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Antoine Roussel : comment l’ex-joueur de la LNH a trouvé sa voix à TVA Sports

Une chose est certaine après avoir discuté quelques minutes avec l’analyste de TVA Sports pour les matchs des Canadiens, Antoine Roussel : c’est un véritable passionné de hockey et un travailleur acharné. Ni les cinq heures de route qui le sépare de son lieu de travail, ni la conciliation des horaires de ses trois enfants et de sa cabane à sucre, ni le fait de devoir frapper aux bonnes portes pour avancer ne lui font peur. En pleine fièvre des séries, il était particulièrement intéressant de s’entretenir avec cet ancien joueur de la LNH, arrivé au Québec à 16 ans, aujourd’hui devenu l’un des analystes les plus appréciés de son milieu.

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Antoine, tu es arrivé de France avec ta famille à l’âge de 16 ans. Parle-moi un peu de ton parcours.

En 2005, ma famille et moi avons débarqué au Québec et avons trouvé un logement à Greenfield Park. J’ai joué pour plusieurs équipes de hockey, mais je me faisais souvent couper, puis je devais retrouver une équipe qui voulait de moi. À un moment donné, j’étais au Saguenay avec les Saguenéens ; mon père construisait son gîte à Mont‐Tremblant, ma mère étudiait à l’Université Laval pour faire reconnaître ses équivalences afin de continuer à exercer comme pharmacienne, et ma sœur étudiait à Concordia. Nous étions éparpillés un peu partout, mais nous nous retrouvions toujours à Mont‐Tremblant. Après quatre ans au Saguenay, je n’avais toujours pas été repêché. J’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin et j’ai cogné aux bonnes portes. En 2013, j’ai finalement disputé mon premier match dans la LNH avec les Stars de Dallas. C’était le début d’une carrière de dix ans. La fin a été plutôt abrupte : tout s’est enchaîné et je n’ai même pas vraiment eu de pause.

Comment as-tu réussi à obtenir un poste d’analyste aussi rapidement après la fin de ta carrière ?

En 2022, quand j’ai compris que je n’aurais probablement pas d’autres contrats, j’ai préparé mon plan B. J’ai rapidement discuté avec Louis‐Philippe Neveu, directeur général de TVA Sports, qui m’a offert mes premières opportunités. J’ai été très bien accueilli et, encore aujourd’hui, j’éprouve énormément de plaisir à travailler avec toute l’équipe. Je suis très reconnaissant de la confiance qu’on m’a accordée et je ne la tiens jamais pour acquise.

Bruno Petrozza / TVA Publications

Comment devient-on un bon commentateur sportif capable de tenir le public en haleine ?

Ce que les joueurs vivent sur la glace, je l’ai en grande partie vécu moi aussi, et ça reste très frais dans ma tête. Le hockey n’a pas tant changé depuis mon départ. Mon regard demeure aiguisé et je suis un grand passionné de ce sport ; j’imagine que ça transparaît dans mes interventions. Je pense aussi à Marc Denis, qui fait un travail exceptionnel pour offrir une grande qualité de français et s’éloigner du langage typique du hockey. Je me ramène souvent à mon auditoire : je veux m’assurer que les gens comprennent ce que j’explique. Je me demande aussi ce que, moi, en tant que joueur, j’aimais entendre dans une analyse de match.

Pendant ta carrière, tu étais perçu comme un joueur baveux, ce qui contraste avec l’homme qui est devant moi aujourd’hui.

J’ai toujours été volubile et de bonne humeur en arrivant à l’aréna, et même pendant les matchs. La passion que j’avais comme joueur, je l’ai encore aujourd’hui dans mes analyses. C’est sûr que, sur la glace, je m’étais créé une sorte d’alter ego. Une fois le match commencé, je devenais cette personne-là. C’est ce qui te distingue des autres : tu restes toi-même, mais tu cherches aussi à sortir du lot. Ça m’a aidé à ne pas passer inaperçu.

Quelle est ta relation avec ton équipe de travail ?

