Un jeu qui n’est le fruit ni du hasard ni du simple talent.

S’il possédait déjà un important bagage d’expérience acquis dans les rangs universitaires en arrivant dans la LNH, il a continué de travailler extrêmement fort par la suite. À l’entraînement, il est souvent le premier à sauter sur la glace et le dernier à la quitter.

Mais surtout, il veut apprendre et il n’a pas peur de continuer d’apprendre, même s’il est déjà dominant.

Ce qui n’est pas toujours facile à faire pour un jeune joueur. Il est à l’écoute de ses entraîneurs et de ses coéquipiers.

J’ai eu l’occasion d’être son partenaire en défense à sa première saison, et lorsque je lui confiais quelques trucs – sur les tendances de certains adversaires et les tactiques à utiliser, par exemple –, il emmagasinait le tout et essayait de le mettre en pratique. D’ailleurs, même s’il possède un petit gabarit, il est capable d’avoir le dessus sur des rivaux plus costauds grâce à son intelligence.

C’est plaisant de le regarder évoluer. On savait qu’il était bourré de talent et d’aptitudes, mais de voir le peu de temps qu’il lui a fallu pour s’ajuster au jeu de la LNH est franchement impressionnant. Et de tels succès sont le résultat des nombreuses heures qu’il a investies à l’entraînement.

Des partisans engagés

On se doutait que la foule serait déchaînée à l’occasion de ce premier match à Montréal, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a été au rendez-vous. J’ai été à même de le constater puisque j’ai assisté au match de vendredi depuis les gradins.

Tant à l’intérieur du Centre Bell qu’à l’extérieur, tout le monde était dedans, comme on dit. J’étais en compagnie de Chris Nilan aux abords de l’amphithéâtre avant le match, et c’était fort agréable de voir l’ambiance qui régnait. Un tel enthousiasme donne assurément de l’énergie aux joueurs du Canadien. Et peut s’avérer intimidant pour l’adversaire, qui voudra marquer tôt dans la rencontre pour rendre le public silencieux…

Le plafond est d’ailleurs venu bien près d’exploser lorsqu’Alexandre Texier a inscrit le premier but du match. Le trio qu’il forme avec Kirby Dach et Zachary Bolduc se complète de très belle façon. Ils gardent les choses simples, pratiquent un bon échec avant et sont capables d’aller récupérer les rondelles dans les coins de la patinoire. Martin St-Louis a eu du flair en réunissant ces trois joueurs au sein de la même unité.

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES LA PRESSE

Kirby Dach (77) et Alexandre Texier (85)

J’ai d’ailleurs aimé voir le soutien que les partisans ont offert à Dach, malgré les circonstances qu’on connaît. Un athlète se met toujours beaucoup de pression pour performer, et j’étais convaincu qu’il disputerait un gros match. C’est notamment lui qui était devant le filet d’Andrei Vasilevskiy lorsque Hutson a marqué le but vainqueur. Nul doute que l’appui des partisans lui a donné des ailes.

Le Canadien aura besoin de la contribution offensive de ses joueurs de soutien pour la suite des choses. La défense des deux équipes est excellente à cinq contre cinq, et le Lightning fait du bon travail pour contenir le trio de Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovský. Cependant, des joueurs de talent comme eux finissent toujours par trouver le fond du filet.

Martin St-Louis est constamment à la recherche de solutions. Il est certain qu’il discutera avec son personnel et ses joueurs pour trouver la façon de continuer de générer de l’attaque tout en affrontant la défense hermétique du Lightning. Un bon casse-tête à résoudre !

La question des lecteurs

PHOTO ERIC BOLTE, ARCHIVES IMAGN IMAGES

L’entraîneur-chef du Lightning, Jon Cooper, et son adjoint Rob Zettler traversent la patinoire après la défaite, vendredi.

Jon Cooper a la réputation d’être l’un des meilleurs de sa profession. Puisqu’il a été votre entraîneur, pouvez-vous partager avec nous ce qui fait de lui un candidat au trophée Jack-Adams année après année ?

Jean-François L’Heureux

Réponse : D’une part, il y a son côté stratégique. Cela fait plusieurs années qu’il met en œuvre le même système. Il possède aussi un très bon instinct de coach. Il sait qui faire jouer dans quelle situation, et de quelle façon pousser ses joueurs. Je l’ai trouvé vraiment impressionnant dans sa façon de nous motiver lors de nos réunions. Enfin, il fait preuve d’une bonne lecture du jeu pour tirer le maximum de chaque joueur.

Propos recueillis par Jean-Philippe Arcand, La Presse

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