Le Canadien | La consolation de Slafkovský, en attendant

C’est avec une barbe plutôt fournie, pour un jeune adulte de 22 ans, que Juraj Slafkovský s’est présenté à son casier vendredi matin.
Publié à
12 h 49
Mis à jour à
13 h 46
« J’ai commencé il y a trois semaines », déballe-t-il fièrement, avant de narguer Cole Caufield, assis quelques casiers plus loin. « Cole, comment va ta barbe ? »
La barbe est un signe de maturité, physique bien évidemment. Mais si le Canadien a la chance, vendredi, d’éliminer le Lightning dans le sixième match de leur soirée de premier tour, c’est aussi en raison de la maturité de hockeyeur de Slafkovský.
Le gros ailier a en effet joué un rôle crucial dans la victoire de mercredi, passant plus de 19 minutes sur la patinoire, dont les 153 dernières secondes, pendant que le Lightning attaquait à six patineurs.
« Je me sentais bien. Je l’ai souvent dit, j’aime défendre, même si ça ne paraît pas toujours, a rigolé Slafkovský. Je suis content que l’entraîneur me fasse confiance. Ça a fonctionné, j’espère qu’on sera encore dans cette situation ce soir et si c’est le cas, j’espère faire mon travail. »
Le jeu défensif a constitué une facette du jeu du 1er choix de 2022 qui a évolué cette saison. Le confrère Arpon Basu lui a fait remarquer qu’il a fini la saison au 8e rang des attaquants de la LNH pour les tirs bloqués, avec 78. Sachant que tous les attaquants devant lui, sauf Ryan Hartman, jouent en désavantage numérique, son chiffre est impressionnant, même s’il en ignorait l’existence.
« Je ne regarde pas cette statistique. Ici, la glace est plus petite, donc tu es plus proche, tu peux réduire l’espace. J’essaie de tout faire pour aider le gardien et si c’est de bloquer un tir, je vais le faire », a-t-il assuré.
Cette discussion avec Slafkovský rappelait par ailleurs à quel point il a touché à tout au cours de cette série. Il l’a amorcée en inscrivant un tour du chapeau dans le premier match, mais n’a pas obtenu de point depuis. Son trio avec Cole Caufield et Nick Suzuki a été neutralisé, puis carrément démantelé au dernier match.
À travers tout ça, il a aussi livré — et perdu — un combat contre Brandon Hagel, et subi une percutante mise en échec de la part de Max Crozier, en plein centre de la patinoire, au match numéro 4.
PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE
Juraj Slafkovský est mis en échec par Max Crozier
Ça arrive. Je me suis tourné, je l’ai vu arriver, mais je n’avais pas d’espace. Il m’a bien frappé. Tant mieux pour lui. Il ne joue pas beaucoup, ça lui a peut-être permis de jouer plus. Je dois l’accepter. Ça importe peu si je me fais frapper, c’est comment je reviens.
Juraj Slafkovský au sujet de la mise en échec de Max Crozier
Mais à cet effet, malgré son vaillant travail pour protéger l’avance mercredi, il en veut plus. « J’aimerais marquer plus, mais il faut juste continuer à travailler fort et ça va rentrer. Je m’attends à plus de moi et quand ça va arriver, je vais le prendre », a-t-il laissé tomber.
Une première chance d’en finir
Hagel disait jeudi qu’on en saurait plus sur ce que les joueurs du Lightning ont dans le ventre en fin de soirée vendredi. On peut dire la même chose de ceux du Canadien.
Ils auront en effet une première occasion d’éliminer un adversaire, ce qui sera une première dans la LNH pour les Slafkovský, Kaiden Guhle, Lane Hutson, Ivan Demidov, Jakub Dobeš et tous ceux qui n’y étaient pas quand le Tricolore a battu les Golden Knights de Vegas en finale de l’Ouest en 2021.
L’expérience la plus proche que ce groupe a vécue remonte à l’an passé, quand il n’avait qu’à gagner un match pour assurer sa place en séries. Il lui a fallu quatre occasions avant de finalement y parvenir. « Toute l’expérience qu’on a acquise l’an passé, ça a payé. On sait comment jouer avec l’avance, on est meilleurs », a estimé Alexandre Carrier, non sans s’assurer d’accorder correctement « acquise », précisons-le.
Caufield, lui, ne voit toutefois pas de filiation entre la fin de saison 2025 et la présente série. « On forme un groupe différent. C’était en saison, pas en séries. Et on affronte maintenant la même équipe soir après soir, une équipe qui a beaucoup de profondeur », a-t-il analysé.
Tout indique que les Montréalais tenteront ce tour de force sans le concours de Noah Dobson, qui a du vécu en la matière de par ses années avec les Islanders. Dobson, blessé à une main, a fait partie de la quatorzaine de joueurs qui ont chaussé les patins pour l’exercice de vendredi, et a même pris quelques tirs sur réception, en plus de tirs des poignets. Il est cependant resté tard sur la patinoire, ce qui suggère qu’il n’est pas encore prêt à revenir au jeu.
Et pour ce que ça vaut, Carrier a rappelé que son équipe « espère pouvoir gagner pour le revoir bientôt ».




