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Des insulaires abonnés aux pannes: un «poteau mal placé» les prive de courant pendant 90 heures

Qui sont les Québécois qui manquent le plus souvent d’électricité ? Grâce à des données inédites de l’Université de Montréal, notre Bureau d’enquête a réussi à savoir exactement quelles sont les adresses qui subissent les pires pannes. Nous présentons les témoignages de familles qui sont souvent dans le noir, d’élus exaspérés ainsi qu’une carte interactive pour consulter les endroits exacts où les pannes se produisent le plus souvent.

Des résidents d’une île de la Montérégie constatent que le réseau d’Hydro-Québec n’est pas conçu pour résister aux aléas de la nature, eux qui ont l’un des pires bilans des pannes de la province.

Entourés de la rivière du Yamaska et d’un chenail, les habitants de l’île du Domaine sont habitués aux inondations printanières, aux embâcles… et aux pannes de courant qui s’en suivent.


La montée des eaux a coupé les routes d’accès qui mènent à l’île du Domaine, à Yamaska, à la mi-mars.


Photo Martin Chevalier

« Il y a un poteau de mal placé et à toutes les fois qu’il y a un embâcle, on manque d’électricité », résume Denis Lebel, qui vit sur l’île, à Yamaska.

Encore cette année, les 200 insulaires se sont retrouvés isolés par la crue en mars et privés de courant, certains durant plus de 90 heures sur 10 jours.

Des poteaux plus résistants, en composite plutôt qu’en bois, feraient-ils partie de la solution pour assurer l’alimentation en électricité défaillante de leur petite île ? Oui, reconnaît Maxime Lajoie, directeur principal de la conception intégrée et de gestion de l’actif d’Hydro-Québec.

La société d’État a déjà réalisé des tests ailleurs au Québec et ces poteaux, certes plus chers, durent deux fois plus longtemps que les poteaux en cèdre rouge.

Renversé par les glaces

Propriétaire d’un terrain où il installe sa roulotte durant l’été, Yves Marcoux s’affairait justement à remplacer son propre poteau en bois qui le relie au réseau d’Hydro-Québec quand nous l’avons rencontré à la fin avril.


Yves Marcoux a installé des boîtes électriques pour alimenter des roulottes sur son terrain à l’île du Domaine. Il a dû les remplacer, car elles n’ont pas résisté à l’embâcle, dont on voit les vestiges à l’arrière-plan.


Photo Nora T. Lamontagne

« Cette année, les glaces sont parties avec mon poteau qui avait juste 3 ans ! C’est surprenant à quel point elles sont fortes », s’est exclamé l’électricien semi-retraité.


Les dommages sur le terrain d’Yves Marcoux, à Yamaska, après l’embâcle de mars


Photo YVES MARCOUX

C’est d’autant plus impressionnant que ledit poteau avait été planté à 1,7 mètre de profondeur, tel que l’exigent les normes en vigueur.


Le poteau n’a eu aucune chance.


Photo YVES MARCOUX

L’an passé, Yves Marcoux avait plutôt dû remplacer sa boîte électrique qui avait été tout bonnement écrasée par le poids de l’embâcle.

Selon notre compilation, son adresse compte parmi les 10 les plus touchées par le manque de courant au Québec depuis janvier dernier.

Heureusement, la longue panne est survenue à un moment où ni lui ni ses enfants n’occupaient son terrain de camping personnel devant la majestueuse Yamaska.

Mais d’autres qui résident sur l’île du Domaine à temps plein voudraient bien pouvoir se fier au réseau d’Hydro-Québec plutôt que sur leur génératrice.

« Les maisons privées, on chiale, mais c’est pas nous les pires. Mon voisin a 300 vaches. Lui, quand ça manque, il est dans le trouble », affirme Denis Villiard, retraité.


Denis Villiard, de Yamaska, devant sa génératrice de 35 MW


Photo Nora T. Lamontagne

La panne en résumé

  • Durée : 39 heures
  • Adresses touchées : 74
  • Raison : Un embâcle sur la rivière Yamaska a emporté certains poteaux de distribution.

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