Les libéraux critiqués pour leur décision de mener des débats de comité en huis clos

(Ottawa) Les conservateurs affirment que les libéraux n’ont pas tardé à mettre fin au débat public au sein de deux comités de la Chambre après avoir obtenu la majorité cette semaine.
Publié à
12 h 11
Mis à jour à
13 h 16
Mardi, les comités de la santé et de l’éthique ont accueilli de nouveaux députés libéraux, donnant ainsi au gouvernement la majorité des sièges.
Quelques minutes après le début des deux réunions, les députés libéraux ont utilisé leur majorité pour faire passer les débats en séance à huis clos.
« Cela signifie que les médias sont expulsés et que le public ne peut pas suivre les débats en ligne », a expliqué Michael Barrett, porte-parole conservateur en matière d’éthique.
Il a ajouté qu’une fois les réunions des comités passées à huis clos, les membres du comité n’avaient plus le droit de s’exprimer publiquement sur ce qui s’était passé à huis clos.
« Cela va nous compliquer la tâche pour faire valoir cette reddition de comptes, et c’est un choix que les libéraux ont fait ».
Le porte-parole conservateur en matière de santé, Dan Mazier, venait de demander au comité de la santé de charger le vérificateur général d’enquêter sur un programme appelé PrescripTIon, qui doit être supprimé le mois prochain.
Ce programme de 300 millions était censé moderniser les cabinets médicaux et supprimer progressivement d’anciens équipements, comme les télécopieurs, mais des rapports suggèrent qu’il est à peine utilisé.
M. Mazier a demandé des réponses.
« Nous allions demander au vérificateur général de venir mener une enquête, mais la libérale Maggie Chi a voté pour éteindre les caméras », a-t-il déclaré.
L’enregistrement de la réunion du comité de la santé montre que le bloquiste Maxime Blanchette-Joncas a tenté de demander à Mme Chi pourquoi elle votait pour que la réunion se tienne à huis clos.
PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
La député Maggie Chi
Le président libéral du comité a répondu que la question n’était pas recevable, car les membres avaient déjà été invités à voter sur la demande de Mme Chi visant à tenir la réunion à huis clos.
Mme Chi n’a pas répondu à un courriel lui demandant plus d’informations.
Les membres libéraux du comité ont refusé de répondre aux questions des journalistes concernant cette décision mercredi, alors qu’ils se rendaient à la réunion hebdomadaire du caucus.
Le leader libéral à la Chambre, Steven MacKinnon, a balayé les questions d’un revers de main, affirmant que les comités sont « maîtres de leur propre ordre du jour ».
« Personne ne met fin au débat, a-t-il soutenu. Nous menons chaque jour de nombreux débats sur un programme législatif très ambitieux. »



