Infraction au code d’éthique | Sona Lakhoyan Olivier s’excuse, mais ne démissionne pas

(Québec) La députée de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier, accepte le blâme et les sanctions pour avoir enfreint le code d’éthique de l’Assemblée nationale en utilisant son bureau de circonscription à des fins partisanes lors de la course à la chefferie ayant mené à l’élection de l’ex-chef libéral Pablo Rodriguez.
Publié à
10 h 46
Mis à jour à
11 h 01
Dans une déclaration hautement émotive livrée jeudi au Salon rouge, en réponse au rapport dévastateur déposé vendredi dernier par la commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale, Mme Lakhoyan Olivier reconnaît ses torts et adresse ces paroles à ses collègues députés et aux citoyens : « Je m’excuse. »
« Je reconnais avoir commis une erreur et avoir dépassé certaines limites prévues au code d’éthique et de déontologie […] en lien avec des activités partisanes. Ce n’était pas mon intention d’agir de façon inappropriée ni d’aller à l’encontre des règles qui encadrent nos fonctions. J’ai toujours cru de bonne foi que mes gestes ne dépassaient pas les limites », a-t-elle dit.
Dans son rapport, la commissaire Me Ariane Mignolet conclut que d’avril à juin 2025, des « membres du personnel de la députée ont été mobilisés pour la campagne » à la chefferie de Pablo Rodriguez « pendant plusieurs heures, étalées sur plusieurs semaines ». Ils « ont été rémunérés par l’Assemblée nationale alors qu’ils effectuaient des activités partisanes durant leur horaire normal de travail ».
« Le bureau de circonscription a largement été utilisé pour héberger des activités partisanes, le jour, le soir et la fin de semaine », afin de recruter des membres et de les inciter ou les aider à voter, dévoilait-elle.
Mme Lakhoyan Olivier a également posé « une série d’actions après le déclenchement de l’enquête qui a eu pour effet d’entraver le Commissaire […] dans ses fonctions », notamment en discutant « à plusieurs reprises » avec les membres de son personnel, ce qui est interdit.
« Dans les heures suivant la réception du préavis d’enquête » de la commissaire le 3 décembre, la députée de Chomedey a également supprimé des éléments de preuve, comme des échanges avec son personnel dans un canal de discussion WhatsApp servant à « des fins professionnelles et partisanes ». Cela constitue aux yeux de la commissaire Mignolet « une conduite dépourvue de droiture, de convenance, d’honnêteté et de sincérité ainsi qu’un manque de respect à l’égard de l’Assemblée nationale ».
Elle ne démissionne pas
Malgré ces faits et la pénalité de 8000 $ recommandée par la commissaire pour les gestes qui lui sont reprochés, Sona Lakhoyan Olivier ne démissionne pas de son poste de député.
« Je prends acte de la décision de la commissaire avec respect et j’accepte la sanction qui m’est imposée. Sans commenter le montant de la pénalité, je l’accepte sans contestation. Malgré cette erreur, j’ai toujours pleinement assumé mon rôle de députée auprès des citoyens de Chomedey avec sérieux, engagement et dévouement. […] Je poursuis mon travail de représentation au service des citoyens qui m’ont accordé leur confiance », a-t-elle déclaré jeudi.
Mme Lakhoyan Olivier affirme également qu’elle comprend désormais mieux le code d’éthique qui encadre sa fonction d’élue de l’Assemblée nationale. « J’ai appris de mes erreurs », a-t-elle assuré.
Les députés devront voter lors de la prochaine séance pour mettre en œuvre les sanctions prévues par la commissaire à l’éthique. Cette étape semble être une formalité, dans le contexte où tant les libéraux que les députés des autres partis appuient ses recommandations.




