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Nouvelle succursale de Liquidation Marie | Des gens en file dès 5 h

(Granby) « Marie ! Marie ! Marie ! » Accueillie comme une héroïne par une foule de plus d’une centaine de « supporteurs » pour l’inauguration de sa succursale de Granby, jeudi, la fondatrice de Liquidation Marie, Marieve Breton avait peine à croire que des clients attendaient déjà depuis 5 h du matin. Ces consommateurs armés de patience (et d’un café) étaient pour la plupart venus pour les mêmes raisons : la recherche de bons prix et l’envie de dénicher des « trésors ».


Publié à
8 h 14
Mis à jour à
14 h 36

Ces deux motivations exprimées par les gens qui faisaient la file alors que des haut-parleurs crachaient des airs de Celia Cruz remixés et de vieux succès de Shania Twain expliquent en grande partie le succès de Liquidation Marie, selon Maryse Côté-Hamel, professeure en sciences de la consommation à l’Université Laval.

Avec ses 12 magasins, l’enseigne offre à prix réduit des fruits et des légumes abîmés, des yogourts dont la date de péremption est sur le point d’être dépassée ou encore des produits emballés dans des formats qui ne conviennent pas aux supermarchés traditionnels.

@lp_lapresse

Connaissez-vous la populaire enseigne au rabais Liquidation Marie ? L’ouverture de sa toute nouvelle succursale à Granby a fait courir les foules, certains clients présents aux aurores pour profiter des ventes. Journaliste : Alice Fournier Québec LiquidationMarie Rabais Granby

♬ son original – La Presse – La Presse

Nancy Maloney était prête… dès 5 h du matin. Assise confortablement dans une chaise de camping, emmitouflée dans une couverture chaude, elle était la première en ligne à notre arrivée.

« À Belœil, les premiers étaient arrivés à 5 h 45, mais 5 h, c’est un record », a lancé Louis Ducas, responsable de l’ouverture des nouvelles succursales, déjà à pied d’œuvre pour mettre la touche finale aux préparatifs.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

De nombreux consommateurs ont rempli les allées à la recherche d’aubaines.

« J’ai mal dormi, confie Mme Maloney, venue accompagnée de sa fille, Marie-Pierre Pepin. Je me demandais si j’aillais arriver à temps. »

Pourquoi venir si tôt ? Parce qu’on ne fait entrer que 50 personnes à la fois, explique-t-elle. Et il y a ce matelas vendu à 200 $ pour un lit de format « Queen » qu’elle veut absolument se procurer.

Un peu plus loin dans la file, Christian Dion, café à la main, s’étonne lui-même d’être là. « Je ne suis jamais venu à une ouverture. Mais avec l’inflation, on a quasiment plus le choix, dit-il, résigné. Je fais tout moi-même : des confitures, des conserves. »

Derrière lui, Linda Robidoux veut mettre la main sur des frites congelées en spirales pour son fils.

Près d’une heure avant l’ouverture des portes, prévue à 9 h, des policiers de Granby sont arrivés sur place pour s’assurer qu’il n’y ait pas de débordements. Des résidants de Longueuil l’ont appris à leurs dépens il y a plusieurs mois, lorsque le centre de liquidation a ouvert ses portes. Des clients, recherchant désespérément un endroit pour garer leur voiture, s’étaient stationnés dans des entrées privées.

Mme Breton ne voulait visiblement pas rejouer dans le même film à Granby et les autorités municipales non plus.

« Il y a eu une planification pour l’ouverture, expliquait en entrevue Marc Farand, agent de prévention pour la Police de Granby, alors que la file d’attente à l’extérieur continuait de s’allonger. Il y a eu une rencontre avec les propriétaires du commerce ici et avec plusieurs services de la ville, dont le service de police. On a été impliqué dans les préparatifs touchant le stationnement et la circulation. On va être présents au cours des prochains jours pour s’assurer du respect des règles. »

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Marc Farand, agent de prévention pour la Police de Granby

La présence des policiers semblait visiblement nécessaire puisqu’avant leur arrivée, un petit accrochage a eu lieu dans le stationnement. Certains automobilistes ont également manifesté leur mécontentement de ne pas pouvoir garer leur voiture où bon leur semblait.

Chasse au trésor

À l’intérieur, le magasin était impeccable. Prêt à accueillir les clients à 9 h. « Dans trois heures, ça va être différent », lance Louis Ducas, un sourire dans la voix.

Pendant ce temps, Marieve Breton faisait le tour des rangées et parlait à ses employés qu’elle appelle affectueusement ses « petites abeilles ».

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Marieve Breton, fondatrice de Liquidation Marie

« Je pense que l’engouement vient du fait que les gens veulent être les premiers, pour être sûrs d’obtenir ce qu’ils sont venus chercher là », explique l’entrepreneure.

« Vous ne me croirez pas, mais il y a des gens qui viennent à toutes nos ouvertures, même s’ils ne sont pas de la région, ils se déplacent, raconte-t-elle. Les gens qui font du covoiturage, ils viennent découvrir, ils sont fiers, ils viennent me serrer la main. »

Et c’est d’ailleurs ce qui fait courir les foules, selon la professeure Côté-Hamel. « Il y a tout le côté chasse au trésor qui plaît quand même beaucoup aux consommateurs », soutient-elle.

Ça donne l’impression aux consommateurs d’être de bons consommateurs, donc d’avoir découvert un truc que tout le monde n’a pas nécessairement vu, d’accéder à des produits d’épicerie à moindre coût.

Maryse Côté-Hamel, professeure en sciences de la consommation à l’Université Laval

« Mais à la base, ça peut donner une sensation de contrôle dans le contexte actuel où tout coûte cher. »

« Il y a quand même plusieurs consommateurs qui sont à court d’options, rappelle-t-elle. Ils vont être prêts à faire des compromis justement sur l’esthétisme des produits, mais aussi sur la fraîcheur et la variété. Ils vont être prêts aussi à faire le compromis de devoir attendre devant un commerce. »

Une demi-heure de magasinage

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Les congélateurs où se trouvaient notamment des paquets d’ailes de poulet à 11,33 $ pour 1 kg ont rapidement été pris d’assaut.

Dès 9 h, les gens ont commencé à entrer, faisant leur magasinage à la queue leu leu, dans une ambiance plutôt calme. Les congélateurs où se trouvaient notamment des paquets d’ailes de poulet à 11,33 $ pour 1 kg ont rapidement été pris d’assaut.

Linda Robidoux a pu mettre la main sur le fameux sac de frites en spirales pour fiston. Mais de son propre aveu, elle a aussi décidé de faire des achats pour elle, montrant fièrement son gros pot de Cheez Whiz.

Près de 30 minutes après l’ouverture des portes, Nancy Maloney, qui a été la première à faire rouler son chariot à l’intérieur du magasin, était déjà rendue aux caisses. Elle avait mis la main sur ses sacs de crevettes nordiques congelées et sur les croquettes de poulet que voulait sa fille. Dans une grosse boîte près de l’entrée, son matelas l’attendait.

« J’ai acheté plein de choses qui sont chères normalement, lance-t-elle fièrement. Là je vais aller me reposer un peu. »

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