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Canada | L’ancienne juge Louise Arbour sera la prochaine gouverneure générale

(Ottawa) Le premier ministre Mark Carney a annoncé ce matin que l’ancienne juge de la Cour suprême du Canada Louise Arbour deviendra la 31e gouverneure générale du Canada. Elle prendra ses nouvelles fonctions au début du moins de juin.


Publié à
8 h 52
Mis à jour à
12 h 27

Reconnue pour son expertise juridique ici comme à l’étranger, Mme Arbour succédera ainsi à Mary Simon au poste de représentant du roi Charles III au Canada.

« Ce qui caractérise sa carrière, ce ne sont ni les postes qu’elle a occupés ni les prix qu’elle a reçus, mais les vies qu’elle a transformées par son engagement, a déclaré le premier ministre Carney. Les survivants de génocide à qui justice a été rendue, les femmes au Canada dont les conditions d’incarcération ont été améliorées parce qu’elle a dit ce que personne d’autre n’osait dire, les membres des Forces armées canadiennes qui peuvent servir avec une plus grande dignité grâce au rapport qu’elle a écrit. »

Il a rappelé que Louise Arbour avait occupé « presque tous les postes qu’un juriste canadien peut occuper » et plusieurs fonctions internationales inédites pour un Canadien, ce qui lui a valu près de 100 distinctions, dont 42 doctorats honorifiques d’universités situées un peu partout dans le monde.

Il estime qu’avec ce parcours, elle apportera à Rideau Hall « la conviction que les institutions sont les piliers d’une société civile et qu’elles ne restent dignes de confiance que tant que quelqu’un est prêt à leur demander des comptes. »

Âgée de 79 ans, Mme Arbour a une impressionnante feuille de route. En plus d’avoir été juge de la Cour suprême du Canada, elle a agi comme haute-commissaire des Nations Unies aux droits de la personne et a été procureure en chef du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda.

Elle a aussi servi comme juge de la Cour d’appel de l’Ontario et rédigé plusieurs rapports dont un sur les cas d’inconduite au sein des Forces armées canadiennes et un autre sur les conditions des femmes incarcérées dans les prisons canadiennes.

Née à Montréal, Louise Arbour est récipiendaire de nombreuses distinctions, y compris de l’Ordre du Canada. À l’étranger, Mme Arbour a marqué l’histoire lorsqu’elle a porté des accusations contre un chef d’État en poste, le président yougoslave, Slobodan Milosevic. Elle a aussi fait en sorte que les agressions sexuelles soient inscrites au nombre des crimes contre l’humanité.

« On devient facilement accro à l’adrénaline qui vient avec ce genre de travail, » a-t-elle dit en faisant allusion aux années passées à parcourir des zones de guerre. « J’ai connu les deux et aujourd’hui, je suis non seulement très sereine, mais très enthousiasmée à l’idée de pouvoir servir le Canada dans cette nouvelle fonction. »

Le choix du premier ministre demeurait lundi soir un véritable secret d’État dans la capitale fédérale. Des médias ont rapporté que Mark Carney comptait confier ces fonctions hautement protocolaires à une femme qui s’exprime adéquatement dans les deux langues officielles. Des sources ont confirmé ces informations à La Presse, précisant aussi que la perle rare est installée dans la région de Montréal.

« Avant tout, le gouverneur général est le gardien de notre ordre constitutionnel, a souligné M. Carney. L’aspect le plus exigeant de ce rôle est rarement visible. Il s’agit du devoir de veiller à ce que le gouvernement du Canada soit formé, maintenu et, le moment venu, destitué conformément aux lois et aux usages. C’est un devoir qui exige un jugement sûr, une connaissance approfondie et un engagement indéfectible envers la primauté du droit. »

La nomination de Louise Arbour survient à un moment où la menace d’un référendum en Alberta et potentiellement au Québec plane sur l’unité canadienne, mais aussi après plusieurs années tumultueuses pour la fonction de gouverneure générale.

Le règne controversé de Mary Simon tire donc à sa fin. Nommée en 2021 par l’ancien premier ministre Justin Trudeau, Mary Simon est devenue la première Autochtone à occuper le poste de gouverneure générale dans l’histoire du pays. Mais elle a fait l’objet de vives critiques dès le départ en raison de son incapacité à s’exprimer en français. Native du Nunavik, dans le nord du Québec, elle parle anglais et inuktitut.

En tout, Mme Simon a suivi plus de 300 heures de cours de français, selon son bureau, mais elle n’a jamais été en mesure de soutenir une conversation dans la langue de Molière. Le bureau du commissaire aux langues officielles a été inondé de plaintes à ce sujet.

Dans une entrevue accordée à l’émission Tout un matin de Radio-Canada, le mois dernier, à l’occasion du congrès national du Parti libéral à Montréal, le premier ministre a certifié que la prochaine personne qui occuperait les fonctions de gouverneur général serait bilingue.

Le règne de sa prédécesseur, Julie Payette, également nommée par Justin Trudeau, a aussi été marqué par la controverse. Mme Payette a été contrainte de démissionner de son poste en janvier 2021 après les révélations explosives de CBC relevant un climat de travail toxique à Rideau Hall sous sa houlette.

Le mandat du gouverneur général est d’une durée moyenne de cinq ans. En 2026, le salaire annuel du représentant de la monarchie britannique au Canada frisait les 393 000 $.

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