Enquête de Mediapart | Quinze nouvelles femmes dénoncent Patrick Bruel

Moins de deux mois après avoir recueilli le témoignage de huit femmes accusant l’acteur et chanteur français Patrick Bruel de violences sexuelles, Mediapart revient sur le dossier. Dans un article paru ce jeudi, le média français publie le récit de 15 nouvelles victimes alléguées.
Publié à
14 h 37
Mis à jour à
15 h 11
Après les révélations de Mediapart, du magazine Elle France, qui avait publié le récit de quatre personnes au mois d’avril dernier, et de la sortie publique d’une attachée de presse belge, ce sont donc une trentaine de femmes qui dénoncent le comportement de Patrick Bruel depuis 1990. Encore une fois, le chanteur nie avoir exercé toute « contrainte » ou « violence ».
Dans ce complément d’enquête, Mediapart publie de nouveaux récits de femmes qui allèguent avoir été agressées ou violées en marge de ses concerts ou de ses tournages, dans des instituts de soins ou de massages ou lors de rencontres professionnelles, entre 1991 et 2019.
L’une de ces femmes, aujourd’hui journaliste, porte le nom fictif d’Eva dans le reportage. Elle avait 16 ans lorsqu’elle a rencontré Patrick Bruel, en décembre 1990, en pleine « bruelmania », rapporte Mediapart. Elle allègue avoir été droguée à son insu par le chanteur.
« J’ouvre les yeux, il est en train de me remettre et de me reboutonner mon pantalon sur son lit, et il me dit : “Bon, allez, il est l’heure, je te ramène !” Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive, je suis incapable de réagir. » Elle affirme que le chanteur l’aurait ensuite déposée, en voiture, devant un « hôtel miteux près de la gare Saint-Lazare », alors qu’elle n’avait « jamais passé une nuit seule à l’hôtel », peut-on lire dans Mediapart.
Interrogé par Mediapart, Patrick Bruel confirme avoir rencontré Eva « dans les années 1990 » et évoque « une relation épisodique », mais affirme ne l’avoir « jamais droguée » et ne lui avoir « imposé aucun rapport ». Il évoque des « échanges toujours amicaux depuis » lorsqu’ils se sont croisés et dit avoir été invité dans ses émissions.
Visé par trois enquêtes judiciaires, l’une pour tentative de viol à Paris, l’autre pour viol à Saint-Malo, et la troisième pour agression sexuelle à Bruxelles, le chanteur âgé de 66 ans conteste « toute violence, contrainte ou menace ». Il bénéficie de la présomption d’innocence.
En 2019, cinq masseuses de spas de luxe de cinq villes françaises avaient accusé Patrick Bruel de violences sexuelles. Quatre d’entre elles s’étaient tournées vers la justice. La procédure a été classée en 2020 « en l’absence d’éléments permettant de caractériser une infraction pénale », écrivait Mediapart en mars dernier.
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