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Fraude à l’hypertrucage: un faux Mark Carney le convainc de vider ses REER

Une fausse vidéo du premier ministre Mark Carney a fait perdre 181 000 $ à un résidant de l’Estrie, qui a été forcé de quitter son logement et d’envisager la faillite.

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« Votre investissement est sécurisé par les réserves d’or et de devises étrangères du Canada. […] Vous pourriez être parmi eux », disait le premier ministre canadien dans une publicité truquée, visionnée l’année dernière par Luc C.


Une image du premier ministre Mark Carney utilisée dans une promotion bidon.


capture d’écran tirée de Facebook

Vivant une période difficile, l’homme de 69 ans a tenté le coup. « C’était lui [Carney] qui parlait, j’ai essayé ça », a-t-il raconté, ajoutant qu’il avait aussi vu des annonces du même genre mettant en scène François Legault, Georges St-Pierre ou Luc Poirier, dans Facebook.

Il clique sur la publicité. Il doit d’abord payer 450 $ pour s’inscrire sur la plateforme d’investissement EQXE. Celle-ci fait l’objet d’une mise en garde de l’AMF depuis juin 2025. Il aurait ensuite été mis en contact avec une certaine « Sophie », qui l’aurait convaincu d’investir dans les cryptomonnaies, entre autres.

Une première somme de 71 000 $ a été investie, avant que d’autres montants ne suivent.


Le site de EQXE qui n’est plus actif aujourd’hui. Crédit photo: capture d’écran tirée du site eq-xe.com


capture d’écran tirée du site eq-xe.com

Luc C. a réalisé qu’il s’agissait d’une fraude quand Sophie lui a signifié qu’il n’avait pas inscrit le bon montant lors d’une transaction… et qu’il a soudain tout perdu. La fréquence des appels de Sophie lui avait aussi mis la puce à l’oreille.

En raison de ces pertes, Luc C. dit avoir envisagé la faillite et même le suicide. « Je faisais des semaines de 60 heures… et là, j’ai plus rien », souffle celui qui a aussi dû déménager, faute de pouvoir payer son logement.

Le pire dans son histoire, c’est qu’il a puisé dans ses REER pour investir dans cette fraude et qu’il doit conséquemment faire face à une grosse facture d’impôts… alors qu’il ne lui reste plus rien.

« Si je ne fais pas une dépression, je dois être sur le bord », dit-il.

Un retraité de la Montérégie y goûte

Martin (nom fictif), un retraité de la Montérégie, s’est lui aussi fait prendre à la suite d’une fausse publicité de Carney.

Il a d’abord investi 250 $, mais son investissement croissait tellement vite qu’il a décidé d’injecter 2000 $ supplémentaires.

« J’espérais pouvoir payer mes pneus avec ça », raconte-t-il, au bout du fil.

Sa conjointe avait, quant à elle, placé ses espoirs dans une publicité de Luc Poirier, qui moussait un prétendu investissement sans risque. Elle a commencé par déposer une somme de 350 $.

Le couple de retraités a été sauvé en quelque sorte par leur institution financière. Après le dépôt de 350 $, le compte de la dame a été gelé et on lui a fait comprendre qu’elle était victime d’une fraude.

Cela a fait réaliser à Martin qu’il était peut-être lui aussi victime d’une magouille. En tentant de retirer son argent, il a constaté que c’était bel et bien le cas. Son argent était irrécupérable.

Un faux reportage la convainc de donner son numéro de carte de crédit

Une dame de Lanaudière est passée bien près de perdre gros en donnant son numéro de carte de crédit à une personne qui disait vouloir lui venir en aide et l’enrichir.

Monique (nom fictif) affirme avoir vu passer sur internet un prétendu reportage mettant en scène la journaliste de CBC Rosemary Barton et le premier ministre canadien. La journaliste y disait que M. Carney avait dévoilé son secret pour faire de l’argent et Monique y a cru.

La publicité menait à un prétendu site utilisant l’intelligence artificielle et prônant des investissements dans les cryptomonnaies et le marché des devises, entre autres. Elle transmet alors son numéro de carte de crédit.

Elle a toutefois aussitôt eu un doute. Elle a appelé sa banque, qui lui a confirmé qu’il s’agissait d’une fraude. Heureusement pour elle, les transactions ont été bloquées.

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