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13 000 vols annulés en 10 jours: la guerre au Moyen-Orient paralyse le transport aérien

La flambée du prix du kérosène, alimentée par le conflit au Moyen-Orient, atteint des seuils critiques. Depuis le début du mois de mai, 13 000 vols ont été annulés, 2 millions de sièges ont été supprimés et les compagnies aériennes se retrouvent forcées de prendre des décisions difficiles pour rester à flot.

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Vincent Correia, professeur titulaire et codirecteur de l’Institut de droit aérien et spatial de l’Université McGill, décrypte une crise qui pourrait durer bien au-delà de l’été.

Une industrie au bord du gouffre financier

Le carburant représente désormais jusqu’à 50 % des charges d’exploitation de certaines compagnies aériennes. Dans ce contexte, les marges, déjà minces, s’évaporent.

« Il faut garder à l’esprit le fait que le taux de rentabilité des compagnies aériennes est en général de l’ordre de 4 %», rappelle Vincent Correia en entrevue, dimanche.

« Donc, les décisions qui sont prises à l’heure actuelle sont vraiment faites pour limiter, je dirais, les dégâts ; et il s’agit de trouver des parades à très court terme pour arrêter de perdre de l’argent du côté des compagnies aériennes. »

Au Canada, Air Transat et WestJet ont déjà réagi : hausse des tarifs, surcharges carburant, réduction ou suppression de certaines liaisons.

Les routes visées ne sont pas choisies au hasard. « Les vols qui sont supprimés ou suspendus, les liaisons qui sont supprimées ou suspendues pour l’instant sont normalement celles qui sont déjà les plus fragiles d’un point de vue de la rentabilité », précise le spécialiste.

La situation est particulièrement tendue en Europe, où les réserves de kérosène sont estimées à environ six semaines seulement.

Un retour à la normale lointain

Personne ne peut prédire avec certitude quand la crise prendra fin. « Le problème est qu’on ne sait pas quand la crise sera terminée, car il y a énormément de fluctuations au niveau géopolitique », souligne M. Correia.

Des raffineries ont été détruites dans les pays du Golfe ; leur remise en production pourrait prendre entre 7 et 8 semaines.

Mais au-delà, le spécialiste estime qu’il faudra «a minima 5 à 6 mois après la fin des hostilités pour retomber dans une situation un petit peu normale », ce qui, calendrier oblige, nous mènerait en plein hiver, période de forte demande énergétique.

Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.

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