Le «pilote des stars» se bute à un «non» de la Cour suprême du Canada

La Cour suprême du Canada a fait savoir jeudi qu’elle refusait d’entendre les deux appels de Normand Dubé, surnommé le « pilote des stars ». « La demande d’autorisation d’appel est rejetée », a tranché deux fois le plus haut tribunal du Canada ce jeudi, sans fournir de motifs, comme à son habitude.
L’ex-pilote québécois de 64 ans devra bel et bien purger les 16 ans de pénitencier dont il a écopé.
Il a reçu son surnom de « pilote de stars », car il aurait transporté de nombreuses vedettes au cours de sa carrière.
Normand Dubé a été reconnu coupable en 2018 de méfait pour avoir saboté avec son avion des lignes à haute tension d’Hydro-Québec — il avait une rancœur contre la société d’État, selon le juge du procès. Il a causé des dommages substantiels au réseau : ses actions ont privé d’électricité en 2014 tout près de 180 000 foyers dans les Laurentides et en Montérégie, ainsi qu’un hôpital (le Centre universitaire de santé McGill à Montréal) et le Service de police de la Ville de Laval, résume la Cour suprême.
Ses méfaits ont aussi causé à Hydro-Québec des dommages de près de 29 millions de dollars en perte de revenus et en achat imprévu d’électricité auprès de réseaux voisins, pour empêcher un black-out, c’est-à-dire une panne touchant tout le Québec. Tous les clients d’Hydro-Québec ont dû absorber cette perte par des augmentations de tarifs subséquentes, est-il noté dans les jugements.
Dans une autre cause, il a été reconnu coupable en 2019 d’avoir harcelé des fonctionnaires et fait incendier leurs résidences et un véhicule. Des crimes faits par « vengeance », retient le juge qui a rendu le verdict.
L’homme a voulu contester ces deux verdicts, mais la Cour d’appel a accueilli les requêtes en rejet d’appel de la Couronne, car il ne respectait pas ses engagements envers la Cour et a bafoué son autorité. Il ne respectait pas les conditions de remise en liberté qui lui avaient été imposées pendant qu’il contestait ses condamnations. Il a même fui la justice pendant quelques semaines, refusant de se présenter aux autorités carcérales.
Insatisfait, l’ex-pilote a demandé à la Cour suprême du Canada d’intervenir ; elle a décliné sa demande.




