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La bonne nouvelle TVA… et la mauvaise

TVA Sports ne fermera pas. TVA non plus. Du moins, pas à court terme.


Publié à
18 h 30

Le grand patron Pierre Karl Péladeau n’a pas livré que de mauvaises nouvelles, mardi midi, en marge de l’assemblée générale des actionnaires du Groupe TVA, dans un discours-fleuve que même sa propre chaîne d’infos LCN n’a pas relayé au complet en direct.

La bonne nouvelle : entre janvier et mars, le secteur télévisuel du Groupe TVA, qui comprend notamment TVA, LCN et TVA Sports, a renoué avec la rentabilité. Une première depuis 2021. Ce redressement découle, entre autres, de mises à pied massives ayant décimé les différentes divisions du Groupe TVA, qui regroupe, en plus des chaînes de télévision, les magazines artistiques (7 jours, Échos vedettes, La semaine) et les studios MELS.

Par ailleurs, les revenus d’abonnement à TVA Sports ont grimpé de près de 24 % par rapport aux trois premiers mois de 2025. Les performances surprenantes du Canadien de Montréal en saison régulière ont renfloué les coffres et la progression des Habs en séries éliminatoires gonflera assurément la quantité de fric dans la petite caisse. Et c’est tant mieux.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Annonce de Pierre Karl Péladeau, à Montréal, mardi

Toujours à propos des troupes de Martin St-Louis, Pierre Karl Péladeau s’est montré optimiste quant à la conclusion d’une entente pour la diffusion des matchs du CH de la saison 2026-2027 à TVA Sports. Les négociations seraient même « très avancées », a indiqué le grand patron en mêlée de presse.

Voilà pour les bonnes nouvelles TVA. Les mauvaises, maintenant. Les importantes compressions budgétaires qui ont fauché des séries populaires de TVA comme Indomptables ou Passez au salon ne ralentiront pas.

Même qu’un gros bras de fer se déroule actuellement entre la direction de Québecor Média et les syndicats, qui négocient leurs conditions de travail avec un couteau pressé sur la jugulaire.


Lisez « Plateaux de tournage : Pierre Karl Péladeau veut revoir les conditions de travail »

L’exemple de la minisérie dérivée du téléroman Alertes, Alertes : Lily-Rose, parle très fort. Ce « spinoff » similaire à Alertes : Pelletier, mais conçu autour du personnage de la sergente-détective Lily-Rose Bernard (Mylène St-Sauveur), se préparait à entrer en production pour la plateforme illico+ avant de subir une annulation sans appel vendredi.

La raison ? La boîte qui fabrique Alertes : Lily-Rose, Pixcom, a demandé des dérogations à la convention collective du syndicat des techniciens (AQTIS) afin d’en diminuer les coûts de production. Du genre : retrait des contributions aux assurances collectives et aux régimes d’épargne-retraite ou abandon des repas servis sur le plateau de tournage.

Le syndicat a refusé de plier : pas question de reculer sur des avantages qui ont été obtenus en bonne et due forme. Et Québecor, qui est aussi actionnaire minoritaire de la société Pixcom, a mis sa menace à exécution en débranchant abruptement Alertes : Lily-Rose.

Selon mes infos, les textes déjà écrits d’Alertes : Lily-Rose, qui devait se déployer sur six épisodes d’une heure, prendront le chemin de la poubelle. Une source branchée sur les pourparlers, mais qui n’est pas autorisée à en parler publiquement, m’a confirmé que le projet d’Alertes : Lily-Rose est mort et enterré, sans possibilité de résurrection.

Comme je le révélais lundi, des vedettes influentes de la chaîne TVA ont également accepté des baisses de salaire allant jusqu’à 30 % pour garder leur poste à l’antenne. Si la tête d’affiche d’une émission de TVA se plie à ce régime minceur, imaginez combien il sera difficile pour un artisan de l’ombre d’obtenir une rémunération juste.


Lisez la chronique « TVA ampute le salaire de ses vedettes »

Cette façon de négocier de Pierre Karl Péladeau en tordant des bras n’est évidemment pas la meilleure ni la plus respectueuse. Le pire, c’est que le président et chef de la direction du Groupe TVA soulève d’excellentes questions à propos des géants numériques américains qui moissonnent les recettes publicitaires sans investir dans notre culture, de l’inaction du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et de l’adaptation nécessaire des différents syndicats à la réalité audiovisuelle précaire de 2026.

Malheureusement, les doléances légitimes de Pierre Karl Péladeau sont éclipsées par ses méthodes abrasives de cowboy qui tire partout. C’est facile de taper sur la tête des syndicats locaux, alors que les Amazon et Netflix infligent des dommages pas mal plus catastrophiques à ses entreprises.

Alors que la crise télévisuelle nécessiterait un front commun unifié, Pierre Karl Péladeau ne se gêne jamais pour démolir ses concurrents, Radio-Canada et Bell Média. Encore mardi, quand un collègue lui a demandé de commenter la situation économique qui paraît plus favorable chez Bell Média, il a répondu, sur un ton baveux, que le succès international de la série Empathie de Florence Longpré ne garantissait pas la réussite du reste de la grille de Noovo, qui ne fait que de la téléréalité.

L’image de PKP ne l’aide pas non plus à obtenir ce qu’il veut. La fortune de l’homme d’affaires de 64 ans est évaluée à 3,3 milliards, selon le magazine Forbes. À titre personnel, Pierre Karl Péladeau possède les Alouettes de Montréal, Téo Taxi, Starlink Aviation, Chrono Aviation et le distributeur alimentaire Colabor.

Bref, Pierre Karl Péladeau est l’un des 17 milliardaires que compte le Québec. Dans l’œil du grand public, les cris d’alarme que lance le patron du Groupe TVA pour obtenir de l’aide gouvernementale trouvent moins d’écho, mettons. Il n’inspire pas la pitié ni la sollicitude.

Et honnêtement, il y a quelque chose de complètement absurde à voir un homme aussi riche chipoter sur le coût du lunch ou de la collation d’un technicien syndiqué.

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