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«On est tombés sur le gros lot»: 70h de panne malgré des fils électriques enfouis

Qui sont les Québécois qui manquent le plus souvent d’électricité ? Grâce à des données inédites de l’Université de Montréal, notre Bureau d’enquête a réussi à savoir exactement quelles sont les adresses qui subissent les pires pannes. Nous présentons les témoignages de familles qui sont souvent dans le noir, d’élus exaspérés, ainsi qu’une carte interactive pour consulter les endroits exacts où les pannes se produisent le plus souvent.

L’enfouissement des fils n’a rien d’une solution miraculeuse : des résidents du Plateau-Mont-Royal l’ont découvert à leurs dépens en gelant pendant 70 heures d’affilée en janvier dernier.

« Cette année, on est tombés sur le gros lot », maugrée Claude Laurin, qui habite un rez-de-chaussée sur le boulevard Saint-Joseph, à Montréal.


Claude Laurin, résident du boulevard Saint-Joseph.


Photo Nora T. Lamontagne

Son pâté de maisons est resté dans le noir et dans le froid pendant 70 heures cet hiver, soit l’une des plus longues pannes répertoriées par notre Bureau d’enquête depuis le début de l’année.

Cela démontre bien que les coupures de courant ne sont pas seulement causées par la météo ou la végétation.

« C’est sûr que le réseau souterrain est forcément moins exposé à la météo, mais ce genre de panne est toujours complexe et long à réparer. On travaille à l’aveugle », affirme Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec.

Sept camions à l’œuvre

Dans ce cas spécifique, un incendie s’est déclaré dans un puits d’accès souterrain du réseau de distribution alors que des dizaines de milliers de foyers étaient déjà privés d’électricité ailleurs dans la province.

Les pompiers ont évacué les édifices à logements alentour et distribué des couvertures aux résidents.

Certains ont préféré partir de leur propre gré. « C’était rough, on a dû aller dormir chez un ami », témoigne Santiago Castillo, étudiant en musique.

Claude Laurin, lui, a monté la garde chez lui pour surveiller l’état de ses tuyaux dans les jours suivants. La température a chuté jusqu’à -8 °C dans son salon, dit-il, mais le pire a été évité.

Pendant ce temps, le Montréalais a observé « jusqu’à sept camions d’Hydro-Québec fébrilement à l’œuvre » pour rétablir le courant, dit-il en saluant le travail des employés.

Le courant est finalement revenu après trois jours grâce à deux immenses génératrices sortant des égouts que la société d’État a installées en attendant que ses équipes terminent leurs travaux, le 3 février.

À Montréal, plus de la moitié du réseau électrique est souterraine. 

La panne en résumé

  • Longueur : Entre 62 et 69 heures
  • Abonnés touchés : 123
  • Cause : Incendie dans un puits d’accès du réseau souterrain

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