Avec Maxime Lapierre, on avait sensiblement le même rôle sur la glace… et je le détestais profondément ! (rires) Quand j’ai commencé à travailler avec lui, j’avais encore cette image en tête. Puis, après une émission, la coupure s’est faite naturellement. C’est quelqu’un de très professionnel, avec une approche très structurée. Notre passion est la même et j’apprécie énormément son souci du détail et sa façon d’analyser les jeux. Pour lui, c’est souvent noir ou blanc, et ça me pousse à remettre en question mes propres opinions. Quant à Elizabeth Rancourt, c’est le professionnalisme incarné. Elle s’intègre à tout le monde avec un naturel impressionnant et elle est très appréciée. Elle sait comment bien nous mettre en valeur et ne reçoit pas toujours tout le crédit qu’elle mérite.

En pleines séries éliminatoires, te sens-tu comme un enfant à Noël ?

On passe la saison à analyser les matchs en studio, ce qui est formidable : le studio est superbe et ça permet d’expliquer les choses très clairement. Mais se retrouver dans la loge Albi le Géant, c’est une expérience complètement différente. On est en plein cœur d’un public déchaîné, et ça rehausse énormément l’ambiance. Je suis vraiment excité de vivre ça.

On dit que Montréal en séries est incomparable. Est-ce vrai ?

Les débuts de match sont impressionnants, mais l’ambiance fluctue selon les rencontres. Lors du quatrième match contre Tampa Bay, par exemple, je sentais la foule nerveuse. Les partisans sont très informés, très impliqués, mais aussi très émotifs. Même sur de beaux jeux défensifs, la réaction est instantanée, et ça, on ne le voit pas partout. Cela dit, il existe d’autres marchés où l’expérience est tout aussi spéciale. Je pense notamment à Chicago, qui possède l’un des plus grands arénas de la ligue, ou encore à San José, où l’énergie dans le bâtiment était exceptionnelle au début de ma carrière.

Bruno Petrozza / TVA Publications

Comment décrirais-tu les Canadiens cette saison ?

Je crois toujours que le Canadien peut battre Tampa Bay en sept matchs. L’équipe a eu deux occasions de creuser l’écart, mais n’a jamais réussi à conclure. Pourtant, dans ces matchs, le Tricolore a joué de très bonnes périodes de 40 minutes avant de laisser l’autre équipe revenir. Je trouve que le Canadien se démarque par sa façon de jouer. Martin St‐Louis apporte une vision axée sur la possession de la rondelle, un style qui s’inscrit dans une tendance plus moderne. C’est parfois risqué, mais ça peut aussi être très payant.

Parlons de ta vie en dehors du hockey. Tu possèdes une érablière avec ta belle-famille au Saguenay. Difficile de faire plus québécois !

En pleine période des séries, alors que le sirop coule, ça demande beaucoup de gestion. Ce n’est pas la partie la plus facile, mais on s’organise. Ma conjointe accomplit un travail exceptionnel avec sa famille. Au départ, je ne devais pas travailler autant pour TVA Sports, mais on a trouvé un équilibre. Je suis présent tous les jours où je ne suis pas à Montréal. Nous possédions une maison de ville à Boisbriand, mais en achetant des parts de l’érablière, nous avons choisi de nous réinstaller au Saguenay. Je vois ça comme un défi. Je suis hyperactif : je n’ai jamais à me demander quoi faire de mes journées.

Ce mode de vie demande beaucoup de discipline, j’imagine ?

Absolument. Le trajet jusqu’à Montréal prend environ cinq heures, mais j’ai trouvé mes routines. Il m’arrive de gérer des dossiers au téléphone pendant la route et d’arriver à Saint‐Hyacinthe en me disant : « Déjà ? » Ça me permet aussi d’écouter des balados, ce que je n’ai pas le temps de faire autrement. L’an dernier, j’ai fait l’aller‐retour environ quarante fois.

Comment va ta famille ?

Très bien ! Théodore a 10 ans, Raphaëlle, 8 ans et Léonard, 6 ans. Les trois jouent au hockey. L’hiver, nous avons une patinoire à la maison où tout le monde vient jouer. Je ne leur ai rien imposé : nous les avons inscrits à des cours et, pour l’instant, tout le monde adore ça. On forme une vraie famille de hockey. Dans ma belle-famille, tout le monde écoute les matchs religieusement. Ma conjointe et moi sommes ensemble depuis très longtemps  ; elle m’a accompagné tout au long de ma carrière, et elle continue de le faire aujourd’hui.

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