Canadien – Hurricanes, match 3 | Les vrais Hurricanes sont là

Il devait être un peu passé midi, lundi, et Rod Brind’Amour répondait calmement aux questions concernant son club à l’approche du troisième match de la série contre le Canadien. Un journaliste lui a demandé ce qui le surprenait encore de cette équipe qu’il dirige depuis maintenant huit ans.
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1 h 28
Après réflexion, l’entraîneur-chef des Hurricanes de la Caroline a répondu que ce qui le surprenait, c’étaient les performances comme celle qu’ont livrée ses hommes en lever de rideau, la semaine dernière. Ce qui avait mené, rappelons-le, à une déconfiture méritée de 6-2.
« Ça, c’était étrange pour moi, a-t-il dit. Je n’ai pas beaucoup de points de référence pour des matchs comme ça. Autrement, avec ce groupe, je sais à quoi m’attendre. »
Lundi, ses troupes lui ont démontré qu’elles avaient retrouvé leurs esprits pour de bon. La victoire de 3-2 a été courte, et dans le camp des gagnants, on sourcillait à l’idée d’avoir néanmoins accordé des chances de qualité, notamment cette échappée à Nick Suzuki dans les premiers instants de la prolongation, énième séquence qui s’est toutefois conclue sans tir cadré du Canadien.
Malgré tout, ce match, encore plus que le précédent, a montré toute l’étendue de l’arsenal des Hurricanes. Sur la glace, un déluge de tirs tentés et cadrés, des chances de marquer à la tonne et une pression incessante sur les défenseurs adverses dans leur zone. À plus haut niveau, une cinquième victoire sur la route ce printemps et une cinquième en prolongation, en cinq tentatives dans les deux cas.
Pas de doute, la page est bel et bien tournée sur la correction du premier match, et la machine de la Caroline est en plein état de marche.
Après deux balayages contre les Sénateurs d’Ottawa et les Flyers de Philadelphie, cette dose d’« adversité » a constitué un « point tournant » pour les Canes, a estimé Shayne Gostisbehere en fin de soirée.
« C’était bon d’avoir ce coup dans les dents, et notre réponse a été excellente dans les deux matchs suivants », a ajouté le défenseur qui a marqué le premier but de son équipe, lundi.
La rouille, attribuable à une longue pause sans jouer, est partie, a confirmé Taylor Hall. « Dans la première rencontre, le jeu semblait se dérouler à 1000 milles à l’heure, a confié l’attaquant. Depuis, tout a ralenti. Vu la manière dont on joue, tout le monde doit faire son boulot, et si un gars n’est pas au diapason, il ne paraît pas bien. Nous voilà en avance 2-1, on est en bonne posture, mais il reste encore beaucoup de hockey à jouer dans cette série. »
Sebastien Aho, comme pour clore ce chapitre, a rappelé que ses coéquipiers et lui avaient voulu « passer à autre chose » après la déconfiture initiale. « Il ne fallait pas commencer à douter de nous », a-t-il prévenu.
Confiance
Des doutes, en effet, il n’y en a plus.
On parlait d’une machine bien huilée, mais celle-ci évolue devant un Frederik Andersen qui, sans ressembler à une version scandinave de Martin Brodeur, en fait juste assez pour faire gagner son équipe. Tant que les patineurs en noir, rouge et blanc accordent aussi peu de tirs, il devrait être en mesure de leur donner des victoires.
En fin de soirée, Rod Brind’Amour s’est réjoui de voir ses ouailles « jouer les unes pour les autres » sans céder à la frustration lorsque les chances s’accumulent sans que la rondelle entre dans le filet. « On a vécu ces situations pendant de longues périodes dans le passé, on doit faire confiance à notre jeu », a-t-il résumé.
La confiance, il faut le dire, est plus facile à trouver lorsque seulement deux rondelles touchent la cible en presque 40 minutes de jeu.
« Quand les 20 gars jouent de cette manière, ça ressemble à ça souvent », a lancé le pilote, comme pour nous aider à rattraper le retard sur les quelque 80 matchs des Hurricanes que l’on aurait ratés en 2025-2026.
On a quand même donné une échappée et ils ont frappé des poteaux. Ils ont eu des chances qui auraient pu changer le portrait.
Rod Brind’Amour, entraîneur-chef des Hurricanes
C’est ce qui explique que cette rencontre s’est rendue en prolongation. Mais ça non plus, ça n’a pas semblé émouvoir grand-monde.
« Si on gagne tous nos matchs 3-2, ça voudra dire qu’on marque 60 % des buts, a rappelé Taylor Hall. On va le prendre. Et s’il faut aller en prolongation à chaque match, on va le faire. »
En somme, les vrais Hurricanes sont là. Et maintenant qu’ils ont trouvé leur vitesse de croisière, ils ne voudront plus ralentir.




